‹ ŒuvresChapitre 15 sur 70 · DEUX MINUTES D'ARRÊT · texte numérisé non relu

DEUX MINUTES D'ARRÊT

PAYSAGE

Un château Louis Treize au flanc d'une colline. Les briques de lichen argentent les créneaux. Une rivière étroite, au loin claire et câline, Vers le logis royal déroule ses anneaux.

Des échassiers, venus de la mer ou des fleuves, Émergent, fins et droits, du lit vert des roseaux. Le hameau très ancien n'a pas de maisons neuves Et des moulins penchés se mirent dans les eaux.

Plus haut le cimetière, entrevu sous les arbres, Offre le Signe auguste aux regards des passants : La Croix qui, dominant les tertres et les marbres, Garde les vieux seigneurs et les vieux paysans.

Près du chemin l'église est au bord de la haie. Trois cloches font vibrer le clocher tout tremblant. Sur la nef le portail ouvre sa large baie Et montre dans la nuit du chœur un autel blanc.

L'église, le clocher, les maisons, tout s'incline Humblement sous le ciel ; mais, plein de sa grandeur, Le château rouge étale au flanc de la colline L'orgueil et sa beauté, la vie et sa splendeur.

lieux minutes. J'ai vu l'âme d'un ancien monde. Puis la locomotive, ardente sous l'arrêt, S'ébranle, souffle, fuit et vers le lointain gronde En montrant son panache énorme à la foret.

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