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LES CANTONNIERS

Voici le mois des routes blanches Où d'officiels marronniers Arrêtent parfois sous leurs brandies Les méditatifs cantonniers.

Ah! les cantonniers solitaires, Armés d'inutiles rabots, Qui s'en vont sur le haut des terres Voir les paysages, si beaux!

Ce sont des hommes pacifiques Payés par les départements Pour suivre les vols magnifiques Des corbeaux, dans les firmaments.

Voyons, que voulez-vous qu'ils fassent Puisqu'aux chemins, par ces temps doux, Les grosses charrettes qui passent Enfoncent les derniers cailloux?

Ils pourraient faire des peintures Et prendre, toujours en éveil, L'ondulation des cultures Sous les feux ardents du soleil.

Ils pourraient, ces visionnaires, En habitués du sillon, Fixer les champs, sous les tonnerres, En quatre ou cinq coups de crayon.

Ah! Oui. L'air est chaud. Midi sonne.

On entend bien les Angélus, Mais le long des routes? Personne.

Allongés aux flancs des talus,

Les cantonniers mangent dans l'herbe Et quand ils ont tout consommé,

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