‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 145 sur 306 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

qu'elle fait feulement effort pour t'éloigner do centre E, suivant la ligne droite EAD.

ML GaB»e9t H Mnl ft i'éMsner d« owtre avttoor 4Q«id U le

Afin de mieux entendre ceci, comparons le ffiouTement dont cette pierre iroit vers CS si rien ne ]*en empéchoit, avec le mouvement dont une fourmi qui seroit au même point À iroit vers C, supposant que £Y fftt une règle sur laquelle cette foarmi marchât en ligne droite d'À vers Y, pendant qu'on ferolt tourner cette règle autour do centre E, et que son point marqué A décriroit le cercle ABF, d*un mouvement tellement proportionné à celui de la fourmi qu'elle se trouveroit à Tendroit marqué X quand la r^le seroit vers C, puis A l'endroit marqué Y quand la règle seroU vers 6, et ainsi de suite, en sorte qu'elle seroit toujours en la ligne droite ACG. ComparoDs aussi la force dont la pierre qui tourne dans eeoe fronde, suivant le cercle ABF, Ikit effort pour s'éloigner du centreE, suivant les lignes AD» BC, F6, avec l'efTort que feroit la même fourmi si elle étoit attachée sur la règle EY au point A, de telle façon qu'elle employât toutes ses forces pour aller vers Y et s'éloigner du centre E, suivant les lignes droites EAY, EBY, et autres semblables, pendant que cette règle l'emporteroit autour du centre E.

SB. combten cette teoston a de force.

Je ne doute point que le mouvement de eette fourmi ne doive être très lent au commencement, et que son effort ne sauroit sembler bien grand, si on le rapporte seulement à cette première motion ; mais aussi on ne peut pas dire qu'il soit toat-à-frit nul, et d'autant qu*il augmente à mesure qull produit son effet , la vitesse qu'il cause devient en peu de temps assez grande. Mais pour éviter toute sorte de difficulté, servons-nous encore d'une autre comparaison : que la petite boule AS soit mise dans le tuyau EY, et voyons ce qui en arrivera. Au premier moment qu'on fera nonToIr oe tuyau autour du centre E, cette boule n'avancera que lentement vers Y, mais elle avanoera on peu plus vite au second, à cause qu'outre qo'eHe aura retenu la force qui lui avoit été enamnniquée au premier Instant, elle en acquerra encore une nouvelle par le nouvel effort qu'elle fera pour s'éloigner du centre E, parce que cet eflbrt continue autant que dure le mouvement drcalaire, et se renouvelle presque à tous mo-

(I) TofTa figure il MTojesfigweiii.

ments ; ear nous voyons que lorsqu'on ftdt touN ner ce tuyau EY assez vite autour du «entre B, la petite boule qui est dedans passe fort promp*. tement d'A vers Y; nous voyons aussi que la plem qui est dans une fironde fait tendre la corde d'au tant plus fort qu'on la fait tourner plus vite ; et parce que oe qui ûiit tendre cette corde n'est autre obose que la force dont la pierre fcit effort peur s'éloigner du centre autour duquel elle est mse, nous pouvons connottre par cette tension quille est la quantité de cet effort.

SO. Que u>ute la mtière des dew tend aieii à •' œrtalos ceotres.

Il est aisé d'appliquer aux parties du secind élément ce que Je viens de dire de cette pierre )ul tourne dans une fronde autour du centre E, on de la petite boule qui est dans le tuyau EY, i la-^ voir : quecfaacune de ces parties emploie une Ibne asses considérable pour s'éloigner du centre ài ciel autour duquel elle tourne, mais qu'elle at arrêtée par les autres qui sont arrangées aydessus d'elle, de même que cette pierre est retenue par la fronde. De plus, il est i reoiarqier que la force de ces petites boules est beaucoup augmentée, de ce quelles sont continuellemait ^ poussées, tant par celles de leurs semblables cui sont entre elles et l'astre qui occupe le centre lu tourbillon qu'elles composent, que par la matifre même de cet astre. Mais afin de pouvoir explquer ceci plus distinctement. J'examinerai ség • rément l'effet de ces petites boules, sans pense: & celui, de la matière des astres, non plus qie si tous les espaces qu'elle occupe étoient vides )u pleins d'une matière qui ne contribuât rien lu mouvement des autres corps et qui ne l'emi^chat point aussi ; car, suivant ce qui a été dit âdessus, c'est ainsi que nous devons concevoir le vide.

61» Que eela est eaoM que lei oorpe da soleil et des étolBft flxes sont raidi.

Premièrement de ce que toutes les petiN boules qui tournent autour d*S, dans le ciel A£I',. font effort pour s'éloigner du centre S, commeil a été déjà remarqué, nous pouvons conclure qie celles qui sont en la ligne droite SA se pousseit les unes les autres vers A» et que celles, qui soif; en la ligne droite SE se poussent vers E, et alisi des autres; en sorte que s'il n'y en a pas asps pour remplir et occuper tout l'espace qui est eitre S et la circonférence AEI, elles laissent versS tout ce qu'elles n'en occupent point. Et d'autsit que celles, pat exemple^ qui sont en la ]i|;ie

(i) voyez llgare xnt.

LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE

droite SE, t'appuyant seulement les unes sur les autres; ne tournent pas conjointement comme un bâton, mais font leur tour, les unes plus tôt et les antres plus tard, ainsi que je dirai ci-après, Tespice qu'elles laissent vers S doit être rond, parce qu'encore que nous youlussions feindre que la li^ne SE fût plus longue et contint plus de petites boules que la ligne SA ou SI, en sorte que celles qui seroient i l'extrémité de la ligne SE fussent plis proches du centre S que celles qui sont à l'eitrémité de la ligne SI ; néanmoins, comme ces plus proches auroient plus tôt achevé leur tour qut les autres plus éloignées du même centre, quilques-unes d'entre elles ne manqueroient pas de 3*aller joindre à l'extrémité de la ligne SI, afin de s'éloigner d'autant plus du centre S. C'est poirquoi nous devons conclure qu'elles sont mtintenant disposées de telle sorte, que toutes cales qui terminent ces lignes se trouvent également distantes du point S, et par conséquent que l'espace BGI> qu'elles laissent autour de ce centre eA rond.

6L Que la matière céleste qui les euTtronne tend à s'éloigner de tous les points de leur superficie.

De pluiT, il est à remarquer que toute les petites boiles qui sont en la ligne droite SE, non-seulemcit se poussent vers E, mais aussi que chacune d'dles est poussée par toutes les autres qui sont conprises entre les lignes droites qui, étant tirées de l'une de ces petites boules à la circonférence BflD, toucheroient cette circonférence; et que, pa' exemple, là petite boule F est poussée par toctes celles qui sont comprises entre les lignes BF et)F, ou bien dans le triangle BFB, et qu'elle n'et poussée par aucune de celles qui sont hors dece triangle ; en sorte que si le lieu marqué F étdt vide, toutes celles qui sont en l'espace BFD s'aranceroient autant qu'il se pourroit afin de le renplir, et non point les autres : d'autant que coDme nous voyons que la pesanteur d'une pirre, qui la conduit en ligne droite vers le ceitre de la terre lorsqu'elle est en l'air, la fait roiler de travers lorsqu'elle tombe sur le penchant d'me montagne, de même nous devons penser q» la force qui fait que les petites boules qui sont enFespace BFD tendent à s'éloigner du centreS luvant des lignes droites tirées de ce centre, peit fiiire aussi qu'elles s'éloignent du même centre par des lignes qui s'en écartent quelque peu.

6K»tae iea parties de cette matière ne 8*empèclient point en cela ronerautre.

It cette comparaison de la pesanteur fera connolre ceci fort clairement, si l'on considère plusieirs petites boules de plomb arrangées comme

celles qui sont représentées dans le vase BFDS qui s'appuient de telle façon les unes sur les autres qu'ayant fait une ouverture au fond de ce vase, la boule marquée I soit contrainte d'en sortir, tant par la force de sa pesanteur que par celle des autres qui sont au-dessus d'elle : car, au même instant que celle-ci sortira, on pourra voir que les deux marquées 2, 2, et les trois autres marquées 3, 30, 3, s'avanceront, et les autres ensuite ; on pourra voir aussi qu'au même Instantque la plus basse commencera de se mouvoir, celles qui sont comprises dans le triangle BFB s'avanceront 'toutes, mais qu'il n'y en aura pas une de celles qui sont hors de ce triangle qui se dispose à se mouvoir vers là. Il est bien vrai qu'en cet exemple les deux boules 2, 2 s'entretouchent après être quelque peu descendues, ce qui les empêche de descendre plus bas ; mais il n'en est pas de même des petites boules qui composent le second élément : car encore qu'il arrive quelquefois qu'elles se trouvent disposées en même façon que celles qui sont représentées en cette figure, elles ne s'y arrêtent néanmoins qae ce peu de temps qu'on nomme un instant, parce qu'elles sont sans cesse en action pour se mouvoir, ce qui est cause qu'elles continuent leur mouvement sans interruption. De plus, il faut remarquer que la force de la lumière, pour l'explication de laquelle j'écris tout ceci, ne consiste point en la durée de quelque mouvement, mais seulement en ce que ces petites boules sont pressées, et font effort pour se mouvoir vers quelque endroit, encore qu'elles ne s'y meuvent peut-^tre pas actuellement.

64. Que cela safiit pour expliquer toutes les propriétés de la lumière, et pour faire parottre les astres lumioeux sans qa*fls y coniiibuent aucune chose.

Ainsi nous n'aurons pas de peine à connoitre pourquoi cette action que je prends pour la lumière s'étend en rond de tous cêtés autour du soleil et des étoiles fixes, et pourquoi elle passe en un instant à toute sorte de distance, suivant des lignes qui ne viennent pas seulement du centre du corps lumineux, mais aussi de tous les points qui sont en sa superficie ; ce qui contient les principales propriétés de la lumière, ensuite desquelles on peut connoltre aussi les autres. Et l'on peut remarquer ici une vérité qui Semblera peut-être fort paradoxe à plusieurs, a savoir que ces mêmes propriétés ne laisseroient pas de se trouver en la matière du ciel, encore que le soleil ou les autres astres autour desquels elle tourne n'y contribuassent en aucune façon ; en sorte que

(1) voyez figures XIV et siT Ml. ^. * •

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