AUTREFOIS
Autrefois le village abritait sous l'église Le cercle affectueux de ses toits inégaux. Plus loin, le chaume d'or avec l'ardoise grise Jouait dans la lumière aux faites des hameaux.
Quand les cloches sonnaient la messe des dimanches, Les fidèles, par les sentiers, par les chemins, Débouchaient aux clartés vives des routes blanches. Il s'élevait un bruit joyeux de pas humains.
0 temple saint, les pas sur tes dalles de pierre Résonnaient; puis enfin, groupés et recueillis, Les paysans faisaient monter dans la prière Et dans le vieux Credo l'âme du vieux pays.
Ils appelaient le sacrifice et le miracle Dont la vertu descend des Gieux illuminés. Alors tous aux divins rayons du tabernacle Offraient des cœurs soumis et des fronts inclinés.
Mon Jésus, les splendeurs de votre Eucharistie Disaient aux pauvres gens les gloires du saint lieu, Et beaucoup s'en allaient chercher l'ardente hostie Dans l'amour et la foi qui suffisent à Dieu.
Pour l'amour et la foi le Christ est là, sans voiles. Il apparaît aux bords des calices vermeils, Celui dont la puissance enfanta les étoiles, Celui dont le Fiat a créé les soleils.
Les pauvres gens disaient : Vous êtes l'espérance; Vous êtes le pardon, l'amour et la clarté, Seigneur, et vous montrez à l'humaine ignorance Les lumineux chemins de votre Éternité.
Et le Christ avec eux retournait au village. Et le Christ avec eux regagnait les hameaux.