‹ Œuvres philosophiques d'ArnauldChapitre 122 sur 214 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Des dilemmes.

On peut définir un dilemme un raisonnement composé, où, après avoir divisé un tout en ses parties , on conclut affirmativement ou négativement du tout ce qu'on a conclu de chaque partie.

Je dis ce quon a conclu de chaque partie , et non pas seulement ce qu'on en aurait affirmé ; car on n'appelle proprement dilemme que quand ce que l'on dit de chaque partie est appuyé de sa raison particuhère.

Par exemple, ayant à prouver qu'o?? ne saurait être heureux en ce monde , on peut le fatre par ce dilemme :

On ne peut vivre en ce monde qu''en s' abandonnant à ses passions, ou en les combattant :

Si on s'y abandonne , cest un état malheureux , parce qu'il est honteux, et qu'on n'y saurait être content :

Si on les combat, c'est aussi un état malheureux , parce qu'il n'y a rien de plus pénible que cette guerre intérieure qu'on est continuellement obligé de se faire à soi-même :

Il ne peut donc y avoir en cette vie de véritable bonheur.

Si l'on veut prouver que les évêques qui ne travaillent point au salut des âmes qui leur sont commises sont inexcusables devant Dieu, on peut le faire par ce dilemme ;

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