PLEBS RUSTICA
Si tous les bras oisifs allaient s'offrir aux gerbes, Si le flot des absents remontait nos chemins!
0 terriens échappés, la Terre vous réclame! Quand de ses habitants la chaumière est en deuil, Celui dont le foyer n'a pas perdu sa flamme Voit un rayon de paix illuminer son seuil.
Le vieux sol remué lui garde des largesses Dans le divin trésor de la fécondité ; Sa famille augmentée augmente ses richesses, La fortune sourit à sa paternité.
Armé de sa charrue, il brave la famine ;
Le légitime orgueil du sillon bien tracé
Mêle un éclair de joie aux splendeurs de sa mine
Et Dieu bénit la terre où cet homme a passé.
Il trouve des plaisirs où sa gai té le mène, C'est un joyeux; il a, ce maître de labour, Ajouté sa lignée à la famille humaine, Dans son lit le calcul n'a pas sali l'amour.
160 VOIX Dh LA GLEKE
Mais, écoutez! Au fond des campagnes désertes, Les mères ont pleuré, les pères ont gémi, Et tous sont inquiets, ayant tous fait des pertes Au départ de l'enfant, du frère ou de l'ami.
Ali ! que le déserteur s'arrête et qu'il revienne Vers la ferme, à l'endroit où ses pères sont morts! Du métier désappris que l'absent se souvienne! C'est le travail des champs qui nous rendra les forts.
Pourquoi plier devant la chimère impuissante?
Nous voulons le terrien debout, poitrine au vent. Un corps sain peut, marcher sous une âme pensante; Le laboureur futur, nous le voulons savant,
Fier, aimant son village avec idolâtrie, Fraternel et croyant; mais, devant l'étranger, Assez terrible encor pour venger la Patrie, Si quelque peuple essaie un jour de l'outrager !