‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 63 sur 175 · XC1] INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XC1] INTRODUCTION

tant de zèle à une princesse calviniste pour justifier la conversion d'un prince de sa maison. Voici un trait de sa lettre qui sera un témoignage éternel de son catholicisme et de la malice de ses calomniateurs : Tous ceux , dit-il , qui sont de la religion dont je suis approuvent son changement; pour ceux qui sont d'une autre créance , s'ils considèrent qu'ils ne seroient pas de la religion dont ils sont , si eux ou leurs pères ou leurs aïeux n'avoient point quitté la romaine , ils ri auroient pas sujet de se moquer ni de nommer inconstants ceux qui quittent la leur !. Après cela, mon révérend père , permettez-moi de le dire , quelle est votre charité de mettre M. Descartes en parallèle avec Calvin? Par quel endroit at-il mérité un si indigne traitement? Il a toujours (respecté ) l'Église ; il y a vécu ; il y est mort en paix. Peu de jours avant sa dernière maladie il communia de la main du P. Viogué 2. M. Ghanut , un des hommes les plus sincères et les plus religieux de son temps, a rendu plusieurs témoignages authentiques à la pureté de sa foi et à l'innocence de ses mœurs 5. La reine Christine a déclaré par écrit de sa main que M. Descartes avoit plus que personne contribué à sa glorieuse conversion 4. Voilà certainement un Calvin bien différent du premier, un Calvin qui s'applique à étendre la foi de l'Église romaine !

« A l'égard du P. Malebranche , il est encore plus étonnant que vous compariez sa doctrine avec l'hérésie calvinienne. Si vous vous êtes donné la peine de lire ses ouvrages, n'y avez-vous point remarqué un extrême éloignement pour l'esprit de cabale? Quelle piété répandue dans ses livres ! Quelle bonne foi ! Quelle humilité à confesser son ignorance

' Voyez notre édition de Descartes , t. IX , p. 371.

2 Vie de Descartes, par Baillet, 11e part., chap. 22, p. 4i4.

3 Ibid. Baillet cite des lettres manuscrites de M. Chanut à la princesse Elisabeth et à l'abbé Picot. Nous possédons les premières, que nous publierons peut-être un jour.

4 Ibid., chap. 23, p. 433.

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