‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 131 sur 306 · La preote de rarUcle préoédeot · texte numérisé non relu

La preote de rarUcle préoédeot

AAd de connoltre ceci plus distinctement, considérons que quand 11 n'y a point de corps dur dans le corps fluide FB, ses petites parties aeioa aont disposées comme un annedu, et qu'elles se meuvent circulaireroent suivant l'ordre des lettres a e î ; et que celles qui sont marquées ouyaose meuvent de même suivant l'ordre des lettres o u n.

Gar, afin qu'un corps soit fluide, les petites parties qui le composent doivent se mouvoir en plusieurs façons différentes, comme il a été déjà remarqué. Mais supposant que le corps dur B flotte dans le fluide FD entre ses parties a et o sans se mouvoir, considérons ce qui en arrive. Premièrement, il empêche que les petites parties aet o ne passent d'o vers a et n'achèvent le cercle de leur mouvement; il empêche aussi que celles qui sont marquées o u y a ne passent d'à vers o ; de plus, celles qui viennent d'î vers o poussent B vers G, et celles qui viennent pareillement d'y vers a lo poussent vers F, d'une force si égale que, s'il n'arrive rien d'ailleurs, elles ne peuvent le faire mouvoir ; mais les unes retournent d'o vers n, et les autres d'à vers e, et au lieu des deux drcuiations qu'elles faisoient auparavant, elles n'en font plus qu'une suivant l'ordre des lettres aeiouya. Il est donc manifeste qu'elles ne perdent rieQ.de leur mouvement par la rencontre du corps B, et qu'elles changent seulement leur détermiDation, et ne continuent plus de se mouvoir suivant des lignes si droites ni si approchantes de la droite que si elles ne le rencontrolent point en leur chemin. Enfin, si nous supposons que B soit poussé par quelque force qui n'étoit pas en lui auparavant, je dis que cette force étant jointe è celle dont les parties du corps fluide qui viennent d'î vers 0 le poussent vers G, ne sauroit être si petite qu'elle ne surmonte celle qui fait que les autres qui viennent d'y versa le repoussent au contraire, et qu'elle suffit pour changer leur détermination et faire qu'elles se meuvent suivant l'ordre des lettres ayuo, autant qu'il est requis pour ne point empêcher le mouvement du corps B ; parce que quand deux corps sont déterminés à se mouvoir vers deux endroits directement opposés l'un à l'autre et qu'ils se rencontrent, celui qui a plus de force doit changer la détermination de l'autre. Et ce que je viens de remarquer touchant les petites parties aeîouy se doit aussi entendre de toutes les autres parties du corps fluide PD, qui heurtent contre le corps B, à savoir que celles qui le poussent vers G sont opposées à un nombre égal d'autres qui le poussent à l'opposite, et que pour peu de force qui survienne aux unes plus qu'aux autres, ce peu de force suffit pour changer la détermination de celles qui en ont moins; et quand même elles ne décriroient pas des cerdes tels que ceux qui sont ici représentés, elles emploient sans doute leur agitation à se mouvoir circulairement, ou bien en quelques autres façons équiva* lentes.

SECONDE PAR'nE.

H. Vm ûorpê M doit pas être estfmé eotièraiieiit fluide ao r^ard d*iitt corps dur çpifL eirviroDne, qnaood quelqoeMnes de ect partias ae meofeot molOBviie qoeselUt

Or la determiDation des petites parties du corps fluide qai empéchoieot le corps B de se mouvoir Ters CétaDt ainsi changée, ce corps commencera de se mouToir, et aura tout autant de vitesse qa*en alaforce qui doit être ajoutée à celles des petites parties de cette liqueur pour le déterminer à ce moDTement ; pourvu toutefois qu*il n'y en ait aucunes parmi elles qui ne se meuvent plus vite ou du motos aussi vite que cette force, parce que, s'il y en a quelques-unes qui se meuvent plus lentement, on ne doit pas considérer ce corps comme liquide, en tant qu'il en est composé ; et en ce cas aussi la moindre petite force ne pourroit pas mou- Toir le earps dur qui seroit dedans, d'autant qu'il budrût qu'elle fût si grande qu'elle pût surmonter la réûstance de celles qui ne se remueroient pas assez Tite. Ainsi nous voyons que l'air, l'eau et les autres corps fluides résistent assez sensiblement aux corps qui se meuvent parmi eux d'une vitesse extraordinaire, et que ces mêmes liqueurs leur cèdent très aisément lorsqu'ils se meuvent plus lentement.

S9. ^im corps dur étant poossé par on autre ne reçoit pas de kn seul tout le mouvemeot qa1l acquiert, mais ea eopimite aussi une partie du corps fluide qui TeuTi-

ToQtefols nous devons penser que, lorsque le earps B est mû par une force extérieure, il ne reçût pas son mouvement de la seule force qui l'a pottssé, mais qu'il en reçoit aussi beaucoup des petites parties du corps fluide qui l'environne, et que cdles qui composent les cercles aeio et ayuo perdent autant de leur mouvement comme elles ett communiquent aux parties du corps. B qui sont entie o et a, parce que ces parties participem an mouvements circulaires aeioa et a y i»o a, nonobstant qu'elles se joignent. sans cesse i d'astres parties de cette liqueur pendant qu'efles «vaooent vers C, ce qui est cause aussi qu'elles ne reçoivent que fort peu de mouvement de ckacone en particulier.

SQL QbI ae peot lOQlefob avoir plus de vitesse .que ce corps dur ne lui en donne.

Mais fl faut que je rende raison pourquoi je n'ai pas dit ci-dessus que la détermination des parties c f li o devolt être entièrement changée, mais SMlenaait qu'elle devoit l'être autant qu'il étoit requis pour ne point empêcher le mouVement du corps B ; dont la raison est que ce corps B ne se peot mouvoir plus vite qu'il n'est poussé par la tant extérieure, encore que les parties du corps

MSCIKIBS.

fluide FB aient souvent beaucoup plus d'agitation. Et c'est ce qu'on doit soigneusement observer en philosophant, que de n'attribuer jamais à une cause aucun effet qui surpasse sou pouvoir. Car si nous supposons que le corps B, qui étoit environné de tous cAtés de la liqueur FD sans so mouvoir, est maintenant poussé assez lentement par quelque force extérieure, à savoir par celle de ma main, nous ne devons pas croire qu'il se meuve avec plus de vitesse qu'il n'en a reçu de ma main, parce qu'il n'y a que la seule impulsion qu'il a reçue de ma main qui soit cause de ce qu*il se meut; et bien que les parties du corps fluide se meuvent peut-être beaucoup plus vite, nous ne devons pas croire qu'elles soient déterminées à des mouvements circulaires, tels que aeioa etayuoa^ on autres semblables qui aient plus de vitesse que la force qui pousse le corps B, mais seulement qu'elles emploient l'agitation qu'elles ont de reste à se mouvoir en plusieurs autres façons.

61. Qu'un oorps fluide qui se meut tout entier vers quelque côte emporte nécessairement avec soi tous les corps durs qu'il contient ou environne.

Or il est aisé de connottre, par ce qui vient d'être démontré, qu'un corps dur qui est en repos entre les petites parties d'un corps fluide qui l'environne de tous côtés est également balancé, en sorte que la moindre petite force le peut pousser de cêté et d'autre, nonobstant qu'on le suppose fort grand, soit que cette force lui vienne de quelque cause extérieure, ou qu'elle consiste en os que tout le corps fluide qui l'environne prend son cours vers un certain côté, de même que les rivières coulent vers la mer, et l'air vers le couchant lorsque les vents d'orient soufflent; car en ce cas il faut que le corps dur qui est environné de tous côtés de cette liqueur soit emporté avec elle; et la quatrième règle, suivant laquelle il a été dit ci-dessus qu'un corps qui est en repos ne peut être mû par un plus petit, bien que ce plus petit se meuve extrêmement vite, ne répugne en aucune façon à cela.

6fl. Qu'on ne peut pas dire proprement qu'un corps dur se meut lorsqu'il est ainsi emporté par un corps fluide.

Et même si nous prenons garde à la vraie nature du mouvement, qui n'est proprement que le transport du corps qui se meut du voisinage do quelques autres corps qui le touchent, et que ce transport est réciproque dans les corps qui se touchent l'un l'autre, encore que nous n'ayons pas coutume de dire qu'ils se meuvent tous deux, nous saurons néanmoins qu'il n'est pas si vrai de dire qu'un corps dur se meut lorsque, étant environné de tous côtés d'une liqueuri il obéit à son cours»

LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE

qae s'il avoit tant de force pour lui résister qu*il pût s'empêcher d'être emporté par elle, car il s'éloigne beaucoup moins des parties qui TenTiron^ nent lorsqu'il suit le cours de cette liqueur que lorsqu'il ne le suit point.

68» D*où "rient qo*U y a dei oorp» al durs quMb ne peuvent être dlviaés par nos maioB, bioo qu'Os «•ient pbu peUU qu'elles.

Après avoir montré que la facilité que nous avons quelquefois à mouvoir de fort grands corps, lorsqu'ils flottent ou sont suspendus en quelque liqueur, ne répugne point à la quatrième règle cidessus expliquée, il faut aussi que je montre comment la difàculté que nous avons k en rompre d'autres qui sont assez petits se peut accorder avec la cinquième. Car s'il est vrai que les parties des corps durs ne soient jointes ensemble par aucun ciment, et qu'il n'y ait rien du tout qui empêche leur séparation, sinon qu'elles sont en repos les unes contre les autres, ainsi qu'il a été tantdt dit, et qu'U soit vrai aussi qu'un corps qui se meut, quoique lentement, a toujours asseï de force pour en mouvoir un autre plus petit qui est en repos, ainsi qu'enseigne cette cinquième règle, on peut demander pourquoi nous ne pouvons avec la seule force de nos mains rompre un clou ou no autre morceau de fer qui est plus petit qu'elles \ d'autant que chacune des moitiés de ce don peut Atre prise pour un corps qui est en repos contre son autre moitié, et qui doit ce semble en pouvoir ttre séparé par la force de nos mains, puisqu'il n'est pas si grand qu'elles, et que la nature du mouvemeut consiste en ce que le corps qu'on dit se mouvoir est séparé des autres corps qui le tou-» chent. Mais il faut remarquer que nos mains sont fort nolles, c'est-à-dire qu'elles participent da<^ vantage de la nature des corps liquides que des corps dura ; ce qui est cause que toutes les parties dont elles sont composées n'agissrat pas ensemble contre le corps que nous voulons séparer, et qu'il n*y a que eelU» qui, en le touchant, s'appuient conjointement sur lui. Car, comme la moitié d'un clou peut être prise pour un corps, à cause qu'on la peut séparer de son autre moitié, de même la partie de notre main qui touche cette moitié de clou, et qui est beaucoup plus petite que la main

entière, peut être prise pour un autre corps, è cause qu'elle peut être séparée des «utrea parties qui composent cette main ; et parce qu'eUe peut être séparée plus aisément du reste de la main qu'une partie de clou du reste du dou, et que nous sentons de la douleur lorsqu'une telle séparation arrive aux parties de notre corps, nous ne saarions rompre un clou avec nos mains ; mais û nous prenons un marteau, ou une lime, ou des ciseaux, ou quelque autre tel instrument, et nous en servons en telle sorte que nous appliquions la force de notre main contre la partie du corps que nous voulons diviser, qui doit être plus petite que la partie de l'instrument que nous appliquons contre elle, nous pourrons venir à bout de la dureté de ce corps, bien qu'elle soit fort grande.

il. Que Je ne regols point de principes an pbpkfÊe qui né soient aussi reçus en maUiémaUque^ afin de pouirofar prouyer par démoostraUon tout œ que j'en déduirai^ et que ces principes sulIBseoi , d'autant que tous les phénomèoei de la nature peuteat être expUqiiris par leur i

Je n'ajoute rien ici touchant les figures, ni comment de leurs diversités infinies il arrive dans les mouvements des diversités innombrables, d'autant que ces choses pourront être assez entendues d'elles-mêmes lorsqu'il sera temps d'en parler, et que je suppose que ceux qui liront mes écrits savent les éléments de la géométrie, ou pour le moins qu'ils ont l'esprit propre k comprendre les démonstrations de mathématique. Car j'avoue franchement Ici que je ne oonnois point d'autre matière des choses corporelles que celle qui peut être divisée, figurée et mue en toutes aortes de façons, c'eit*à-dira celle que les géomètres nomment la quantité et quils prennent pour l'objet de leurs démonstrations, et que je ne moaldira en cette matière que aei divisions, ses %ures st ses mouvemenU ; et enfin que touohaut sala je u« veux rjen recevoir pour vrai, sinon es qui eu lera dédttit avec tant d'évidence qu'il pourra tenir Usa d'une démonatration mathémstiqus. Et d'nutsnt qus par ce moyen on peut rendre rsison de tous les phénomènes de la nature, commo on pourra voir par ce qui auit, je ne pense pas qu*oo doive recevoir d'autres prindpes en physique, ni mime qu'on en doive souhaiter d'autres que ceux qui sont Ici expliqués,

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