‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 64 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — II. XCÎij · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — II. XCÎij

et à convenir de ses erreurs aussitôt qu'on les lui découvre ! Quel amour pour Jésus-Christ ! Quel attachement à l'Église ! Quel fléau du jansénisme ! Peut-on combattre plus solidement le système de M. Arnauld sur la grâce, la prédestination et la liberté ? Mais surtout avec quelle charité ( faites-y attention , mon révérend père , c'est la marque à laquelle notre aimable maître veut qu'on reconnoisse ses disciples ) , avec quelle charité il répondit à ses adversaires et à celui même qui l'avoit attaqué avec moins de raison et plus d'insolence ' ! Tout cela est-il d'un Calvin ? Je puis vous assurer que sa personne est encore moins hérétique que ses ouvrages. Si vous vouliez en faire l'épreuve , que vous verriez de différence entre le véritable P. Malebranche et le fantôme ridicule que vous combattez ! Vous verriez un homme doux, simple, pacifique, droit, ouvert, toujours prêt à rendre raison de sa foi. Vous y trouveriez un modèle de piété , d'abnégation , de prudence et de zèle ; je ne dis pas d'un zèle aveugle , amer et turbulent , mais d'un zèle véritablement chrétien , éclairé par la science et adouci par la charité. C'est la justice que lui rendent toutes les personnes qui ont le bonheur de le connaître , et que vous lui rendriez sans doute vous-même, si vous aviez pris la peine d'étudier sa doctrine et sa personne. ,

« Voilà , mon révérend père , quels sont en effet M. Descartes et le P. Malebranche , bien différents de ce qu'ils sont dans votre imagination. Voilà ces Calvin de nos jours qu'on ne peut estimer sans crime, qu'on ne peut louer sans encourir l'indignation des gens de bien , et dont les sentiments sont si abominables que c'est une hérésie de dire que

1 Le P. André fait ici probablement allusion à l'écrit du père jésuite Le Valois, caché sous le pseudonyme de Louis de la Ville : Sentiments de il/. Descartes touchant Vessence et les propriétés des corps, opposés à la doctrine de l'Église et conformes aux erreurs de Calvin sur le sujet de l'eucharistie j par Louis de la Ville, Paris, in-12, 1680. Dans cet ouvrage, ce n'est pas seulement Descartes qui est pris à partie, mais tous les cartésiens et surtout Malebranche.

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