Sa mission à Tarente. Voir la lettre du 28 mai
pour un 'homme qui maintenant me fait la mine. Vous saurez tout, quand je vous verrai. Un rayon de prospérité donne d'étranges vapeurs. Moi, d'abord, je fus fâché de la perte des canons; mais ici je vois que personne n'y pense, et je serais bien bon de m'en faire un chagrin, quand tout le monde s'en moque.
On nous dit que vous êtes en faveur près de madame G... 1 Parbleu ! vous devriez bien, dans vos bons moments, vous j souvenir de moi, qui, depuis six mois, n'ai guère eu de bon temps, et me faire un peu revenir à Naples. J'y ai bien autant à faire que vous; j'y ai la nue-propriété d'un des plus beaux objets qui soient sortis des mains de la nature. Je ne connais point votre madame; tout le monde dit qu'elle a de jolies choses. Si vous aimez toujours le change, nous pourrions faire quelque affaire : vous me devriez certainement du retour; mais, à cause de vous, et pour aller à Naples, je ferais des sacrifices. Si vous aviez la moindre idée de ce que je vous propose, vous m'enverriez l'ordre de partir sur-le-champ et en poste.
[le 13 août le général Verdier marcha à Tarsia, et le 14 à Cosenza, où le naréchal Masséna se trouvait déjà. Courier fut ensuite détaché de divers côtés wur faire rentrer les insurgés dans l'ordre. Il en battit une bande le 18 en lortant de Cosenza, et s'avança le jour même jusqu'à Scigliano. Il fut ensuite lirigé sur la Mantea, place maritime, vers laquelle le général Verdier marchait ar Fiume-Freddo.]
OFFICIER D'ARTILLERIE, A NAPLES
Scigliano, le 21 tout 1106.
Ton patron nous écrit : Toi reçu, une lettre du général^ mime vous, pas trop honnête. Il veut dire : comme celle que nis avez reçue. Tout le reste est de ce style : ce garçon-là a loin.
Or, écoutez, vous qui dites que nous ne faisons rien; nous
pendîmes un capucin à San-Giovanni in Fiore, et une vingtaine de pauvres diables qui avaient plus la mine de charbonniers que d'autre chose. Le capucin, homme d'esprit, parla fort bien à Keynier. Reynier lui disait : Vous avez prêché contre nous; il s'en défendit; ses raisons me paraissaient assez bonnes. Nous voyant partis en gens qui ne devaient pas revenir, il avait prêche pour ceux à qui nous cédions la place. Pouvait-il faire autrement ? Mais, si on les écoutait, cii ne pendrait personne. Ici nous n'avons pu pendre qu'un père et son fils, que l'on prit endormis dans un fossé. Monseigneur excusera ; il ne s'est trouvé que cela. Pas une âme dans la ville; tout se sauve, et il n'est resté que les chats dans les maisons.
Nous rencontrons, par-ci par-là, des bandes qui n'osent pas même tenir le sommet des montagnes. Leur plus grande audace fut à Cosenza1, où l'Anglais les amena*. Il les lit venir jusqu'à la porte du côté de Sci-liano, et ils y restèrent toute une nuit, sans que personne dedans s'en doutât. S'ils fussent entrés tout bonnement (car de gardes aux portes, ah! oui, c'est bien nous qui pensons à cela), ils prenaient au lit monseigneur le maréchal avec la femme du major. L'Anglais ful| tué là. Le matin, nous autres déconfits, qui venions de Cas-: sano, traversant à Cosenza, nous sortîmes par cette porte i la pointe du jour, et les trouvâmes là dans les vignes. 11 s'étai avancé, lui; sa canaille l'abandonna. Je le vis environné; i jeta son épée en criant : Prisonnier! mais on le tua; j'en fu fâché, j'aurais voulu lui rendre un peu les bons traitement: que j'ai reçus de ses compatriotes. C'était un bel homme équipé fort magnifiquement; on le dépouilla en un clin d'oeil il usait de l'or beaucoup.
Nous allons à la Mantea; mais, si nous trouvons porte clc.se je ne sais comment nous ferons. Verdier a, je crois, quelque canons; nous, pamlours, nous n'avons que des cordes.
[A Aji-llo, entre Scigliuuo et la iUautea, Courier faillit eucure tomber eut)