ûn*oQ peut démontrer «mil 7 a sa Mes de cela Mii
que la nécessité d*étre ou d*exi8ter est comprise en la notion que nous avons de lui.
Lorsque par après elle fait une revue sur les diverses idées ou notions qui sont en soi, et qu'elle y trouve celle d'un être tout connofssant, toutpuissant et extrêmement parihit, elle juge tellement par ce qu'elle aperçoit en cette idée quC Dieu, qui est cet être tout parfait, est ou existe ; car encore qu'elle ait des idées distinctes de plusieurs autres choses, elle n'y remarque rien qui l'assure de l'existmiGe de leur objet ; au Ifeu qu'elle aperçoit en celle-ci, non pas seulement une exls^ tence possible, comme dans les autres, mais une existence absolument nécessaire et étemelle. Et comme de ce qu'elle voit qu'il est nécessairement compris dans l'idée qu'elle a du triangle que ses trois angles soient égaux à deux droitt, elle se persuade absolument que le triangle a les trois angles égaux à deux droits ; de même, de cela seul qu'eiie aperçoit que l'existence nécessaire et êterut^le est
LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE
oomprlBe dans l'idée qa*eIlB a d'an Stre tout parfait, elle doit conclure que cet être tout parfait est ou existe.
», Que la nécessité d^étre D*est pas comprise en la notion que nous avons des autres choses, mais seulement le pouvoir d*éure.
Elle pourra s'assurer encore mieux de la vérité de cette conclusion si elle prend garde qu'elle n'a point en soi l'idée ou la notion d'aucune autre chose où elle puisse reconnoître une existence qui «)it ainsi absolument nécessaire; car de cela seul elle saura que l'idée d*un être tout parfait n'est point en elle par une fiction, comme celle qui représente une chimère, mais qu'au contraire elle y est empreinte par une nature immuable et vraie, et qui doit nécessairement exister, parce qu'elle ne peut être connue qu'avec une existence néceslaire.
te. Que les pr^ogés empêchent que plusieurs ne connoissent dalNment cette nécessité d'être qui est en Dieu.
Notre ftme ou notre pensée n'auroit pas de peine à se persuader cette vérité si elle étoit libre de ses préjugés; mais d'autant que nous sommes accoutumés à distinguer en toutes les autres choses l'essence de l'existence, et que nous pouvons feindre i plaisir plurieurs idées de choses qui peutrétre n'ont jamais été et qui ne seront peutêtre jamais, lorsque nous n'élevons pas comme il fiut notre esprit à la contemplation de cet être tout parfait, il se peut faire que nous doutions si l'idée que nous avons de lui n'est pas l'une de celles que nous feignons quand bon nous semble, ou qui sont possibles encore que l'existence ne aoit pas nécenairement comprise en leur nature.
17. Que d'autant que nous concevons plus de perfection en uno chose, d'autant devons-nous croire que sa cause doit aussi etre|4uspBr<e.
De plus, lorsque nous faisons réflexion sur les diverses idées qui sont en nous, il est aisé d*aperœvoir qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre elles, en tant que nous les considérons simplement comme les dépendances de notre âme ou de notre pensée, mais qu'il y en a beaucoup en tant que l'une représente une diose et l'autre une autre; et même que leur cause doit être d'autant plus parfaite que ce qu'elles représentent de leur objet a plus de perfection. Car tout ainsi que, lorsqu'on nous dit que quelqu'un a l'idée d'une machine où il y a beaucoup d'artifice, nous avons raison de nous enquérir comment il a pu avoir cette idée, à savoir s*U a vu quelque part une telle machine faite par un autre, ou s'il a appris la •mnee des mécaniques, ou s'il est avantagé d'une
telle yivadté d'esprit que de lui-même II ait pu l'inventer sans avoir rien vu de semblable ailleurs, à cause que tout l'artifice qui est représenté dans l'idée qu'a cet homme, ainsi que dans un tableau, doit être en sa première et principale cause, non pas seulement par imitation, mais en effet de la même sorte ou d'une façon encore plus éminente qu'il n'est représenté.