I. La princesse Élisa, sœur de Napoléon
de traducteur s'entend. C'est un roman (comme Oronte dit : c'est un sonnet], non pas nouveau, mais au contraire fort antique et vénérable. J'en ai déterré par hasard un morceau qui s'était perdu : c'est là ce que j'ai traduit, et, par occasion, j'ai corrigé la vieille version, qui, comme vous verrez.
Dans son vieux style encore a des grâces nouvelles.
Si cela vous amuse , ne faites aucun scrupule , pour quelques traits un peu naïfs, d'en continuer la lecture. Amyot, évêque, et l'un des pères du concile de Trente, est le véritable auteur de cette traduction, que j'ai seulement complétée. Vous ne sauriez pécher en lisant ce qu'il a écrit.
Je vous supplie. Madame, de vous rappeler quelquefois qu'il y a delà les monts un Grec qui vous honore, pour ne rien dire de plus; et , si vous êtes paresseuse, comme je le crois, ne vous déplaise, ordonnez à M. Clavier de me donner de vos nouvelles.
LETTRES INEDITES
A M. d M""' Clavier, à Paris K
Florence, le i3 mars 1810.
Monsieur, voici ce que dit Molini. Il va vous envoyer les Fables d'Esope , qui , par parenthèse , sont tirées du même manuscrit que mon Longus. Il vous enverra en même temps le compte de ce qu'il a vendu de votre Apollodore.
Vous êtes bien bon de vous occuper des grands hommes... J'en ai vu de près deux ou trois : c'étaient de sots personnages.
Lisez Daphnis et Chloé, Madame : c'est la meilleure pastorale qu'ait jamais écrite un évêque. Messire Jacques la traduisit, ne pouvant mieux, pour les fidèles de son diocèse; mais le bonhomme eut dans ce travail d'étranges distractions, que j'attribue au sujet et à quelques détails d'une naïveté rare. Pour moi, on m'accuse, comme vous savez, de m'occuper des mots plus que des choses; mais je vous assure qu'en cherchant des mots pour ces deux petits drôles, j'ai très-souvent pensé aux choses. Passez-moi celte turlupinade , comme dit
1. Courier répond ici à M. Clavier, qui, en lui donnant quelques commissions pour Florence, lui avait parlé en termes ironiques de la réception de Gail à l'Institut.
M""' de Sévigné, et ne doutez jamais de mon profond respect.
Ily a bien plus à vous dire. Amyot fut un des pères du concile de Trente : tout ce c|u'il a écrit est article de foi. Faites à présent des façons pour lire son Longus. En vérité, il n'y a point de meilleure lecture : c'est un livre à mettre entre les mains de mesdemoiselles vos filles tout de suite après le catéchisme.
[Courier quitta Florence le 24 mars, et vint à Rome. 11 ne resta en ville que peu de jours, et alla s'établir à Tivoli avec ses livres pour travailler dans la solitude, et mettre la dernière main au texte de Longus, qu'il se proposait de publier. Au mois d'aoiit, il revint à Rome pour le faire imprimer. L'édition fut faite à ses frafs, et l'ouvrage tiré à cinquante-deux exemplaires seulement, qu'il envoya à ses amis et aux hellénistes de sa connaissance, français, italiens et allemands. ]
A M. Lambcrti, à Milan.
Rome, le 9 mai i 810.
' Je ne m'étonne pas qu'on vous ait bien reçu à Paris avec ce que vous y portiez, et connu comme vous l'êtes en ce pays-là, où l'on aime les gens tels que vous. Cet accueil vous doit engager à y
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retourner, et ainsi j'espère que nous pourrons nous y revoir quelque jour.
Si les Molini de Florence ne vous ont point envoyé la brochure ' qu'ils m'ont promis de vous faire tenir, écrivez -leur, ou faites -la réclamer par M. Fusi. Il y a un exemplaire pour vous, un pour Bossi et un pour le sénateur Testi.
La tache d'encre au manuscrit est peu de chose, et les sottises qu'on a mises à ce sujet dans les journaux ne méritent pas que Renouard s'en inquiète si fort. Un papier qui me servait à marquer dans le volume l'endroit du supplément s'est trouvé, je ne sais comment, barbouillé d'encre en dessous, et, s'étant collé au feuillet, en a effacé une vingtaine de mots dans presque autant de lignes : voilà le fait. Mais le bibliothécaire est un certain Furia, qui ne se peut consoler ni me pardonner d'avoir fait cette petite découverte dans un manuscrit qu'il a eu longtemps entre les mains, et dont il a même publié différents extraits. Et voilà la rage.
Vos notes sur Homère seront assurément excellentes, et pour ma part je suis fort aise que vous le vouliez achever. Mais, de grâce, après cela, nepenserez-vous point tout de bon h ces Argonautes? Songez que quatre beaux vers, tels que vous les savez