‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 3 sur 175 · VJ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VJ INTRODUCTION

« Voilà , Monsieur , tout ce que nous avons pu remarquer jusqu'ici, après un rapide examen des manuscrits que nous avons eu le bonheur de sauver d'une destruction certaine. Nous allons maintenant nous mettre à les classer et à les étudier. Nous ne doutons pas que ce travail n'aboutisse à quelque heureux résultat.

« Je me suis tu sur ce qui peut avoir rapport à la Vie de Mal ebr anche , que vous réclamez, à si juste titre, de son possesseur inconnu. C'est qu'en effet nous l'avons cherchée en vain. Un des exemplaires que vous signalez avait été , à la vérité, dans les mains de M. de Quens, mais il s'en était dessaisi , quelque temps avant de mourir , en faveur d'un M. Hemey-d'Auberive ( sans doute l'abbé Hemey-d'Auberive, éditeur des OEuvres de Bossuet, 1 81 5—4 849 , dont parle Quérard, tom. IV, p. 62, et qui mourut à Paris, à la fin de 4 84 5 ) , à la condition qu'il la publierait, et le signalerait, lui, M. de Quens, dans sa préface. Je vous envoie les pièces à l'appui de ce fait; ce sont un reçu daté de 4 807 et une lettre de M. d'Auberive lui-même, qui , comme vous le verrez, demeurait alors à Y Abbaye-au-Bois. Si vous pouviez maintenant retrouver les héritiers de cet écrivain , ils devraient en conscience , rendre le livre du P. André , puisque les conditions pour lesquelles il avait été donné n'ont pas été remplies ; et , s'ils s'y refusaient , le mandataire de la demoiselle Peschet est disposé à faire toutes les démarches pour le recouvrer. Vous devez bien penser qu'une fois entre nos mains , il ne tarderait pas à être livré à la publicité.

« J'ai l'honneur d'être avec respect , Monsieur , votre trèshumble et très-obéissant serviteur ,

a G. Mancel , « Conservateur de la bibliothèque de Caen.»

A cette lettre sont jointes :

1°. quelques lignes de M. l'abbé Marc , prouvant qu'en 1807 la Vie de Malebranche, par le P. André , était

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entre ses mains, et formait un volume in-folio de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pages ;

« J'ai reçu de M. de Guince ( sic pour Quens ) un volume in-folio commençant par ces mots : La Vie du R. P. Maie— branche, prêtre de l'Oratoire, ledit manuscrit contenant neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pages, et je m'engage de le remettre aussitôt que j'en serai requis. Caen , le \ 0 mars \ 807.

« Signé L. Marc. »

2°. Une lettre de M. l'abbé Hemey-d'Auberive , où il s'engage à remettre aux héritiers de M. de Quens la Vie de Malcbranche, qu'il croyait lui avoir été non pas prêtée , mais donnée. M. l'abbé d'Auberive, qui était fort en état d'en bien juger, déclare « qu'il y avait de très-bonnes choses et très-intéressantes dans cette Vie de Malcbranche, mais que ce n'était point un livre achevé , qu'il y avait quantité de lacunes, beaucoup d'articles imparfaits, et qu'il faudrait un temps et un travail assez considérables pour le mettre en état d'être imprimé. » M. d'Auberive avait entrepris cette tâche , et s'en occupait quand le manuscrit lui fut redemandé. Les héritiers de M. de Quens reprirentils l'ouvrage du P. André, ou le laissèrent-ils entre les mains de M. d'Auberive? nous l'ignorons; tout ce que nous savons, c'est que la Vie de Maie branche ne fait point partie des papiers du P. André provenant de la succession de M. de Quens , et on a bien de la peine à parvenir jusqu'à la famille de M. l'abbé d'Auberive pour en obtenir ce simple renseignement , si parmi les papiers qu'il a dû laisser se trouve la Vie de Malebr anche.

Du moins , nous voilà en possession d'un bon nombre de manuscrits du P. André ; ils sont maintenant déposés dans une grande bibliothèque publique , celle de la ville de

VJij INTRODUCTION.

Caen. Le digne conservateur de cette bibliothèque, M. Mancel , avec ses deux excellents collaborateurs, MM. Trébutien et Leflaguais , les étudie , et s'occupe de reconnaître ce qui mérite d'en être publié. Au premier rang, il faut placer assurément la correspondance du P. André avec Fontenelle et avec Malebranche. C'est presque un point d'honneur pour M. Mancel de donner lui-même les lettres de son illustre compatriote Fontenelle. Déjà l'abbé Guyot , dans sa Notice sur le P. André , a cité quelques traits de ces lettres1, où l'on voit quel cas faisait de l'aimable et spirituel jésuite le dernier cartésien, le plus bel esprit du xviip siècle, avant Montesquieu et Voltaire. Nous nous serions offert bien volontiers pour mettre au jour la correspondance du P. André et de Malebranche , où peutêtre aurait été de mise quelque connaissance des matières agitées entre les deux métaphysiciens , et surtout de la littérature philosophique de cette époque ; mais nous concevons à merveille qu'on ne remette pas facilement à un autre le soin de faire connaître de nouvelles pages sorties de la plume de Fauteur de la Recherche de la Vérité^ quand on est soi-même parfaitement capable de les bien comprendre , et par conséquent de les publier avec exactitude. Nous sommes trop heureux que M. Mancel et ses collaborateurs aient bien voulu nous communiquer, et nous autorisent à- employer à notre gré, la correspondance du P. André avec plusieurs de ses confrères et de ses supérieurs de la compagnie de Jésus , pendant le temps qu'il fut persécuté comme partisan de la nouvelle philosophie de Descartes et de Malebranche. Cette correspondance est la

1 OEuvres du feu P. André, t. I, Éloge historique, etc., p. xxi et lvii.

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