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CHAPITRE XIII

LB SÉLIRK.

Caroline^ en laissant son fils au pied d'un arbre, avait pressé le pas et s'était trouvée bientôt devant son père et Charles Daverny.

Le colonel pousse une exclamation de joie en apercevant sa fille; cependant il s'efforce de prendre un air sévère, parce qu'il veut la gronder d'avoir été seule aussi loin de Draveil.

— Caroline, dit M. de Melleval, il me semble que tu te promènes assez souvent avec Marianne, et que tu pouvais bien aujourd'hui rester avec nous ou nous demander à t'accompagner, puisque tu avais tant envie de courir. Mais non!... mademoiselle part toute seule, sans rien dire!..* elle court les champs comme une héroïne de roman... Quand je demande ma fille, on me répond : Elle est sortie!... Alors j'ai dit : Nous allons courir après mademoiselle, et ce sera bien le diable si nous ne la rencontrons pas. Et ce Charles qui prenait ta défense... qui m'engageait à rester, à t'attend rel... Oh! non pas... D'ailleurs, je te le répète, Caroline, une demoiselle bien élevée ne va pas ainsi seule courir les champs... cela n'est pas convenable... et j'espère que cela ne se renouvellera plus... Et aller aussi loin... faire une lieue!... sans quelques paysans qui t'ont vue passer et nous ont dit la route que tu avais suivie, jamais je ne serais venu te chercher jusqu'ici!...

Pendant que son père la gronde, Caroline fait tous ses efforts pour cacher son trouble et dissimuler son impatience. Charles, qui a remarqué l'altération de ses traits, s'empresse de dire au colonel :

— Maintenant que nous avons rencontré mademoiselle votre fille, il me semble inutile de pousser notre promenade plus loin... Qu'en pensez-vojus, colonel?

— Vous ne voulez donc pas aller jusqu'à Champrozay?...

— A quoi bon !... Au reste, c'est comme mademoiselle voudra.

^ Je retournais chez nous, balbutie Caroline.

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-^ Eh bien, soit, dit M. de Melleval. Après tout, Gliamprolay n'a rien de merveilleux... c'est un village comme tous les autres... Retournons à Draveil... Charles, donnez le bras à ma fiiie.

Le colonel s'est remis en marche. Charles s'approche de Caroline et va lui présenter son bras; mais il s'arrête, frappé du trouble, de la pâleur de la jeune fille.

— Qu'avez-vous, mademoiselle? lui dit-il à demi-voix.

— Rien, monsieur... mais... je viens de m'apercevoir que j'ai oublié mon mouchoir ici près... à un endroit où je me suis assise!... Allez toujours... je vous rejoins bientôt...

Charles n'a rien répondu , mais il a fait un signe d'acquiescement, et continue à marcher en se tenant à une certaine distance du colonel, de manière à ce que celui-ci ne puisse voir encore que sa fille ne le suit point.

Caroline retourne en courant vers le lieu où elle a laissé son fils, elle se dit : — Je vais le prendre dans mes bras, le reporter chez sa nourrice, j'aurai rejoint mon père dans un moment, et il ne se doutera de rien.

Hais comment dépeindre l'effroi , l'inquiétude de la jeune mère en ne retrouvant plus le petit Paul à l'endroit où elle Ta laissé? Ses yeux s'arrêtent sur le gazon, ils interrogent les arbres qui l'entourent , et elle se dit : — C'est pourtant bien ici que je Pavais laissé... oh! oui... voilà bien la place où nous étions assis tous deux... Qu'est-il donc devenu?... Paul... Paul!... où es-tu?... réponds-moi!

La voix de l'enfant ne répond pas à celle de sa mère, et Caroline, tremblante, désespérée, marche au hasard, appelle, puis revient sur ses pas en se disant :

— '0 mon Dieu ! vous ne voudriez pas me priver de mon fils.

Tout à coup une pensée se présente à l'esprit de Caroline, c'est que son fils sera sorti de la forêt et aura regagné le village, ou quelque paysan l'y aura ramené. Cet espoir la ranime; et sortant de la forêt par un sentier qui abrège le chemin, elle court, ou plutôt elle vole jusqu'à Champrozay, entre dans la maison de la nourrice et s*écrie :

— 11 est ici, n'est-ce pas?... il est revenu?... on l'a ramené?.. <

— Qui donc, cela, mamzelle? demande la paysanne, frappée du trouble, du désordre de Caroline.

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— Mais... le petit Paul... mon ûls, car vous savez bien que c'est mon fils » vous ! vous avez bien dû deviner que j'étais sa mère!

— Mon Dieu! mam... madame, il n'est pas ici, ce cher enfant ; vous savez bien que c'est vous qui l'avez emmené pour vous promener avec lui.

— Pas ici!... mon Dieu... il s'est donc perdu dans la forêt I... Ohl mais je vais le retrouver... il faut bien que je le retrouve.

Et sans répondre aux questions que lui adresse la nourrice, Caroline est repartie; elle s'élance vers la forêt, y pénètre, marche au hasard en faisant retentir l'air du nom de son enfant. Chaque instant ajoute à sa terreur, à son désespoir : elle ne sait plus où elle est ; souvent elle retourne à une place qu'elle vient de quitter ; sa tête se perd , ses yeux n'y voient plus , sa voix s'éteint; elle tombe enfin sur la terre, entièrement privée de sentiment.

Mais Charles avait remarqué le trouble, l'effroi de Caroline, et, après avoir marché quelque temps, il s'était arrêté pour l'attendre, laissant le colonel aller toujours devant. Inquiet de ne point voir revenir mademoiselle de Melleval, Charles se décide à revenir sur ses pas ; il l'a vue rentrer dans la forêt, il prend le sentier qu'elle a suivi. Au bout de quelque temps, un objet frappe sa vue... il s'approche... c'est la fille du colonel étendue sans connaissance au pied d'un arbre.

Charles se met à genoux devant Caroline ; il la prend dans ses bras, cherche à la ranimer : elle reste dans le même état. C'est en vain qu'il crie et appelle du monde, personne ne vient, et la jeune fille est mourante; alors saisissant dans ses bras celle qui ne l'entend plus, Charles se relève avec vigueur, et emporte hors de la forêt son précieux fardeau.

Une charrette de paysan passait sur la route.

— Tout l'argent que vous voudrez! s'écrie Daverny en s'adressant à un jeune garçon couché dans la charrette ; mais, par grâce, aidez-moi à transporter cette jeune demoiselle dans voire voiture, et ramenez-nous à Draveil..

Le paysan a consenti. Il dispose quelques sacs, quelques hottes de paille pour y placer la demoiselle, et bientôt Caroline est étendue dans la charrette ; et Daverny, assis près d'elle,

soutient sa tète, et consulte à chaque instant les baltemenls de son cœur.

On arrive à Draveil au moment où le colonel allait entrer chez lui; il demeure frappé d*effroi en voyant sa ûlle qui est toujours privée de sentiment, et que Charles Daverny porte dans ses bras.

— Qu*est-il donc arrivé à ma pauvre Caroline? s'écrie M. de Melleval en cherchant à réchauffer dans les siennes la main glacée de sa fille.

— Je ne sais, colonel... mademoiselle votre fille m'avait quitté de nouveau.*, elle avait, me dit-elle, perdu un mouchoir à rentrée de la forêt... Je l'attends assez longtemps; enfin, ne sachant à quoi attribuer sa longue absence, je retourne dans la forêt pour la chercher... et voilà comme je l'ai trouvée... étendue au pied d'un arbre... privée de sentiment.

— Daverny, courez chercher un médecin... on vous indiquera le plus près du village, le meilleur... pendant ce temps je vais donner tous mes soins à ma fille. Et Marianne qui n'est pas icil... Mais, allez, courez, mon amil

Daverny ne s'est point fait répéter ces paroles; il est déjà loin, lorsque le colonel, qui vient de faire placer Caroline sur son lit, cherche, en lui faisant respirer des sels, à la rappeler à la vie.

Pendant longtemps les efforts du colonel sont superflus; mais enfin Caroline reprend le sentiment de l'existence, un long gémissement s'échappe de sa poitrine, et d'une voix fçrie et brève elle fait entendre ces mots :

— Perdu I... perdu!... ce cher enfantl ohl non... vous me le rendrez, vous qui me l'avez pris... car on l'a pris... on me l'a enlevé I...

— Pauvre fille l se dit le colonel, elle a le délire, elle parle d'un enfant perdu. Mais qui peut donc l'avoir réduite en cet état? est-ce une frayeur?... est-ce à la suite de quelque accident?

Charles revient avec un médecin ; celui-ci examine la jeune fille, déclare qu'elle est en proie à une fièvre cérébrale trèsviolente, recommande de ne point la laisser seule un instant, écrit des ordonnances, et ne s'éloigne qu'en promettant de revenir dans la soirée.

— Monsieur de Melleval, s'écrie Daverny lorsque le médecin

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est éloigné, il faut que quelqu'un passe toute cette nuit près de votre fille, permettez que je me charge de ce soin... la bonne Marianne est absente, votre santé tèt trop faible pour que tous supportiez cette fatigue. <. Laissez-moi veiller près de votre Caroline, et soyez sans inquiétude ; sa santé m'est aussi précieuse qu'à vous-même.

Le colonel presse la main du jeune homme, en lui disant : •— Oui, je sais que je puis me fier à vous... mais si ma fille est en danger, je ne veux pas la quitter.

— Non... le médecin connaît sa maladie... il a promis de la sauver.

— Eh bien I il doit revenir ce soir.... attend(»is ce qu'il dira. Le médecin revient en effet; il ne voit aucun changement

inquiétant dans l'état de Caroline, et répète : — C'est une fièvre cérébrale, c'est fort mauvais... mais s'il ne survient pas d'accident, on en guérit.

-— Ma fille se portait bien ce matin, dit le colonel, car elle a voulu sortir, faire une promenade dans la campagne... quand ' nous l'avons rencontrée, elle ne se plaignait pas... puis mon jeune ami l'a quittée un moment et l'a retrouvée sans connaissance étendue sur la terre... Docteur, ce n'est pas ainsi, ce me semble, que se déclare une maladie.

•— Non, sans doute... il est probable que cet évanouissement est la suite d'une grande frayeur ou d'une crise nerveuse... mais la malade n'est point en état de nous le dire maintenant. Guérissons- la d'abord... et nous saurons ensuite ce qui a pu amener chez mademoiselle votre fille une émotion qu'elle n'était pas en état de supporter.

Le médecin s'éloigne, et M. de Melleval reste fort tard avec Charles dans la chambre de sa fille. Caroline était retombée dans un profond accablement, aucune parole ne sortait de sa bouche, et le colonel pensait que son délire était déjà calmé.

Vers une heure du matin, Charles fait consentir M. de Melleval à aller prendre du repos ; le colonel va encore regarder sa fille, il pose légèrement ses lèvres sur le front couvert de sueur de la jeune malade, puis il s'éloigne en marchant avec précaution, afin de ne point faire de bruit. Au moment où il est contre la porte, Caroline fait entendre ces paroles :

— Mon fils!... mon fils t.. . où est-il?... rendez-le-moi*.* Perdu... perdu dans la forêt!... ah 1 malheureuse!

r.ttAllMAllY. i4t

Le eoleod s'drréte et se tourne vers Charles, qui est alors tout près du lit de la malade.

«— Ma fille n'a-t-^le point parle ? demande M. de Melleval.

•— Oui... quelques ffK>t8... sans suite, répond Charles tout tronblë; mais c'est fini... elle est plus calme... elle ne dit plus rien... Taccèsest passé!...

^ En écoutant bien ce qu'elle dit dans son délire, nous pourrions peut-être deviner ce qui lui a causé une ai grande firayetir, répond le colonel en revenant vers Charles ; que vient- ^e de dire maintenant?

— Je n*ai pas bien entendu, monsieur... elle 6e plaignait... «He parlait de la forêt...

— De la forêt t.. . C'est singulier I... ce matin elle s'écriait qu'on avait perdu un enfant !...

— Dans la fièvre^ tant d'idées se croisent dans notre esprit malade I... Mais vous voyez qu'elle est devenue calme; de grâce, colonel, allez prendre un peu de repos.

— J'y consens; mais je vous en prie, Charles, quand ma fille parlera, écoutez bien, tâchez de retenir quelques phrases, quelques mots... cela pourra, je l'espère, nous faire découvrir la cause de l'état affreux dans lequel vous l'avez trouvée.

— Oui, colonel... j'écouterai... avec attention... je vous le promets... Mais la nuit s'avance... et vous devez être si fati* gttéf... tant d'émoiionSy de peines... il ne faut pas vous rendre malade aussi.

Vaincu par les instances du jeune homme , M« de Melleval cède enfin ; il quitte l'appartement de Caroline, et Charles, qui semble plus tranquille depuis que le coionel n'est plus là, revient s'asseoir contre le lit de la malade. Pendant toute la nuit, il reste à cette même place, les yeux constamment fixés sur Carohne,! et n'éprouve pas un seul moment le besoin du sommeil.

Le jour à retrouvé Charles veillant sur la jeund malade; M. de Mdleval ne tarde pas à venir savoir comment est sa fille.

— Toujours à peu près dans le même état, répond Charles tristement; cependant elle est plus calme depuis que le jour est Imiu.

— Cette nuit, a-t-elle eu de fréquents accès de délire f

— Oui, monsieur.

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— A-l-elle beaucoup parlé?... avez-vous compris ce qui la préoccupe le plus?...

— Elle a parlé... mais... toujours des mots sans suite,., passant brusquement d'une idée à une autre... Il serait bien difficile d'asseoir aucune conjecture sur les paroles qui lui échappent alors.

— Pauvre enfant! quel événement a donc pu causer son évanouissement?

Marianne revient de Paris dans la matinée ; en trouvant Caroline au lit, en s*apercevant que celle qu'elle a élevée ne la reconnait plus, la pauvre fille pleure, se désole, et demande ce qui est arrivé à sa chère enfant. Le colonel lui raconte les événements de la veille, la promenade de Caroline, Tendroit où il Ta rencontrée, sa seconde abseiice, puis Tétat dans lequel Charles l'a retrouvée dans la forêt de Sénart.

En écoutant M. de Melleval, Marianne rougit et pâlit tour à tour, car la bonne fille ne doute point qu'il ne soit arrivé quelque événement au petit Paul, et que ce ne soit là ce qui a causé l'évanouissement de sa jeune maîtresse. Après avoir tendrement embrassé la malade, Marianne la recommande de nouveau à son père, à Charles, et sort en disant qu'on lui a parlé d'un fameux médecin qui habite les environs, et qu'elle veut tâcher de le trouver.

Mais c'est à Champrozay que Marianne porte ses pas; elle court chez la nourrice^ demande le petit Paul... La paysanne lui apprend en pleurant ce qui s'est passé la veille, et lui dit qu'elle n'a pas revu l'enfant, que la jeune demoiselle avait emmené d'abord, et qu'elle est ensuite venue demander. Marianne pleure, se désespère, engage la nourrice à faire des recherches dans les environs, lui promet une fbrte récompense si elle parvient à retrouver l'enfant que, peut-être, on a enlevé de force à Caroline; puis elle retourne à Draveil, versant des larmes tout le long de la route et se disant :

— Ma pauvre maîtresse I... si on lui a pris son fils, je ne m'étonne plus qu'elle soit tombée dans cet affreux délire... Mais qui donc a pu lui prendre son enfant?

Marianne revient s'établir près du lit de Caroline, en disant qu'elle ne s'en éloignera plus avant que sa jeune maîtresse soit rendue à la santé.

- Et le médecin dont on vous avait parlé? dit le colonel*

— - On ne sait plus où il est, monsieur; mais fiez-vous à moi pour veiller sur votre fille... je ne la quitterai plus d'une minute... et j'aurai si soin d'elle, qu'il faudra bien qu'elle nous soit rendue.

— Oui, dit le colonel en pressant la main de Marianne, je sais combien ma fille vous est chère... Ah! si notre amour pouvait la sauver, elle serait bientôt guérie, car nous l'aimons tous ici!... et cette nuit Charles a voulu absolument lui servir de garde... Espérons que nos soins, que notre amour sauront la conserver... Quant à moi, je sens que je ne pourrais supporter la perte de ma fille... je ne puis même m'arrêter à l'idée que cet événement pourrait arriver.

Daverny s'efforce de rassurer, de calmer M. de Melleval ; le médecin revient voir Caroline, qui est toujours plongée dans le profond anéantissement dont elle ne sort que pour avoir des accès de délire. Le docteur secoue tristement la tête en murmurant : Il faut qu'il y ait eu une crise bien forte pour avoir amené un pareil résultat.

Marianne ne quitte pas un instant le chevet de la jeune malade. Au milieu de la nuit, lorsqu'elle est seule près d'elle, tout à coup Caroline se lève à demi sur son lit, regarde autour d'elle, puis fixe longtemps Marianne ; celle-ci espère que sa jeune mal» tresse va la reconnaître; elle lui parle, l'embrasse, presse ga main dans les siennes; mais Caroline ne répond rien à ces marques de tendresse, et tout à coup elle s'écrie :

— Vous ne savez pas?... j'avais un fils, moi... un fils d'Arthur que j'élevais en secret... à Champrozay... car mon père m'aurait maudite peut-être s'il l'avait su... Eh bien! je l'ai perdu... perdu... dans la forêt, je l'ai appelé... j'ai couru... il ne m'a pas répondu... Ah!... que dira Marianne... quand elle saura que je n'ai plus mon filsl... Allons le chercher... retournons dans la forêt...

Et la jeune fille fait un effort pour se lever; mais Marianne la prend dans ses bras, la retient et parvient à la calmer. Bientôt Caroline se laisse retomber sur son lit, et un profond accablement succède à son délire.

— Pauvre petite! se dit Marianne, elle a perdu son fils... perdu... dans la forêt... Ah! pourquoi faut-il que je l'aie quittée un seul jour I... cet événement ne serait pas arrivé. Pauvre en-

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fanti que sera*t-il devenu?..» l'a-t-on rencontra, recueilli, sauve?... lion Dieul qui nous dira cela?

Bientôt d'autres réflexions se présentent à Tesprit de Marianne» et eJle frémit en pensant que, dans son délire, Caroline fait con* naître le secret qu'elles cachaient avec tant de soin.

— L'autre nuit, se dit Marianne, c'est M. Daverny qui a veille près d'elle... Ahl grand Dieu I si elle en avait dit autant I... Que doit penser ce jeune homme?.,. Et M. de Melleval.., s'il entendait sa fille parler de son enfant, tout serait perdu... pauvre Caroline I... mon Dieu I faites au moins que ses accès de dé^ lire ne lui prennent que la nuit... quand je serai seule avec elle... et lorsque ses paroles ne pourront pas faire rougir sou père!

Et Marianne se jette à deux genoux près du lit, et passe toute la nuit à implorer le ciel pour qu'il sauve la jeune malade^

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