‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 4 sur 175 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

suite et le complément nécessaire de celle dont nous avons déjà donné des extraits. Nous allons Ja faire connaître en détail , et en joignant ces nouveaux extraits aux premiers , tirer du manuscrit de M. Leglay et du manuscrit de Gaen réunis toutes les lumières qui peuvent éclairer ce triste et intéressant épisode de l'histoire du cartésianisme.

Marquons d'abord la différence qui distingue la nouvelle correspondance de la première. Dans celle-ci , le P. André écrit à des amis qui pensent comme lui , à Malebranche , à l'oratorien de Marbeuf , disciple de Malebranche , ou à M. Larchevêque, qui paraît avoir partagé ses sentiments; il leur ouvre son cœur ; il se complaît à leur montrer son goût vif et constant pour la nouvelle philosophie , ses études secrètes et obstinées, son pieux et fidèle attachement à leur commun maître , et son dédain courageux pour leurs communs ennemis. Ici la scène est toute différente. Ce n'est plus le P. André parlant à son aise à des amis et à des hommes étrangers à sa compagnie ; c'est le P. André dans le sein même de cette compagnie , aux prises avec ses supérieurs, entouré d'ombrages, de menaces et de tracasseries , obligé de cacher ses études , de dissimuler ses amitiés et ses opinions sans les trahir; perpétuellement placé entre une circonspection qui pourrait ressembler à l'artifice et une franchise bien voisine de la révolte , réclamant sans cesse la justice, prodiguant les explications et les apologies, abandonné peu à peu par ceux de ses confrères qui paraissaient d'abord plus ardents que lui dans la même querelle , se débattant en vain contre de sourdes intrigues ou contre une persécution déclarée, gêné et tourmenté dans les plus petits détails de sa vie , renvoyé de ville en ville et de collège en collège , tour à

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