‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 61 sur 175 · XC INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XC INTRODUCTION

lui-même pour retenir son indignation , il la laisse éclater, et , au lieu de la rétractation qu'on lui demande , il adresse au P. Guymond une apologie régulière et complète du cartésianisme , au point de vue religieux et chrétien. Cette apologie , écrite il y a un siècle et demi par un jésuite , a prévenu celle qu'ont entreprise le cardinal Gerdil ( Opère édite ed inédite del cardinale Gerdil, in Roma, 1806, passim) et M. l'abbé Eymery, supérieur de Saint-Sulpice , au commencement du xixe siècle (Pensées de Descartes sur la religion et la morale, Discours préliminaire , Paris, 1811). Aujourd'hui encore elle est malheureusement de mise et pourrait être adressée aux mêmes personnes : il n'y a guère à changer que les noms propres.

« 15 juillet 1708.

« Mon très-révérend père ,

« Vous serez sans doute surpris que je m'avise aussi tard de répondre à la lettre que vous me fîtes l'honneur de m'écrire l'année dernière. Plusieurs raisons très-fortes m'en ont empêché jusqu'ici; mais, après avoir tout examiné, j'ai cru que la justice et la charité ne me permettoient plus de me taire. Je ne veux point que ma conscience ait davantage à me reprocher que je souffre sans réponse l'outrage que vous faites, en m'écrivant, à deux auteurs très-catholiques , de les placer au rang des plus infâmes hérésiarques , et que je laisse une personne qui me doit être aussi chère que votre révérence dans une erreur si contraire à la vérité et par conséquent si préjudiciable à son salut. Souffrez donc, mon révérend père, que l'espérance de vous être utile l'emporte sur la crainte de vous déplaire, et que je tâche de vous désabuser au sujet de ces deux illustres calomniés; c'est ce qui ne sera pas fort difficile , pour peu que vous soyez capable d'en juger sans prévention.

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