CX1V INTRODUCTION
souffrez ,' mon révérend père , que , pour me consoler un moment avec vous, je vous dise -là -dessus ce qui m'est venu dans l'esprit, supposé que quelqu'un de vos amis voulût bien entreprendre la défense de la vérité et de ses défenseurs.
« 1°. Je voudrois qu'on exposât le fait, avec toutes ses circonstances, que je n'ai cachées à personne;
a 2°. Que l'on demandât , par forme de problème ou de cas de conscience, si des particuliers comme les jésuites, qui n'ont aucune autorité juridique dans l'Église, peuvent sans crime jeter des soupçons d'hérésie et d'impiété sur des auteurs tenus pour orthodoxes par tout ce qu'il y a de bons catholiques dans l'Église , etc. ;
« 5°. Si les collèges ne leur ont été donnés que pour leur donner le droit de décrier publiquement , comme hétérodoxes, toutes les personnes et toutes les opinions qui n'ont pas le bonheur de leur plaire , etc. ;
« 4°. Que l'on entrât en matière , et que l'on fît voir que les sentiments faux ou hérétiques qu'ils ont fourrés dans leur écrit n'ont été enseignés par aucun cartésien ni malebran- #chiste, du moins par ceux qu'ils attaquent, et que les autres . opinions qu'ils condamnent sont très-sensées et très-orthodoxes, et que je voudrois que l'on prouvât surtout par autorité , car la raison est une inconnue que nos savants n'écoutent guères ;
« 5°. Enfin, que l'on expliquât particulièrement et à fond le sentiment de saint Augustin sur les idées , et qu'après avoir montré Féloignement où l'on est des sentiments des Anoméens etdesEunomiens, qu'ils nous reprochent , on leur fit, sur cette matière, un défi pareil à celui que M. Descartes leur fit autrefois sur la physique d'Aristote, et qui les. réduisit au silence qu'ils ont toujours gardé depuis si religieusement.
« C'est à peu près ce qu'il seroit à propos de leur remontrer avec beaucoup de force et de modération chrétienne ,