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Or les principes que J'ai clHlessus expliqués sont si amples qu'on en peut déduire beauoeup plus de choses que nous n'en voyons dans fe monde, et même beaucoup plus que nous n'en sauriona parcourir de la pensée en tout te temps de notre vie. C'est pourquoi je ferai ici unebrièvis description des principaux phénomènes dont Je prétends rechercher les causes; non point afin d'en tirer des raisons qui servent à prouver ee que j'ai à dire ci-après, car j'ai dessein d'explt*quer les eflbts par leurs causes, et non les eanses par leurs effets, mais afin que nous puissions chefsir entre une infinité d'odelsqul peuvent être dé«dults des mêmes causes ceux que nous devons principalement tâcher d'en déduire.
5. QiMlie proporUon n y a eqtre le seleU, la larre ei la lune, à raison de leurs distances et de leurs grandeurs.
n nous semble d'abord que la terre est beaifcoup plus grande que tous les autres corpp qui sont au DM>nde, et que la lune et le sbieil sont plus grands que les étoiles ; mais si nous corrigeons le défaut de notre vue par des raisonne^ ments de géométrie qui sont infaillibles, nous connoitrons premièrement que la lune est éloignée de nous d'environ trente diamètres de la terre, et le soleil de six ou sept cents ; et comparant ensuite ces distances avec le diamètre apparent du soleil et de la lune, nous trouverons que la lune est plus petite que la terre, et que le soleil est beaucoup plus grand.
& Quelle dIstaxkoeU y a entre toautrespIapaesettoMMI.
Nous coDDoitrons aussi, par rentremise de nos yeux lorsqu'ils seront aidés de la raison , que Mercure est distant du soleil de plus de deux cents diamètres de la terre; Vénus, de plus de quatre cents ; Mars, de neuf cents ou mille ; Jupiter, de trois mille et davant^e ; et Saturne, de cinq oq six mille.
I^S PRlNaPES DE LA PHILOSOPHIE.
7. Qu'on peut nipposer les étoiles fltes aaUnt éloignées qu'oo veut.
Pour ce qui est des étoiles fixes, selon leurs apparences nous ne devons point croire qu'elles soient plus proches de la terre ou du soleil que Saturne; mais aussi nous n*y remarquons rien qui nous puisse empêcher de les supposer plus éloignées, même jusques è une distance indéfinie ; et nous pourrons même conclure de ce que je dirai ci-après touchant le mouvement des deux, qu'elles sont si éloignées de la terre que Saturne, à comparaison d'elles, en est extrêmement proche.
t. QiietateiTe,étaiitTaedaciel,Deparoltroit<|i]ecommeiiDe planète moindre que Jupiter ou Saturne.
Ensuite de quoi il est aisé de connoître que la lune et la terre paroitroient beaucoup plus petites à celui qui les r^arderoit de Jupiter ou de Saturne, que ne paroit Jupiter ou Saturne au même spectateur qui les regarde de la terre, et que si on regardoit le soleil de dessus quelque étoile fixe, il ne paroîtroit peut-être pas plus grand que les étoiles paroissent à ceux qui les regardent du lieu où nous sommes ; de sorte que si nous voulons comparer les parties du monde visible les unes aux autres et juger de leurs grandeurs sans prévention, nous ne devons point croire que la lune, ou la terre ou le soleil, soient plus grands que les étoiles.
9. Que la himlère du soIeD et des étoiles fixes leur est propre.
Mais outre que les étoiles ne sont pas égales en grandeur, on y remarque encore cette différence,, que les unes brillent de leur propre lumière, et que les autres réfléchissent seulement celle qu'elles 5nt reçue d'ailleurs. Premièrement, nous ne saurions douter que le soleil n'ait en soi cette lumière qui nous éblouit lorsque nous le regar- .dons trop fixement; car elle est si grande que toutes les étoiles ensemble ne lui en pourroient pas tant communiquer, parce que celle qu'elles nous envoient est incomparablement plus foible que la sienne, bien qu'elles ne soient pas tant éloignées de nous que de lui ; et s'il y avoit dans le monde quelque autre corps plus brillant duquel il empruntât sa lumière , il faudrolt que nous le vissions. Mais si nous considérons aussi combien sont vifs et étincelants les rayons des étoiles fixes nonobstant qu'elles soient extrêmement éloignées de nous et du soleil , nous ne ferons pas difficulté de croire qu'elles lui ressemblent; en sorte que si nous étions aussi proches de quelques-unes d'elles que nous sommes de lui, celle -là nous paroîtroit grande et lumineuse comme un soleil.
10. Que oeDe de la lune et des aoures planètes est du soleil.
Au contraire, de ce que nous voyons que la lune n'éclaire que du cêté qui est opposé au soleil, nous devons croire qu'elle n'a point de lumière qui lui soit propre, et qu'elle renvoie seulement vers nos yeux les rayons qu'elle a reçus du soleil. Gela a été observé depuis peu sur Yénus avec des lunettes de longue vue ; et nous pouvons juger le semblable de Mercure, Mars, Jupiter et Saturne, parce que leur lumière nous paroit beaucoup plus foible et moins éclatante que celle des étoiles fixes, et que ces planètes ne sont pas si éloignées du soleil qu'elles n'en puissent être éclairées.
11. Qa*en ce qui est de la lumière, la terre est semblable aux planètes.
Enfin , de ce que nous voyons que les corps dont la terre est composée sont opaques, et qu'ils renvoient les rayons qu'ils reçoivent du soleil pour le moins aussi fort que la lune (car les nuages qui l'environnent , bien qu'ils ne soient composés que de celles de ses parties qui sont les moins opaques et les moins propres à réfléchir la lumière, nous paroissent aussi blancs que la lune lorsqu'ils sont éclairés du soleil), nous devons conclure que la terre, en ce qui est de la lumière, n'est point différente de la lune, de Vénus, de Mercure et des autres planètes.
li. Que la lune, lorsqu'elle est nourelle, est illuinioée par la terre.
Nous en serons encore plus assurés s! nous prenons garde à une certaine lumière foible qui paroît sur la partie de la lune qui n'est point éclairée du soleil lorsqu'elle est nouvelle, qui sans doute lui est envoyée de la terre par réflexion, puisqu'elle diminue peu à peu , à mesure que la partie de la terre qui est éclairée du soleil se détourne de la lune.
13. Que le soleil peut être mis au nombre des étoHes fixes, et . la terre au nombre des planètes.
Tellement que si nous supposions que quelqu'un de nous fût dessus Jupiter et qu'il considérât notre terre, il est évident qu'éUe lui paroîtroit plus petite, mais peut-être aussi lumineuse que Jupiter nous paroit, et qu'elle paroîtroit plus grande au même spectateur s'il étoit sur quelque autre planète plus voisine ; mais qu'il ne la verroii point du tout s'il étoit sur quelqu'une des étoiles fixes, à cause de la trop grande distance; ainsi la terre pourra être mise au nombre des planètes, et le soleil au nombre des étoiles fixes.