tesquéUes ne peuvent Mre imputées ft Dieu
Or, quoique Dieu ne nous ait pas donné un
entendement tout connoissant, nous ne devons pas croire pour cela qu'il soit l'auteur de nos erreurs, parce que tout entendement créé est fini, et qu'il est de la nature de l'entendement fini de n'être pas tout connoissantr
ST. Oue la principale perflèoUon de rkomne est d'avoir un libre arbitre, et que c'est ce qui le rend digne de louange ou de biAme.
Au contraire, la volonté étant de sa nature tria étendue, oe nous est un avantage trèa grand de pouvoir agir par son moyen, c'estrà-dire librement ; en sorte que noua soyons tettement les maîtres de nos actions, que nous sommes dignes de louange lorsque nous les conduisons bien ; car tout ainsi qu'on ne drane point aux machines qu'on volt se mouvoir en pluaienrs fiiçons diverses, aussi justement qu'on sauroit désirer, des louanges qui se rapportent véritablement à elles, parce que ces machines ne représentent aucune action qu'elles ne doivent laire par le moyen de leurs ressorts, et qu'on en donne à l'ouvrier qui les a fcltcs, parce qu'il a eu le pouvoir et la vo-
LES PRINCIPES DE lA PH1U)S0PH1£.
loDlé de les oomposer avec tant d*artifice , de même on doit nous attribuer quelque chose de plus, de ce que nous choisissons ce qui est yrai, lorsque nous le distinguons d*ayecle faux par une détermination de notre yolonté, que si nous y étions déterminés et contraints par an principe étranger.
9. Que DOS erreon sont des déCMiu de notre bçon d*agfr, mab Doo point de noire natore; et que les fsuics des sujets pcareot souvent être aitriboées aux autres matires, mais non point à Dieu.
U est bien Trai que toutes les Ibis que nous fUUons, il y a du défaut en notre façon d*agir ou en Tusage de notre liberté ; mais il n'y a point pour cela de défaut en notre nature, à cause qu'elle est toujours la même quoique nos jugements soient vrais ou faux. Et quand Dieu auroit pu nous donner une connoissance si grande que nous n'eussions jamais été sujets à faillir, nous n'avons aucun droit pour cela de nous plaindre de lui; car encore que parmi nous celui qui a pu empêcher on mal et ne l'a pas empêché en soit blâmé et Jugé comme coupable, il n'en est pas de même à regard de Dieu, d'autant que le pouvoir que les hommes ont les uns sur les autres est institué afin qu'ils empêchent de malfiiire ceux qui leur sont inférieurs, et que la toute-puissance que Dieu a sur l'univers est très absolue et très libre. C'est pourquoi nous devons le remercier des biens qu'il nous a faits, et non point nous plaindre de ce qu'il ne nous a pas avantagés de ceux que nous oonnolssons qui nous manquent et qu'il auroit peut-être pu nous départir.
SS. Que la liberté de notre Tolonté se oonnolt sans preure, par la seule expérience que nous en avons.
Au reste, il est si évident que nous avons une volonté libre qui peut donner son consentement ou ne le pas donner quand bon lui semble, que cela peut être compté pour une de nos plus communes notions. Nous en avons eu ci-devant une preuve bien claire ; car, au même temps que nous doutions du tout et que nous supposions même que celui qui nous a créés employolt son pouvoir à nous tromper en toutes feçons, nous apercevions en nous une liberté si grande que nous pouvions nous empêcher de croire ce que nous ne connoisslons pas encore parfaitement bi«i. Or ce que nous apercevions distinctement, et dont nous ne pouvions douter pendant une suspension si générale, est aussi certain qu^aucune antre chose que nous puissions jamais connoitre.
40. Que nous savons aussi très certainement que Dieu a préordonné toutes dioses.
Mais 1 cause que ce que nous avons depuis ^
connu de Dieu nous assure que sa puiMoiee «t si grande que nous ferions un crime de penser que nous eussions jamais été capables de faire aucune chose qu'il ne l'eût auparavant ordonnée, nous pourrions aisément nous embarrasser en des difficultés très grandes, si nous entreprenions d'accorder la liberté de notre volonté avec ses ordonnances, et si nous tâchions de comprendre, c'està-dire d'embrasser et comme limiter avec notre entendement toute rétendue de notre libre arbitre et l'ordre de la Providence éternelle.
4i. comment on peut accorder notre Kbre arbitre atec .la préordination divine.
Au lieu que nous n'aurons point du tout de peine à nous en délivrer, si nous remarquons que notre pensée est finie, et que la toute-puîssanoe de Dieu, par laquelle il a non-seulement connu de toute éternité ce qui est ou qui peut être, mais il l'a aussi voulu, est infinie. Ce qui fait que nous avons bien assez d'întelligence pour oonnoitreclairement et distinctement que cette puissance est en Dieu ; mais que nous n'en avons pas assez pour comprendre tellement son étendue que nous , puissions savoir comment elle laisse les actions des hommes entièrement libres et Indéterminées; et , que d'autre cêté nous sommes aussi tellement assurés de la liberté et de rindifférenoe qui est en nous qu'il n'y a rien que nous oonnoiasions plus clairement; de façon que la toute-puissance de Dieu ne nous doit point empêcher de la croire. Car nous aurions tort de douter de ce que nous apercevons intérieurement et que nous savons par expérience être en nous, parce que nous ne comprenons pas une autre chose que nous savons être incompréhensible de sa nature.
4a. Comment encore que nous ne voulions jamais fyJSBr, c*est néanmoins par notre volonté que nous faiUoiis.
Mais, parce que nous savons que l'erreor dépend de notre volonté et que personne ii*a la volonté de se tromper, on s'étonnera peut-être qu'il y ait de l'erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu'il y a bien de la différence entre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement i des opinions qui sont cause que noua nous trompons quelquefois. Car eucore qu'il n'y ait personne qui veuille expressément se méprendre, il ne s'en trouve presque pas un qui ne veuille donner son consentement à des choses qu'il ne counoît pas distinctement; et même il arrive souvent que c'est le désir de connoitre la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l'ordre qu'il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, à cause qu'il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses