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CHAPITRE XVIII

De la conversion des propositions affirmatives.

On appelle conversion d'une ])roposition , lorsqu'on change le sujet en attribut, et l'attribut en sujet, sans que la proposition cesse d'être vraie, si elle l'était auparavant, ou plutôt en sorte <|u'il s'ensuive nécessairement de la conversion qu'elle est vraie, siip|)osé (pi'elle le fût.

Or, ce que nous venons de dire fera entendre facilement comment cette conversion doit se faire : car, connue il est impossible (prune chose soit jointe et unie à une autre, que cette autre ne soit jointe aussi à la première, et qu'il s'ensuit fort bien que si A (vst joint à B , B aussi est joint à A, il est clair qu'il est impossible (iue deux choses soient conçues comme identifiées, qui est la plus parfaite de toutes les unions , que cette imion ne soit réciproque, cV^st-à-dire, (pie Ton ne puisse faire une allirmation mutuelle des deux termes unis en la manière (pi'ils sont unis ; ce (pii s'appelle conversion.

Ainsi, connue dans les propo^ilions particulières alTirmafives, par exemple, lorsciu'on dit : Quelque homme est juste,, le sujet et

l'attribut sont tous deux particuliers, le sujet QVhomme étant partic lier par la marque de particularité que l'on y ajoute, et l'attribut juste l'étant aussi , parce que son étendue étant resserrée par celle du sujet, il ne signifie que la seule justice qui est en quelque homme ; il est évident que si quelque homme est identifié avec quelque juste, quelque juste aussi est identifié avec quelque homme ; et qu'ainsi il n'y a qu'à changer simplement l'attribut en sujet, en gardant la m.ême particularité, pour convertir ces sortes de propositions.

On ne peut pas dire la même chose des propositions universelles affirmatives, à cause que, dans ces propositions, il n'y a que le sujet qui soit universel , c'est-à-dire qui soit pris selon toute son étendue, et ({ue l'attribut, au contraire, est limité et restreint; et partant, lorsqu'on le rendra sujet par la conversion , il faudra lui garder sa même restriction , et y ajouter une marque qui le détermine , de peur qu'on ne le prenne généralement. Ainsi , quand je dis que Vhomme est aniuial , j'unis l'idée dViomnie avec celle d'ammaï, restreinte et resserrée aux seuls hommes , et partant, quand je voudrai envisager cette union comme par une autre face, et commençant par Vanimal, et affirmer ensuite Vhomme, il faut conserver à ce terme sa même restriction, et de peur que l'on ne s'y trompe, y ajouter quelque note de détermination.

De sorte que de ce que les propositions universelles affirmatives ne peuvent se convertir qu'en particulières affirmatives , on ne doit pas conclure qu'elles se convertissent moins proprement que les autres ; mais comme elles sont composées d'un sujet général et d'un attribut restreint , il est clair que lorsqu'on les convertit , en changeant l'attribut en sujet, elles doivent avoir un sujet restreint et resserré , c'est-à-dire particulier.

De là on doit tirer ces deux règles.

RÈGLE I. Les propositions universelles affirmatives peuvent se convertir en ajoutant une marque de particularité à Vattribut devenu sujet.

RÈGLE IL Les propositions particulières affirmatives doivent se convertir sans aucune addition, ni changement, c'est-à-dire en retenant pour l'attribut devenu sujet, la marque de particularité qui était au premier sujet.

Mais il est aisé de voir que ces deux règles peuvent se réduire a une seule qui les comprendra toutes deux.

L attribut éloM rcMreint par le sujet dans toutes Icspropositions

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