‹ ŒuvresChapitre 18 sur 70 · LES TRUANDS · texte numérisé non relu

LES TRUANDS

Pauvres, l'amour de Dieu commence à vos haillons Et c'est vous qu'il bénit de ses mains empourprées.

Il mesure la tâche, il pèse le fardeau. 11 dit à l'un : Travaille; il dit à l'autre : Espère. Et puis, songeant à vous, contre le verre d'eau Il échange l'amour infini de son Père.

Or, si vous avez soif, entrez dans nos maisons, Videz nos gobelets et remplissez vos gourdes. Avant de repartir vers les grands horizons, Entassez notre pain dans vos besaces lourdes.

Vous qu'aima le Seigneur, o Gueux, nous vous aimons ! Vous éliez au Calvaire et vous étiez dans l'Arche Et vous couvrez encor les plaines et les monts Du symbole éternel de la Douleur qui marche.

Soyez donc salués, réchauffés, soutenus, Brûlez par les chemins le bois mort de nos haies, Laissez nos vêtements couvrir vos membres nus, Laissez nos fraternelles mains toucher vos plaies.

Voici l'hiver? Eh bien ! voici la loi de Dieu : De celui qui n'a rien le riche est tributaire. Oue la loi du Seigneur vous protège en tout lieu, Truands, qui ne devez finir qu'avec la Terre!

Page 1