‹ Œuvres philosophiques de Antoine ArnauldChapitre 21 sur 172 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Que ce que fauteur de la heclierche de la Vcritc dil de la nature des idi-e<i, dans son troisième livre, n'est fondé que sur des imaginalious qui nous sont restées des préjugés de lenfance.

Comme tous les hommes ont été d'abord enfants, et qu'alors ils n'étaient presque occupés que de leur corps et de ce qui frappait leurs sens, ils ont été longtemps sans connaître d'autre vue que la vue coi^porelle, qu'ils attribuaient à leurs yeux; et ils n'ont pu s'empêcher de remarquer deux choses dans cette vue : l'une, qu'il fallait que l'objet fijt devant nos yeux afin que nous le pussions voir, ce qu'ils ont appelé présence; et c'est ce qui leur a fait regarder cette présence de l'objet comme une condition nécessaire pourvoir; l'autre, qu'on voyait aussi quelquefois les choses visibles dans les miroirs ou dans l'eau , ou d'autres choses qui nous le représentaient ; et alors ils ont cru, quoique par erreur, que ce n'était pas les corps mêmes que l'on voyait , mais leurs images. Voilà \a seule idée qu'ils ont eue longtemps de ce qu'ils ont ap-

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