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Le préfet

ÉCRITES DE FRANCE ET d'iTALIE 2i5

voudrez, que moi tout seul j'ai fait la fatale tache et que je n'ai point eu de complices.

Je vous envoie par la poste la traduction complète imprimée ici '.Cela ne se pouvait autrement. Notre première idée était folle. Le morceau déterré devait paraître à sa place, et je crois que vous en conviendrez.

On ne peut mettre assurément moins de génie dans un ouvrage qu'il n'y en a dans cette version. Voulez-vous avoir une idée de ma finesse comme traducteur? Vous savez les vers de Guarini : Sentlrsi morir, se sentir mourir, e non poter dir, et ne pou-

I. Tandis que M. Renouard attendait le fragment inédit et sa traduction pour les publier à Paris, Courier avait changé d'avis et résolu de donner lui-même une édition complète du texte grec et une autre de la traduction d'Amyot, retouchée et complétée. Celle-ci se trouvant prête la première, il l'avait fait imprimer à Florence, chez Piatti, en février 1810, et tirer à soixante exemplaires seulement, in-8°. Voici la note qu'il avait mise en tête de cette édition :

« Le roman de Longus n'a encore paru complet en aucune langue. On a conservé ici de l'ancienne traduction d'Am3'0t tout ce qui est conforme au texte, et pour le reste on a suivi le manuscrit grec de l'Abbaye, qui contient l'ouvrage entier. On s'est aidé aussi de la version de Caro dans les endroits où il exprime le sens de l'auteur. Le texte complet de Longus paraîtra bientôt imprimé. Alors quelqu'un pourra en faire une traduction plus soignée, car ceci n'est presque qu'une glose mot à mot, faite d'ailleurs pour être vue de peu de personnes. »

LETTRES INEDITES

voir dire : Morir mi sento, je me sens mourir. Voilà comme j'ai fait tout du long du Longus. Si cette innocence ne désarme pas la critique, il n'y a plus de quartier à espérer pour personne. Au reste, ceci n'est pas public : c'est une pièce de société qu'il n'est pas permis de siffler. Si cependant quelqu'un s'en moque, je dirai comme d'Aubigné : Attendez ce loyer de la fidélité.

A M. Firmin Didof, à Kome.

Florence, le 3 mars 1810.

Monsieur, je mets à la poste une brochure qui sûrement vous fera plaisir. Vous ne serez pas fâché, je crois, de savoir qu'il existe un Longus complet; et ma traduction, toute sèche et servile qu'elle est, vous donnera une idée de ce qui manque dans les imprimés. Je pars pour Rome, où je verrai d'autres manuscrits de Longus. En les comparant avec la copie que j'emporte de celui-ci, j'aurai un texte qui peut-être ne serait pas indigne de vos presses. Vous pourriez même lui faire encore plus d'honneur, si l'envie vous prend d'animer de quelques couleurs ces traits que j'ai calqués sur l'original.

Enfin, mandez-moi ce que vous en penserez, et, s'il vous duit, nous pourrons donner au public un joli volume contenant le texte et les variantes des manuscrits de Rome et de Florence : j'entends celles qui valent la peine d'être notées.

J'ai eu bien peu le plaisir de voir monsieur votre fils, et personne cependant ne m'intéresse davantage. Toute la Grèce en parle et fonde sur lui de grandes espérances. Donnez-moi bientôt, je vous prie, de ses nouvelles et des vôtres, et trouvez bon que je finisse, sans cérémonie, en vous assurant de mon sincère attachement.

A M. Boissonnade, à Paris.

Florence, le 3 mars 1810.

Monsieur, on vous remettra une brochure avec ce billet : vous verrez d'abord ce que c'est. La trouvaille que j'ai faiteest assurément jolie. Vous aurez le texte dans peu, et vous vous étonnerez que cela ait pu échapperaux Dorville,Cocchi, Salvini et autres, qui ont publié différentes parties du manuscrit original: car c'est le même d'oii ils ont tiré Charilon, Xenophon d'Ephèse, et en dernier lieu les Fables

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d'Ésope, qu'on vient d'imprimer ici. Ne dites mot, je vous prie, de tout cela dans vos journaux. Ce n'est ici qu'une ébauche qui peut-être ne mérite pas d'être terminée; mais, bonne ou mauvaise, elle n'est pas publique, car, de soixante exemplaires, il n'y en aura guère que vingt de distribués. C'est une pièce de société qu'il n'est pas permis de siffler. Une grande dame ' de par le monde, qui est maintenant à Paris pour le mariage de son frère, me fit dire, étant ici, qu'elle en accepterait la dédicace. Je m'en suis excusé sur l'indécence du sujet. M. Renouard pourra vous conter cela: il était présent quand on me fit cette flatteuse invitation.

J'entends dire que votre Eunapius s'imprime bien lentement. Donnez-moi, je vous prie, Monsieur, de ses nouvelles et des vôtres. Personne ne s'intéresse plus que moi à vos travaux.

A M'"" la princesse de Salm-Dyck, à Paris.

Florence, le 3 mars 1810.

Madame, vous recevrez avec ce billet une brochure où il y a quelques pages de ma façon, façon

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