Aide de camp du général Verdier
i. Aide de camp du général Reynier.
%. Commandant d'un bataillon suisse, blessé seulement.
nonce de bonne grâce à la vice-royauté, mais eux, après 1p rêve, ils ne sauraient soulhir U être Gros-Jean comme devant, et ils s'en prennent à lui du bien qu'il n'a pu leur faire. Ceux qu'il produisait, qu'il poussait, lui jettent la première pierre. C'est un homme faible, irrésulu , tète étroite, courte vue; il devait faire ceci, et ne pas faire cela. Chacun après le dé vous montre. S'il n'eût pas attaqué, il n'y aurait qu'un cri, et les grands brailleurs seraient ceux qui ont fui les premiers. Lebrun dirait : Quoi I voir des Anglais, et ne pas tomber sur eux ! Maintenant, ce n'était pas son avis.
Sotte chose en vérité, pour un homme qui commande, d'avoir sur les épaules un aide de camp de l'empereur, un monsieur de la cour, qui vous arrive en poste, habillé par Walter, et portant dans sa poche le génie de l'empereur. Reynier s'est trouvé là comme moi à Tarente, avec un surveillant chargé de rendre compte. La bataille gagnée, c'eût été l'empereur, le génie, la pensée, les ordres de là-haut. Mais la voilà perdue, c'est aotre faute à nous. La troupe dorée dit : L'empereur n'était pas là, et comment se fait-il que l'empereur ne puisse former un général.
'j'aventure est fâcheuse pour le pauvre Reynier. Nulle part jn ne se bat; les regards sont sur nous. Avec nos bonnes troupes et à forces égales, être défaits, détruits en si peu de minutes; cela ne s'est point vu depuis la révolution.
Reynier a tâché de se faire tuer, et il court encore comme un fou partout où il y a des coups à attraper. Je l'approuverais s'il ne m'emmenait; moi, je n'ai pas perdu de bataille, je ne voulais point être vice-roi, et tout nu que me voilà je me trouve bien au monde. Les Udèles nous laissent aller, ol survivent très-volontiers à leirrs espérances. Que les temps sont changés depuis Mbhte-Léôhe, en quinze jours I Au lieu de cette foule, de ce collège, c'est à qui se dispensera de l'accompa mer ; il n'y va plus que ceux qui no peuvent l'éviter. Je les trouve de bon sens, et je ferais comme eux. Je le pourrais, je le devrais, et je le veux même quelquefois, quand je me rappelle sa cour et ses airs ; mais dans le malheur il est bon homme; nos humeurs sy Conviennent au fond; l'ancienne
belle passion se rallume et joint le malheureux So^ie au mal~ Amphitryon. Bien entendu qu'au moindre venl qui le gonflerait encore nous ferions bande à part, comme la première fois. Ne me trouves-tu pas habile? si je m'attache aux . c'est seulement tant qu'ils Sont brouillés avec la forlune. Le résultat de tout ceci, c'est qu'il perd et son ancienne réputation qu'on n'avait pu lui ùter, et un crédit naissant dans ce nouveau tripot; il revenait sur l'eau, et le voilà noyé.
Morel a une blessure de plus, qu'il ne donnerait pas pour beaucoup : c'est une balle au-dessus du genou; il admire son bonheur. En effet, la croix, s'il l'obtient, aurait pu lui coûter pius cher, et c'est bon marché, certes, quand on n'a pa? d" aïeux.
Masséna, et les nobles, et tous les gens bien nés sont à six milles d'ici, à Castrovillari ; sa troupe dorée à Mdfarfo, M. de Colbert aussi est là, qui trouve dur de suiwe ie quartier général sans sa voiture bombée, il a bien fallu !a laissera Lago- Negro et faire trois journées à che\al. Il prétend, pour tant de fatigues et de périls, qu'on le fasse ollicier de la légion, et je trouve sa prétention bien modérée pour un homme qui g'appelle M. de Colbert.
Le trait de ton Dedon * est bon : je le savais déjà. Tu crois que le scandale de l'affaire lui pourra nuire? Ah! s'il a soin des fusils de chasse, et qu'il conte toujours de petites histoires, c'est bien cela qui l'empêchera de de\enir un gros seigneur par un voulons et nous ■plaît. Il y a ici un colonel Grabiuski qui a fait pis, s'il est pos.-ible, et qui n'en sera pa9 moins général avant peu, car c'est un buu serviteur, un homme qui sait ce qu'on doit à ses chefs, un homme... un homme enfin qui ira loin, je t'en réponds, rans risquer sa peau. Au fait, ces choses-là ne font nul tort, pourvu qu'on serve bien, d'ailleurs, dans l'antichambre i, surtout quand on a l'avantage d'être connu pour un sot. C'est bien là le cas de ton De don. Je te conseille de lui faire ta cour.
t. Commandant l'artillerie de l'armée devant Ga.tr.
J'ai reçu ta dernière lettre, comme tu vois ; tout de bon , cela est trop drôle ! Salvat, qui meurt réellement et en vérité de la peur, Dedon qui en est bien malade, l'autre qui se tient loin ; voilà de ces choses qu'on ne peut savoir à moins d'être ju métier. En lisant la gazette, personne n'imagine qu'à travers tant de guerres on puisse parvenir aux premiers emplois de l'armée sans être en rien homme de guerre. Ma foi, quant au reste du monde, je ne t'en saurais que dire; mais j'ai vu deux classes dans ma vie; j'ai connu gens de lettres, gens de sabre et d'épée. Non ! la postérité ne se doutera jamais combien, dans ce siècle de lumières et de batailles, il y eut de savants qui ne savaient pas lire et de braves qui faisaient dans leurs chausses ! Combien de Laridons passent pour des Césars, sans parler de César Berthier !
Nous partons demain pour Cosenza, où nous devons joindre Masséna. Nous ne faisons rien , comme vous dites ; de petits pillages dans des villages. Adieu ; tu peux m'écrire maintenant par la poste, si poste il y a.
Nous avons trois Franceschi, dont deux généraux et un colonel aide de camp de Masséna, assez mal plaisant animal; des deux généraux l'un est un petit bancal, plein de feu, intrépide, donnant tête baissée partout. L'autre est un ci-devant procureur de Bastia, et né pour toujours l'être. A dire vrai, il l'est toujours, et n'a guère changé que d'habit. Adieu encore une fois : ce long volume te prouve combien nous sommes peu occupés.