‹ Œuvres philosophiques de Antoine ArnauldChapitre 66 sur 172 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Seconde manière de voiries choses en Dieu, qui est de les voir d.ans une ctcndue inielUgiblt infinie que Dieu renferme. Que ce que l'on dil sur cela, ou est tout à fait indigne de Dieu, ou se contredit manifestement.

Nous venons de voir que l'auteur de la Recherche de la Vérité, demeurant toujours ferme dans la pensée que nous voyons chaque chose par l'idée particulière qu'elle a en Dieu, il a depuis changé de sentiment, en déclarant (page 518) « qu'il n'a paft prétendu » (il devait plutôt dire qu'il ne prétend plus) « qu'il y eut en Dieu certaines idées particu- « Hères qui représentassent chaque corps en pailiculier: « mais que nous voyons toutes choses en Dieu par l'appli- « cation que Dieu fait à notre esprit de l'étendue intelligible « infinie en mille manières différentes. »

C'est donc ce qui reste à examiner si cette seconde manière de voir les choses en Dieu, qui est de les voir « dans une étendue inteUiçjihle infinie cjue Dieu renferme, » est plus vraisemblable que l'autre.

Mais, pour en pouvoir bien juger, il faut l'écouter luimême expliquer comment il prétend que cela se fait. Et il faut remarquer avant toutes choses que ce qui l'a fait entrer dans cette nouvelle pensée est une objection qu'on lui a faite en ces termes :

(( Objection. Il n'y a rien en Dieu de mobile ', il n'y a « rien de figuré. S'il y a un soleil dans le monde intelligible, « ce soleil est toujours égal à lui-même , et le soleil visible « paraît plus grand lorsqu'il est proche de l'horizon, que « lorsqu'il en est fort éloigné : donc ce n'est pas ce soleil in- « telligible que l'on voit. Il en est de même des autres créa-

' Pace 547.

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