‹ ŒuvresChapitre 45 sur 70 · NID DE MERLES · texte numérisé non relu

NID DE MERLES

Mais il suffit d'un filet d'eau Pour désaltérer tous les merles.

Une lisière de gazon

Leur sert de pelouse et d'herbage,

La route coupe l'horizon

En Y et fait un jambage.

C'est à ce petit carrefour <jue les gens qui sont de frairie Prennent, à travers Eehauffour, Le chemin de l'hôtellerie.

Site sans charme, étroit motif Qu'un peintre ne priserait guères, Traversé d'un courant d'air vif Où s'engouffrent des bruits vulgaires.

Les négociants tapageurs Font leur vacarme hebdomadaire, Et le froufou des voyageurs Anime le débarcadère.

Le dimanche, au son des tambours, Parfois la commune est en joie Et l'on voit passer tous les joui^s Des trains, qui font trembler la voie.

Qu'importe! Les merles jaseurs Sont aimés dans le voisinage.

Là-bas, l'équipe des poseurs Prend intérêt à leur ménage.

Et près du passage à niveau La garde-barrière attendrie Sent un parfum de renouveau Qui lui revient de la prairie.

Et puis, les merles sont contents, Le bruit du inonde les enchante; Ils se disent, de temps en temps :

« L'Humanité n'est pas méchante.

« À cette heure, l'Humanité, Qui se gouverne toute seule,

Page 1