DEUXIÈME PARTIE.— TV. CVÎij
sages me conseilleroient- dans cette conjoncture. Un de mes amis de la ville, et des vôtres, mon révérend père, à qui je m'en étois ouvert dès le commencement de l'affaire , m'écrivit que je pouvois leur obéir. Je n'avois pourtant pas cru devoir me rendre à son sentiment. Je consultai encore trois ou quatre de nos pères là-dessus , en leur marquant expressément que dicter cette espèce de rétractation de choses que je n'avois point enseignées , ou que je tenois pour vraies , c'étoit parler contre ma conscience. Nonobstant cela , presque tous m'y condamnèrent sans miséricorde. Il fallut donc m'y ré-' soudre ; mais je le fis . d'une manière que je crois n'avoir trompé personne. Le R. P. Lami ■ vous dira le reste. Quelques jours après, on me parla de signer l'écrit que j'avois dicté en classe. Je déclaray formellement que je ne pouvois. en conscience, signer autre chose, sinon que jeTavois fidèlement dicté. Le père recteur me fit entendre que cela suffiroit ; sur quoi , j'écrivis mon nom au bas.. J'avoue néanmoins que j'en ai eu et que j'en ai encore bien du scrupule. Priez le Seigneur qu'il me pardonne; et vousrmon révérend père, pardonnez-moi aussi, je vous conjure , si en tout cela j'ai fait la moindre chose qui vous ait déplu. Cependant j'ai cru vous donner par là occasion aune juste défense ; et , si vous me permettez de vous le dire ,. je la crois nécessaire dans la conjoncture présente. Le mal augmente tous les jours. Les amateurs de la vérité sont flétris et persécutés ; ses ennemis triomphent, et envoient de tous 'côtés les- écrits injurieux qu'ils font ou qu'ils font faire contre elle et contre ses défenseurs : on la rend suspecte et on les rend odieux. Je ne dis pourtant pas , mon révérend père , que vous preniez vousmême la peine de relever toutes ces démarches : cela conviendrait mieux à tout autre qu'à vous; mais il faut que quelqu'un le fasse,. ou bien il faudra que les vérités que vous avez démontrées essuient un terrible orage. En tous cas ,
1 Voyoz plus bas.