La quatrième
U quatrième, que si le corps C étolt tant soit peu plus grand que B, et qu'il fût entièrement en repos, c'est-à-dire que non -seulement il n'eût point de mouvement apparent, mais aussi qu*ll ne fût point environné d'air, ni d'aucuns autres corps liquides (lesquels, comme je dirai ciaprès, disposent les corps durs qu'ils environnent à pouvoir être mus fiort aisément), de quelque vitesse que B pût venir vers lui, jamais 11 n'aurolt la force de le mouvoir, mais il seroit contraint de rejaillir vers le même côté d'où il seroit venu. Car d'autant que B ne saurolt pousser C sans le faire aller aussi vite qu'il irolt soi-même par après, il est certain que C doit d'autant plus résister que B vient plus vite vers lui, et que sa résistance doit prévaloir à l'action de B, à cause qu'il est plus grand que luL Ainsi, par exemple, si C est double de B, et que B ait trois degrés de mouvement, il ne peut pousser C, qui est en repoe, si ce n'est qu'il lui en transfère deux degrés, à si^ voir un pour chacune de ses moitiés, et qu il retienne seulement le troisième pour sol, à cause qu'il n'est pas plus grand que chacune des moltiés de C, et .qu'il ne peut aller par ap« P™ vite qu'elles. Tout de môme, si B a trente degrtt de vitesse, il faudra qu'il en communique vingt à C; s'il en a trois cents, qu'il en communique deux cents ; et ainsi toujours le double de ce qu a retiendra pour sol. Mali puisque C est en repos,
LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE
il r^if t« dix ffils plus ^ {4 rfetipt^W 4? Y'^lrt ^8^ gré^ flu'4 cellt) dP 4eMX| ^( «flt {pif pl^iç ^ 1» r^r ceptioD de deux cents ; eo sorte que d*ai|(à¥i| pluj que B a de vitesse, d'autant plus trouve-t-ii en C de réststanoa; ftl paroi que chacune des ipoiti^ 4® C a autant de force r.our demeurer en sop repos que B en a pouF la pousser, ei qu'elles lui résistent toutes deux en même temps, il est éri* dent qu'elles doivent prévaloiit à le contraindre (de rejaillir. De façon <|ue, de quelque vitesse que B aille vers G ainsi en repos et plus grand qqe lui, jamais il ne peut avoir la force de le moflvoir.'
«oi. u dqgoitaie,
La ^^^qul^fne ^ gpe, s) (^^ contraire le corps Ç étpit tap^ ^it peu mqipdf*^ que B, çeluI-ci ne ^ur^}t «)liep sj leqfemeqt ycr? Tautrc^ lequel je «uppose mç!^€i par fi^it^infint pq repos, qu'il 9'eât la force de le ppusser pt de lui (fan^érer IfL partie de spi) nioiivepiept qui seroit requise pour faire qi)'Us ^llî){f3pi)t par aprè^ dp mémo vite^e : à ^' voir si B étoit double de C, il ne lui transféreroit que le tiers de son mouvement, à cause que ce tiers feroit mouvoir C aussi vite que les deux autres tiers feroient mouvoir B, puisqu'il est suppose deux fois aussi grand ; et ainsi apris que B àurolt rencontré C, il iroit d'un tiers plus lenter ment qu'auparavant, c'est-i-dire qu'en autant de temps qu'il auroit pu parcourir auparavant troif espaces, il n'en pourroit plus parcourir que dem, Tout de même, si B étoit troi^ foie pi m graqd que G, il ne lui transférerait que la quatrième partie de son mouvement, et ainal des antres ; et B ne sauroit avoir si peu de force qu'elle ne lui suffise toujours pour mouvoir G : car il est oerr tain que les plus foibles mouvements doivent spi? ver les mêmes lois et avoir à proportion les mêmes effets que les plus forts, bien que souvent on pense remarquer le contraire sur cette terre, i cause de l'air et des autres liqueurs qui environnent toujours les corps durs qui 9e meuvent, et qui peuvent beaucoup augmenter ou retarder leur vitesse, ainsi qu'il paroitra ci-apris.
L(| oixi^e, gqe si )e porps G étoit çn repos et Pf^riait^m^Ot ègi\ en ^[randeur au corps B, qui se iQ^ut Yerçlltli il f^udroit nécessairement qq'iî fât W pàVWd P^ug^ Pf^r B, et qu'en partie il le fît rejajUir ; ^n i|orte que^ si B étoit venu ^ers G avec Quatre d^rés de vitesse , il faudroit qu'il lui en frai^sfér^t uq, et qu'avec les trois autres il retguf p^i yeris le cêté d'où |1 ^rpit venu. Car étant nécessaire, ou bien que B pousse G sans rejaillir,
et a|ns! qu'il lui transAre deux degrés de son mouvement, on bien qu'il rejaillisse sans le pou»* ser, et que par conséquent il retienne ces deux degrés de vitesse avec les deux autres qui ne lui peuvent être êtes, ou bien enfin qu'il rejaillisse ea retenant une partie de ces deux degi^ et qu'il le pousse en Iiii en transférant l'autre partie, il est évident que puisqu'ils sont égaux, et ainsi gq'ii n'v a pas jÂus de raison pourquoi il doive rejaillir que pousser 6, ces deux effets doivent être également partagés : c'eet-i-dire que B doit transférer à G l'un de ces deux degrés de vitesse,
st. La septième.
La septième el deraitee rtgla est que, fl B 8( € vont vers un même eêté, et que C pnioide, mais aille plus lentement que B, eo sorte qo^il soit enfin atteint par lui, il peut arriver que B transférera une partie de sa vitesse i € peur I9 pousser devant soi, et il peut aniver aussi qa'll ne lui en transférera rien du tout, nais rejaillira avec tout son mouvement vers le oêté d'eu il ser) venu ; à savoir, non-seulement lonque G est pioi petit que B , mais aussi lorsqu'il est plus grand, pourvu que ce en quoi la gran deur de G surpaiei celle de B soit moindre que ce en quoi la vite^e de B surpasse celle de G, jama-is B ne dort rejail* lir, mais il doit pousser G en lui transffraot une partie de sa vitesse; et au contraire, lonque oe en quoi la grandeur de G surpasse celle dé B est plus grand que ce en quoi la vitesse de B sarp^ se celle de G, il faut que B rejaillisse sans rien communiquer à G de son mouvement; et enfin lorsque l^xeès de gyai^deur qui est ^ Ç ^st parfiitement égal à Vfm^ dff vitesse qui e^t en B, celui-ci doit transférer uue partje de spn mpurement à l'autre et r^aillir f^yac Ip feste ; ce qui peut être suppnté en cette façon. |5i G est justement deux fois aus$i grand que B, pt que ^ ne w meuve pas deu:( fois au^ vlt^ que Ç, mais qu'il en manque quelque pl)osft, Q dpit N^iHir f^^ augmenter ie mouvement de Ç ; et si B se neqt plus de deux fois aussi vite que C, il n^ dqi( point r^ailUr, mais il doit trau^ftrPF a«taD| # son mouvement à G qu'il est requis pour faire ga*jis se meuvent tous deux par après de même vitesse. Par exemple, si G n'a que deux degrés de vitesse, et (}ue B pn ait cinq, qi}i est plus que le double, il lui en doit communiquer deux dé ses cinq, lesquels deux étant en C n'en feront qu'un, à cause que Ç est deux fois aussi grand que B, et ainsi llf iront tous deux par après avec trois degrés de vitesse. Et les démonstrations de tout ceci sont si certaines qu'encore que l'expérience'aoaB somUereit
SECONDE PARTIE
faire Toir le contraire, nops serions néfomoins ob%é$ d*a|0Qt|3r plus de foi à Qptfe raispn qu*à
DÛS seps.
H Qoerexplcatk» de ces règles est (Uflclle , I cause que dttaae ootm eat toocbé nai niiMlfiiri tiiues en ntiM
temps.
fia effet, H ai9ive Muveat que l^xperienoa ^Kinbler d'atipr-d r^pugo^ aux rigles que Je vm d'expliquer, mais la raison ei^ est évidente ; car eliei prérappoeent que les deux corps B et 0 Dot pirfajtement durs, et teHement ^paris de toos lei autres qa'ii n'y en a aucun autour d'eux qui puisse aider ou empêcher leur mouvement ; it DOQS n'en voyons point de tels en ce monde. G'eit pourquoi, avant qtt*on puisse juger si elles s'y observent ou non, i| ne suffit pas de savoir eomneot deux oorpe, tels que B et C, pepvenl ^\T TuD oontre Fautre lorsqu'ils se rencontrent, mais il ftnt outra cela considérer comment tous la autns corps qui les environnent peuvent augr neoter oo diminuer leur action ; et parce quil l'j a rien qui leur lasie avoir en ceci des eîilats dilKéreots, sinon }a dlfléreace qui est entr« eux , ei M que les uds sont liquides ou mous et les lotni durs, il esl besoin que nous examinions en ttt todroit ep quoi consistent ces deux qualités fhredar et d'^M liquide.
a En fpo| «oomie )• fia^Hi^ dei cpiffs dun (rt M
çuidos.
En quoi nous devons premièrement recevoir le ibolgoage de nos sens, puisque ces qualités se Apportent à eux : or, ils ne nous enseignent en ^ taire chose, sinon que les parties des corps Bqnides cèdent si aisément leur place qu'elles ne foQt point de résistance k nos mains 16rsqu*ellpa 1» rencontrent , et qu*au contraire les pfirties fie^ ^rps durs sont tellement jointes les unes au( ntres qu'elles ne peuvent être séparées sans une force qui rompe cette liaison qui est entre elles. bsQite de quoi si nous examinons quelle peut ^ la cause pourqqol certains corps cèdent leur piice sans ftlre de résistance, et pourquoi les totrss ne la cèdent pas de même, nous n'en trou- ^^ point d'autre, siqon que les corps cjui sont <iiji en action pour se mouvoir n*empêchent Not que les lieux qu'ils sont disposés ^ quitter ^'eoi- mêmes ne soient occupés par d'autres ^ips ; mais que ceux oui sont'en repos ne peuvent £tre chasés de leur place sans quelque force ^i Tienne d'ailleurs, afin de causer en eux ce Rangement. D'où il suit qu'un corps est liquide lorsqu'il est divisé en plusieurs petites parties qui >e meuvent séparément les unes des autres en rlosleors laçons diflSrentes, et qu'il est dur lors-
que tontes ses parties s'entre-touchei)t ^^ Sfr^ ^n ^tion poqr s'éioi|[ner Tpne de rftutfe.
sa. Qa*nD*y a rien qui Joisae les parties <les corps dors, slppii fl^'^l|^ iQfif en rrP99 ^u «Wf d lune dfl ranua.
Et je ne crois p^s qu*pn puisse Imaginer ^ilCHK ciment plus propre à joindre en^qible l^s p^f (jgf des corpH durs que leuf propre repof{. ^af de quelle nature pourroitril être? il ne sçrq pj(s Hpe chosp qui subsiste de soiruiênie ; cap t9^(e9 qt'9
petite^ p^r^l^? ^^Q^ ^^fi ^^^^^^^^1 pQiir qq^iU
raispn sefoient- elles plutêt unies paf 4*^H(r^4 substances que par elles-mêpes? il gg f^ff^ paf apssi upe qualité diiïéfente du repos, pjirçe ^u'ij n'y a aucune qualité plus ppntcf ife §{) inoiiv^ ment ^ui ppurroit séparer ces parties q}ie le reggf qui est ^n elles; mais, outfê les substai^çes §{ leura qualités, nous ne conpoisspns poii)t qu'il v ait d'autres genres de çbQse«.
(N* Quel» parties d«i eorpt fluides ob| des nomeBenls qtà lencjcfjf t^^kmm fie ^^ çùtf^, et ^ la iReinf|«p fprea sului pour mpuvofr }fs corps dura qu*e|l^ fiP^'NI)?^;
Pour ce qui est des corps fluides, bien oue BOUS ne voyions point que leurs parties se meur vent, d'autant qu'elles sont trop petites, nous pouvons néanmoins le çonnottre par plusieufs efléts, et principalement parce que l'air et l'eau corrompent plusieurs autres corps, et que les parties dont ces lli^ueurs sont composée; ne pourroient produire une action corporelle tejle qu'est cette corruption si elles ne se rempotent actuellement. Je montrerai ci-après quelles sont les causes qui font mouvoir ces parties, ^ais la difficulté que nous devons examiner ici ^t que les petites parties qui composent ces porps fluide^ ne sauroient se mouvoir toutes en même tepapi de tous oAtés, et que néanmoins cela semble êtrq requis afin qu'elles n'empêchent pas le mouye* ment des corps qui peuvent venjr vers elles de tous cAtés, comme en effet nous vqyons f|u'elle| ne ^empêchent point. Car si nous supposons, par exemple, que le corps dur p ^ meut vers Ç > et que quelqiies parties (Iq la liqueur qui est entre deux se meuvent de G vers B ^ tant s'ep faut que celles-là facilitent le mouvement de B vers Q qu'au contraire elles Tempêchent ))^af)poup plus que si elles étoient tout-à-fait sans mouvement. Pour r^u()f a petfg 4ifflPH^^» POUa «tus (pufiandrppi ^n cet ^q(|rqit qufi le |noi|veii»eat asiaaa» tf^ire ^^ repos, et qpu p^ |iM mPUTomeat, al que la détermin^tipp d'un inouvemaat vers uo ofité est contraire ^ la 4éterminatiQU veta le oêté opposé, comme |l i^ été remarqué ci-desiuii el
WTeyesfisarevn;
LES PRraCIPES DE LA. PHILOSOPHIE.
aussi que tout ce qui se meut teud toujours à continuer de se mouvoir en ligne droite : ensuite de quoi il est évident que lorsque le corps B est en repos, il est plus opposé, par son repos, aux mouvements des petites parties du corps liquide D, prises toutes ensemble, qu'il ne leur seroit opposé par son mouvement sUl se mouvoit ; et pour ce qui est de leur détermination, il est évident aussi qu'il y en a tout autant qui se meuvent de C vers B, comme il y en a qui se meuvent au contraire ; d'autant que ce sont les mêmes qui, venant de G, heurtent contre la superficie du corps B et retournent par après vers G. Et bien que quelques-unes de ces parties, prises en particulier, poussent B vers F à mesure qu'elles le rencontrent, et l'empêchent par ce moyen davantage de se mouvoir vers G que si elles étoient sans mouvement , néanmoins, parce qu'il y en a tout autant d'autres qui, tendant de F vers B, le poussent vers C, il n'est pas plus poussé par elles toutes d'un cOté que d'un autre, et ne doit point ae mouvoir s'il ne lui arrive rien d'ailleurs, à cause que, quelque figure que l'on suppose en ce corps B, il y aura toujours justement autant de ces parties qui le pousseront vers un côté, comme il y en aura d'autres qui le pousseront au contraire, pourvu que la liqueur qui Tenvironne n'ait point de cours semblable à celui des rivières qui la fasse couler tout entière vers quelque part. Or, je suppose que B est environné de tous côtés par la liqueur FD ; mais il n'importe pas qu'il soit justement au milieu d'elle : car encore qu'il y en ait plus entre B et G qu'entre B et F, elle n'a pas pour cela plus de force à le pousser vers F que vers C, parce qu'elle n'agit pas tout entière contre lui, mais seulement par celles de ses parties qui touchent sa superficie. Nous avons considéré jusques à cette heure le corps B comme étant en repos ; mais si nous supposons maintenant qu'il soit poussé vers G par quelque force qui lui vienne de dehors, si petite qu'elle puisse être, elle suCQra, non pas véritablement à le mou- Toir toute seule, mais à se joindre avec les parties du corps liquide PD, en les déterminant à le pousser aussi vers C, et i lui communiquer une partie de leur mouvement.