‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 128 sur 306 · La preuve de la première partie de cette règle · texte numérisé non relu

La preuve de la première partie de cette règle

On connoîtra encore mieux la vérité de la prfr> mière partie de cette règle si on prend garde à la diiTérence qui est entre le mouvement d'une chose et sa détermination vers un cAté plutét que vers on autre, laquelle différence est cause que cette détermination peut être changée sans qu'il y ait rien de changé au mouvement. Car de ce que chaque chose telle qu'elle est continue toujours d'être comme elle est en soi simplement, et non pas comme elle est au regard des autres, jusques à ce qu'elle soit contrainte de changer d'état par la rencontre de quelque autre, il faut nécessairement qu'un corps qui se meut et qui en rencontre un autre en son chemin, si dur et si ferme qu'il ne sauroit le pousser en aucune façon ^ perde entièrement la détermination qu'il avoit i se mouvoir vers ce cêté-là, d'autant que la cause qui la lui fait perdre est manifeste, à savoir la résistance du corps qui l'empêche de passer outre; mais il ne fout point qu'il perde rien pour cela de son mouvement, d'autant qu'il ne lui est point Até par ce corps, ni par aucune autre cause, et que le mouvement n'est point contraire au mouvement.

4S. La preuve de la seconde parUe.

On connoîtra mieux aussi la vérité de l'autre partie de cette règle ^i on prend garde que Dieu

ne change jamais sa façon d'agir, et qu'il conserve le monde avec la même action qu'il l'a créé. Car tout étant plein de corps, et néanmoins chaque partie de la matière tendant à se mouvoir en ligne droite, il est évident que, dès le commencement que Dieu a créé la matière, non-seulement il a mû diversement ses parties, mais aussi qu'il les a faites de telle nature que les unes ont dès lors commencé à pousser les autres et A leur communiquer une partie de leur mouvement; et parce qu'il les maintient encore avec la même action et les mêmes lois qu'il leur a fait observer en leur création, 11 faut qu'il conserve maintenant en elles toutes le mouvement qu'il y a mis dès lors, avec la propriété qu'il a donnée à ce mouvement de ne demeurer pas toujours attaché aux mêmes parties de la matière, et de passer des unes aux autres, selon leurs diverses rencontres; en sorte que ce continuel changement qui est dans les créatures ne répugne en aucune façon à l'immutabilité qui est en Dieu et semble même servir d'argument pour la prouver.

45. En quoi consiste la force de chaque ooips pour agir ou pour résister.

Outre cela il &ut remarquer que la force dont un corps agit contre un autre corps, ou résiste à son action, consiste en cela seul que chaque chose persiste autant qu'elle peut à demeurer an même état où elle se trouve, conformément i la première loi qui a été exposée ci-dessus : de façon qu'un corps qui est jointe im autre corps a quel* que force pour empêcher qu'il n'en soit séparé ; et, lorsqu'il en est séparé, il a quelque force pour empêcher qu'il ne lui soit joint ; comme aussi, lorsqu'il est en repos, il a de la force pour demeurer en ce repos, et par conséquent pour résister à tout ce qui pourroit le faire changer ; et de même, lorsqu'il se meut, il a de la force pour continuer son mouvement, c'est-a-dire pour se mouvoir avec la même vitesse et vers le même cêté ; mais on doit juger de la quantité de cette force par la grandeur du corps ou elle est, et de la superficie selon laquelle ce corps est séparé d'un autre, et aussi par la vitesse du mouvement, et les façons contraires dont plusieurs divers corps se rencontrent.

44. Que le mouvement n*est pas contraire à un autre moavement, mais au repos, et la détermioatioo d'un mouvement vers un cOté à sa détermioaUon vers un antre.

De plus, il faut remarquer qu'un mouvement n'est pas contraire à un autre mouvement plus vite ou aussi vite que soi, et qu'il n'y a de la contrariété qu'en deux façons seulement, à savoir en*

SEœNDE PARTIE.

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tteie BwreineDt et le repoe» ou bien entre la vlleieetlatardiveté dn mouvement, en tant que

! eeUetinliTeté participe de la nature du repo» ; et ntnia détermination qu'a un corps à se mouwlriers quelque côté et la résistance des autres corps qa'il rencontre eu son chemin, soit que ces

I utres corps se reposent, ou qu'ils se meuvent autrei&e&tqae lui, ou que celui qui se meut ren- «Dire diTersement leurs parties : car, selon que caeorpiae trouvent disposés, cette contrariété otplos os moins grande.

ACoBBent OD peut détenniiier combien les corps qui u laxoDticot disngcnl H» moutemeDU les uns des autres urb règles qdsoHeDt.

Or, afin que nous puissions déduire de ces priDc^ comment chaque corps en particulier iipente ou diminue ses mouvem^ts, ou change biir détennlnatiOD à cause de la rencontre des utro corps, il faut seulement calculer combien il fade ibrce en chacun de ces corps pour mouvoir M posr résister au mouvement, parce qu'il est (rident que celui qui en a le plus doit toujours Naire son effet et empêcher celui de l'autre ; e( ce calcul seroit aisé à faire en des corps parbltemeatdurs, s'il se pouvoit faire qu'U n'y en flit point plus de deux qui se rencontrassent ni ^le touchassent l'un l'autre en même temps, (I qu'ils fussent tellement séparés de tous les ntres, tant durs que liquides, qu'il n'y en eût auauqBl aidât ni qui empêchât en aucune façon leurs mouvements, car alors ils observeroient les îidles soîTantes.

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