I . Régnier, satire IV, vers
ÉCRITES DE FRANCE ET d'iTALIE 2i3
Voilà, en effet, ce qu'eût mérité ma dernière sottise d'être rentré sous le joug; ce n'est ni humeur ni dépit qui m'a fait
Quitter ce vil métier;
je ne pouvais me plaindre de rien, et j'avais assez d'appui, avec ou sans mon comte, pour être sûr de faire à peu près le même chemin que tous mes camarades. Mais mon ambition était d'une espèce particulière ; je n'avais pas plus d'envie d'être baron ou général que je n'en ai maintenant de devenir professeur ou membre de l'Institut. La vérité est aussi que, comme j'avais fait la campagne de Calabre par amitié pour Reynier, qui me traitait en frère, je me mettais avec cet homme-ci, pour une folie qui semblait devoir aller plus loin , tutto per amore. Je vous suivrais de même contre les Russes si on vous faisait maréchal de Suède, et je vous planterais là si vous vous avisiez de prendre avec moi des airs de comte.
On me dit que M""® de Humboldt est encore à Rome, et que vous habitez tous deux la même maison. Présentez -lui, je vous prie, mon trèshumble respect. M. de Humboldt n'est-il pas à présent en Prusse? Donnez-moi bientôt de leurs nouvelles et des vôtres.
N'allez pas retourner, avant que je vous voie, dans votre pays, vilain pays d'aimables gens. Je
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ne sais bonnement, pour moi, quand je partirai d'ici; mais toujours ce sera pour vous aller joindre. Adiré vrai, j'ai cent projets, et je n'en ai ^as un. Dieu seul sait ce que nous deviendrons. Adieu.
A M. Kenouard, à Paris.
Florence, le 3 mars 1810.
J'ai reçu, Monsieur, vos deux lettres relatives à la tache d'encre'. Je ne vois plus M. Fauchet^; mais je doute fort qu'il voulût entrer pour rien dans cette affaire. Vous comprenez que chacun évite de se compromettre avec la canaille : c'est le seul nom qu'on puisse donner à l'espèce de gens qui aboient contre nous. Pour moi, je ne m'en aperçois même pas. Les gazettes d'Italie sont fort obscures, et ne peuvent vous faire grand bien ni grand mal. Au reste, je ne souffrirai pas qu'on vous pende pour moi, et je suis toujours prêt à crier: M(, me, adsum qui fcci. Je déclarerai, quand vous
1 . Voir, au sujet de cette tache d'encre, la Lettre à M.Renouard, t. II, p. 191.