PREMIÈRE PARTIE
objet qui ii*a point de bornes en eee perfeetions nouf comble de satlsfiM^on et d'aasarance.
ttL Qbb «mi De tonmet pas la caose de iKNis-inAne, mais q^ c'est mea, et que par ooDséqueot il y a un Dieu.
Mais tout le monde n'y prend pas garde comme il &ut ; et parce que nous sayons assez, lorsque nous aTODs une idée de quelque machine où il y t beaucoup d'artifice, la façon dont nous l'avons eue, et que nous ne saurions nous souvenir de même quand l'idée que nous avons d'un Dieu tous a été communiquée de Dieu, à cause qu'elle t toujours été en nous, ii faut que nous fassions encore cette revue et que nous recherchions quel est donc l'auteur de notre âme ou de notre penlie, qui a en soi l'idée des perfections infinies qui lont en Dieu, parce qu'il est évident que ce qui eonnoît quelque chose de plus parfait que soi ne s'est point donné l'être, à cause que par même moyen il se seroit donné toutes les perfections dont ii aoroit eu connoissance» et par conséquent SU*!! ne sauroit subsister par aucun autre que par celui qui possède en effet toutes ces perfeclîonsy c'est-i-dlre qui est Dieu.
B. Qqe tai Mole durée de notre ^ie suffit pour démontrer que Dteuest.
Je ne crois pas que l'on puisse douter de la férité de cette démonstration, pourvu qu'on prenne garde i la nature du temps ou de la durée de notre vie; car étant telle que ses parties De dépendent point les unes des autres et n'existent jamais ensemble, de ce que nous sommes maintenant il ne s'ensuit pas nécessairement que nous soyons un moment après, si quelque cause, a savoir la même qui nous a produits, ne conti- ■oe à nous produire, c'est-à-dire ne nous con* KTve. Et nous oonnoissons aisément qu'il n'y a point de force en nous par laquelle nous puis- Bons subsister ou nous conserver un seul moment, et que celui qui a tant de puissance qu'il MUS folt subsister hors de lui et qui nous con* xrve doit se conserver soi-même, ou plutôt n'a besoin d'être conservé par qui que ce soit, et enfin fsH est Dieu.
flL OÉte ocMHiolBsant quH y a un Diea en la CMpon Id expHqate, oo ooonolt aussi tous ses attributs, autant qu'ils peu- ^«■t être conoos par la seule Imnlère naturelle.
Noos recevons encore eet avantage en prou* vait de cetfa sorte l'existence de Dieu, que nous CMuioissoDS par même moyen ce qu'il est, autant que le permet la foiblesse de notre nature. Car frisant réflexion sur Tidée que nous avons natuitdtaDflDt de Itti, nous voyons qu'il est éternel, iMt ooDUolaant, tout-puissant, source de toute
bcmté et vérité, créateur de toutes dioses, et qu'enfin il a en soi tout ce en quoi nous pouvons reconnoltre quelque perfection infinie, ou bien qui n'est bornée d'aucune imperfection,
13. Que Dieu n*est point corporel, et ne ooonolt point par ralde des sens comme nous, et n*est point auteur da péclié.
Car il y a des choses dans le monde qui sont limitées, et en quelque façon impariaites, encore que nous remarquions en elles quelques perfections ; mais nous concevons aisément qu'il n'est pas possible qu'aucunes de celles-là soient en Dieu. Ainsi, parce que l'extension constitue la nature du corps, et que ce qui est étendu peut être divisé en plusieurs parties, et que cela marque du défaut, nous concluons que Dieu n'est point un corps. Et bien que ce soit un avantage aux hommes d'avoir des sens, néanmoins, à cause que les sentiments se font en nous par des impressions qui viennent d'ailleurs et que cela témoigne de la dépendance, nous concluons aussi que Dieu n'en a point, mais qu'il entend et veut, non pas encore comme nous par des opérations aucunement différentes, mais que toujours par une même et très simple action il entend, veut et fait tout, c'est-à-dire tontes les choses qui sent en effet ; car ii ne veut point la malice du péclié, parce qu'elle n'est rien.
94. Qa*après avoir connu que Dieu est, pour passer à la cou» noissaoce des créatures, Il se faut souvenir que notre en» it est fini et la puissance de Dieu Infinie
Après avoir ainsi connu que Dieu existe et qu'il est l'auteur de tout ce qui est ou qui peut être, nous suivrons sans doute la meilleure méthode dont on se puisse servir potu* découvrir la vérité, si, de la connoissance que nous avons de sa nature, nous passons à l'explication des choses qu*il a créées, et si nous essayons de la déduire en telle sorte des notions qui sont naturellement en nos âmes que nous ayons une science parfaite, c'estrà-dire que nous connoisslons les eflets par leurs causes. Mais afin que nous puissions l'entreprendre avec plus de sAreté, toutes les fois que nous voudrons examiner la nature de quelque chose, nous nous souviendrons que Dieut qui en est l'auteur, est infini, et que nous som- . mes entièrement finis. [
WL Et qu*ll font croire tout ce que Dieu a révâé, encore qui soit au-dessus de la portée de notre eqprit
Tellement que, s'il nous fait la grflce de nous révéler, ou bien à quelques autres, des dioees qui surpassent la portée ordinaire de notre esprit, telles que sont les mystères de l'Incarnation et de
LES PRINaPBft DE LA PHILOSOPHIE.
Ift TriDMi, nous ne feroni point difficulté de les croire, oDOOre que nous ne les entendions peotêtre pat bien dairement. Car noas ne deyons point trouver étrange qu'il 7 ait en sa nature, qui est immense, et en ce qu*il a fait, beaucoup de elHMes qui surpassent la capacité de notre esprit.
as. Qu*U ne Csiat point tâcher do comprendre rinfini, mais lealement penser que tout ce en quoi nous ne trouvons aucoDsi bornai est IndAiirf.
Ainsi noua m nova embarrasserona jamais dans les disputas de rinâni ; d'autant qu'il seroit ridioule que nous, qui sommes finis, entrepris* alona d'en déterminer quelque chose, et par ce moyen le supposer fini en tachant de le comprendre. C'est pourquoi noua ne nous soucierons pas de répondra i ceux qui demandent si la moitié d'une ligna infinie eat infiniot et si le nombre infini eat pair ou non pair, et autrea choses semblabkit à cause qu'il n'y a que ceux qui s'imagi" lient que leur eapril eat infini qui semblent devoir examiner teilea difficultés. Et pour nous, en voyant dea dioaea dans lesquelles, selon oertaina sens, nous ne reqiarquons point de limites, noua n'assurerons pas pour cela qu'elles soient inflniaat mais nous laa estimerons seulement indéfi* nies* Aiaii, parce que nous ne saurions imaginer une étendue si grande que nous ne concevions en même temps qu'il y en peut avoir une plus grande, nous dirons que l'étendue des choses possibles est indéfinie ; et parce qu'on ne sauroit diviser un corps en des parties si petites que chacune de ces parties ne puisse être divisée en d'autres plus petites, nous penserons que la quantité peut être divisée en des parties dont le nombre est indéfini ; et parce que nous ne saurions imaginer tant d^étotles que Bleu n'en puisse créer davantage, nous supposerons que leur nombre est indéfini, et ainsi du reste.
ST.QueUediflérence ny a entre ind^/tei et mfM.
Et nous appellerons ces choses Indéfinies plutAt qu'Infinies, afin de réserver à Dieu seul le nom d*lDfini , tant i cause que nous ne remarquons point do bornes eo ses perfections, comme aussi à cause que nous sommes très assurés qu'il n'y en peut avoir. Pour ce qui est des autres choses, nous savons qu'elles ne sont pas ainsi absolument parfaites, parce qu'encore que nous y remarquions quelquefois des propriétés qui nous semblent n*avolr point de limites, nous ne laissons pas de connottre que cela procède du défaut de notre entendement, et non point de leur nature.
aa. Qo*tt ne teut point eiamioer pour q«Be fin Mea a Ut chaque diose, mais seulement par quel moyen il a voulu qu'elle fat produite.
Noua ne nous arrêterons pas aussi à euminer les fins que Bien s'est proposées en créant le monde, et nous rejetterons entièrement de notre philosophie la redierche des causes finales; car nous ne devons pas tant présumer de nous* mêmes que de croire que Dieu nous ait voulu faire part de ses conseils : mais, le coDsidéraut comme l'auteur de toutes choses, nous ticherons seulement de trouver, par la faculté de raisonner qu'il a mise en nous, comme celles que nous apercevons par Tentremise de nos sens ont pu être produites ; et nous serons assurés, par ceux de ses attributs dont il a voulu que nous ayons 1 quelque connolssance, que ce que nous aurons une fois aperçu clairement et distinctement appartenir à la nature de ces choses a la perfection d'être vrai.
as. Q06 Hea oTsst point to cause de Dosemnrt.
Et le premier de ses attributs qui semble devoir être ici considéré consiste en ce qu'il est tris véritable et la source de toute lumière, de sorte qu'il n'est pas possible qu'il nous trompe, c'està-dire qu'il soit directement la cause des erreurs auxquelles nous sommes sujets et que nous expérimentons en nous-mêmes; car encore que l'adresse à pouvoir tromper semble être une marque de subtilité d'esprit entre les hommes, néanmoins jamais la volonté de tromper ne procède que de malice on de crainte et de foiblesse, et par conséquent ne peut être attribuée à Bleu.
sp» Et que par conséquent tout cela est vrai qoa nous oodnoissons clairement être vrai, ce qui noua déUvro des doutes d-desBUs proposés.
D'où il suit que la faculté de connoltre qu'il nous a donnée, que nous appelons lumière naturelle, n'aperçoit jamais aucun objet qui ne soit vrai en ce qu'elle l'aperçoit, o^est-i-dire en ce qu^elle connott clairement et distinctement; parce que nous aurions si^et de croire que Dieu seroit trompeur s'il nous l'avoit donnée telle qno nous prissions le faux pour le vrai lorsque nous en usons bien. Et cette considération seule nous doit délivrer de ce doote hyperbolique oà nous avons été pendant que nous ne savions pas encore si celui qui nous a créés avoit pris plaisir à nous faire tels que nous fussions trompés en toutes les choses qui nous semblent très claires. Elle nous doit servir aussi contre toutes les autres raisons que nous avions de douter, et que J*al bV léguées ci-dessus, même les vérités de mathéma« tique no nous seront plus suspectes » à cause qu'elles sont très évidentes ; et si nous eperee*
PREMlEâE PARTIE.
roM qoahiiie okofe par nos wds, toit en teilUint, »ît en dormant, poorva qne noos séparions ce fill y aora de dair et de distinct en la notion qne ions aurons de cette chose deoe qui sera obscur et ooDfiM, nons pourrons facilement nous assurer de oe qui wm vrai. Je ne m*étends pas Id davanta^ sur €8 sujei, parce qoe J'en ai amplement traité dans les Méditations de ma métaphysique, et es qal aulTra tantét servira encore à l'expliquer ■ieu.
». Qaenos erreurs aa regard de Diea ne Boot que des négatioas, maia au regard de nous aont des priinuioQS o« des
Maie ptpee qu'il arrlTe que nous nous mépro- SODS aouTMilt quoique Dieu ne soit pas trompeur, m Bow déairons rechercher la cause de nos er* leors et oa découvrir la source, afin de les eorri- Sor, Il faut que nous preoions garde qu'elles ne dépendeat pas tant de notre entendement comme de ooiro Tolonté, et qu'elles ne sont pas deschoses on deo snbotanose qui aient besoin du concours sctool de Dieu pour être produites; en sortequ'elles us sont i son égard que des négations, c'6St*4-dlre qall ne noua a pas donné tout ce qu'il pouvoit nous dooner , et que nous voyons par même moyen qall o'^tolt point tenu de nous donner ; au lieu qa'à notre é^d elles sont des défsnta et des taperfecHono.
SL QiniD^aeo nous que deux sortes de peneées^ à savoir h perception de renteudement et factioD de la Yolooté.
Car toatea laa façons de penser que noua remarqoMia OD nous peuvent être rapportées à deux ^néralea^ dont l'une consiste i apercevoir par renteudement, et l'autre à se déterminer par la volonté. Ainsi sentir, imaginer et même concevoir d£s dioses purement Intelligibles, ne sont que des façons différentes d'apercevoir ; mais désirer , avoir de TaversioB, assurer, nier, douter, sont des Agcms diflSrentea de vouloir
AL QM BOUS ne noBs tromwns que lorsque nous Jugeoea de quelque cliose qui ne nous est pas assez coooue.
Lorsque nous apercevons quelque chose, nous ne sommes point en danger de nous méprendre « noos n'en Jugeons en aucune foçon ; et quand isême nous en jugerions, pourvu que nous ne donniODS notre consentement qu'à ce que nous coDDoIssoDS clairement et distinctement devoir are compris en ce dont nous jugeons, nous ne I non plus faillir ; mais ce qui fait que nous ^trompons ordinairement est que nous jugeons bien souvent, encore que nous n'ayons pas une coonoissanee bien eiacte de ce dont nous ju-
Sl^onelavotonté
aussi bien qos r< pour Juger.
fletreqatos
J'avoue que nous ne saurions juger de rien, s! notre entendement n'y Intervient, parce qu'il n'y a pas d'apparence que notre volonté se détermine sur ce que notre entendement n'aperçoit en aucune façon ; mais comme la volonté est absolo' ment néceœaire, afin que nous donnions notre consentement à ce que nous avons aucunement aperçu, et qu'il n'est pas nécessaire pour hire un jugement tel quel que nous ayons une connoissanoe entière et parfaite; de là vient que bien souvoit nous donnons notre consentement à des choses dont nous n 'avons Jamais eu qu'une oon« noissanoe fort confuse.
SB. Qu*elle a plus d*éteDdue que lui, et que de I& vleanept nof erreurs*
De plus, l'entendeBwnt na s'étend qu'à ce peu d'objets qui se présentent à lui, et sa connoissanc^ est toujours fort limitée, au lieu que la volonté en quelque sens peut sembler infinie, parce que nous n'apercevons rien qui puisse être l'ol^^t de quelque autre volonté, même de cette immense qui est en Dieu, à quoi la nétre ne puisse aussi s'étendre; oe qui est cause que nous la port<NM ordinairement au-delà de ce que nous connoi»* sona clairement et distinctement ; et lorsque noua au abusons de la sorte, ee n'est pas merveille s'il nous arrive de noua méprendre*