‹ ŒuvresChapitre 25 sur 26 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

coHctirsioii.

En sortant de la maison de Caroline, Arthur se rend sur la place du village, où il a laissé un compagnon de voyage, car il n'était pas venu seul à Draveil ; son ami Théophile Minot l'avait accompagné^ et, plus d'une fois sur la route, Arthur lui avait rappelé la frayeur qu'il avait éprouvée dans le chemin de traverse, la première fois qu'il l'avait mené chez M. de Mdleval.

Arthur avait quitté Minot en l'engageant à commander un bon déjeuner chez le meilleur traiteur de l'endroit, se flattant d'avoir bientôt terminé l'affaire qui l'amenait à Draveil ; mais l'absence d'Arthur s'étant prolongée, Minot était sorti de chez le traiteur, et se promenait avec impatience sur la place du village, regardant si son compagnon revenait.

— Me voici, dit Arthur en abordant Théophile, tu t'impatientais?...

— C'est que le déjeuner sera froid !

— Eh bien! entrons vite, et mettons-nous à table... je n'ai qu'une heure à moi.

— Comment?

— Viens déjeuner.

Ces messieurs entrent chez le traiteur, se mettent à table. Arthur demande sur-le-champ du Champagne; il verse coup sur coup plusieurs verres, et cependant sa gaieté n'est point revenue ; il est rêveur, préoccupé. Tout en tenant tète à son convive, Minot s'aperçoit de ses distractions et lui dit :

— Est-ce que l'affaire pour laquelle tu es venu ici ne s'est pas terminée comme tu le voulais?

— Pourquoi?

— C'est que tu ne me semblés pas content.

— En effet... le hasard... le sort... tout a trompé mon espoir. J'étais venu à Draveil... pour causer avec madame Daverny. Au

lieu de cela, j*at trouvé son mari... et dans uno heure je mebaU avec lui.

— Âhbahl...

— C'est comme cela!... Tu seras mon second, puisque te voilà*

— Ton secondl... mais je...

— Allons, bois... ça te mettra en train... tu sais biec que quand tu as bu un peu, tu es méchant et querelleur... A te santé I...

— Mais pourquoi ce duel? Doverny sait donc que sa fcmmo Ta trompé pour toi?

— Trompé pour moi?... jamais!... mais il est f ossible qu*il le pense... et je ne le désabuserai pas. Cela me fait penser que j'ai dans ma poche une lettre de sa femme... par laquelle il pourrait voir que depuis son mariage eUe n*a aucun reproche à se faire. Si par hasard j'étais tué, on pourrait trouver cette lettre... je ne veux pas que Daverny ait cette satisfaction. Tiens, prends-la.. r garde-la... tu me la rendras si je suis vainqueur... et au cas contraire, brûle-la.

En disant cela, Arthur fouille dans sa poche, en tire une lettre décachetée et la donne à &linot; puis, se frappant le front, se lève précipitamment de table en s'écriant :

^ Et des armes!... je n'y pensais plus... il me faut des pistolets, et j'aime à essayer mes armes d'avance. Je vais demander au traiteur, il connaîtra bien quelqu'un dans l'endroit qui ait une paire do pistolets à me prêter. Attends-moi là.

Arthur a quitté la salle ; Minot est resté à table ; il continue do boire et de manger, puis il jette machinalement les yeux sur la lettre qu'il a posée à côté de son assiette. Bientôt fl examine plus attentivement l'écriture et so dit :

— C'est singulier... je connais ces caractères!... Parbleu! l'écriture est assez reconnaissable. Oui, c'est celle de madame Passelacet... je possède plusieurs épitresamoureuses qu'elle m'a adressées. C'est bien cela! Arthur se sera trompé de lettre... voyons la signature!... a Dédollo Passelacet.» C'est cela même! Que diable peut-elle écrire à Arthur?... Parbleu! je suis Curieux de voir cela.

Et Minot, ouvrant entièrement la lettre, nt ce qui suit ;

« Mon petiV Arthur, tu ne m'aimes plus; je vois bien que je

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