TROISIÈME PARTIE
si le corps du soleil n'étoit rien autre chose qu'un espace Tide, nous ne laisserions pas de le voir arec la même lumière que nous pensons venir de loi vers nos yeui, excepté seulement qu'elle seroit moins forte. Toutefois ceci ne doit être entendu que de la lumière qui s*étend autour du soletl, au sens que tourne la matière du ciel dans lequel il est, c'est-a-dire vers le cercle de l'édiptiqne : car je ne considère pas encore ici l'autre dimension de la sphère qui s'étend vers les pAles. Mais afin que je puisse aussi expliquer ce que la matière du soleil et des étoiles peut contribuer i la production de cette lumière, et comment die s'étend non^seulement vers l'écliptlque, ma» aussi yers les pAles, et en toutes les dimensions de la sphère, il est besoin que je dise auparavant quelque chose touchant le mouvement des cîeux.
CL Qoe tes deux soot divisés eo ploaieurs tonrbilloiis, et que ks pôles de quelques-uns de ces lourbillons toucbent les parties tes plus éloignées des pôles des autres.
De quelque fa{Ott que la matière ait été mue au oommencement, les tourbillons auxquels elle est partagée doivent être maintenant tellement disposés entre eux que chacun tourne du côté où il loi est le plus aisé de continuer son mouvement : car, selon les lois de la nature, un corps qui se meut se détourne aisément par la rencontre d'un autre corps. Ainsi, supposant que le premier tourbillon, qui a S pour son centre, est emporté d'A par E vers I, l'autre qui lui est voisin, et qui a F pour son centre, tournera d'A par E vers V, si ceux qui les environnent ne les empêchent point, parce que leurs mouvements s'accordent très bien en celte façon ; de même, le troisième, qu'il faut imaginer avoir son centre hors du plan S AFE, et fiire un triangle avec les centres S et F, se joignant aux deux tourbillons AEI et AEV, en la ligne droite AE, tournera d'A par E vers le haut. Cela supposé, le quatrième tourbillon, dont le centre est f, ne tournera pas d'E vers I, à cause que â son mouvement s'accordoit avec celui du premier il seroit contraire à ceux du second et du troisième ; ni aussi de même que le second, à •avoir d'E vers V, à cause que le premier et le troisième Ten empécheroient ; ni enfln d'E par en haut, oomme le troisième, à cause que le premier et le second lulseroient contraires ; mais il tourtera sur son essieu marqué EB, d'I vers V, et l'on de ses pAles sera vers B, et l'autre à l'oppoiite Ters B.
es. Qoe tes moirremeDts de ces tourbOlons se doivent un peu déuwroer pour n'être pas oonu-aires runà l'autre.
De plus, il est à remarquer qu'il y aurolt en-
DlSCAftTlS.
core quelque peu de contrariété en ces mouvor ments si les édiptiques de ces trois premiers tourbillons, c'est-à-dire les cercles qui sont les plus éloignés de leurs pAles, se rencontroîent directement au point £, où je mets le pèle du quatrième. Car si, par exemple, lYX^ est sa partie qui est vers le pSle £, qui tourne suivant l'ordre des lettres IVX, le premier tourbillon se frottant contre elle suivant la ligne droite £1 et les autres qui sont parallèles à celle-ci, le second tourbillon se frottant aussi contre elle suivant la ligne droite £V, et le troisième suivant la ligne EX, empécheroient son mouvement circulaire. Mais la nature accommode cela fort aisément par les lois du mouvement, en détournant quelque peu les écliptiques de ces trois tourbillons, vers l'endroit où tourne le quatrième IVX; en sorte que, ne se frottant plus contre lui suivant les lignes droites El, EY, EX, mais suivant les lignes courbes 11, 2V, 3X, ils s'accordent très bien avec son mouvement.
67. Que deux tourbillons ne se peuvent toucher par leurs p61e&
Je ne crois pas que l'on puisse rien Inventer de mieux pour ajuster les mouvements de plusieurs tourbillons. Car si l'on suppose qu'il y en ait deux qui se touchent par leurs pôles, ou ils tourneront tous deux de même côté et de même sens, et s'unissant ensemble n'en feront plus qu'un, ou bien l'un prendra son cours d'un cAté et l'autre d'un autre, et par ce moyen ils s*empécheron t tous deux extrêmement : c'est pourquoi, bien quejen'entre^ prenne pas de déterminer comment tous les tourbillons qui composent le ciel sont situés, ni comment ils se meuvent, je pense néanmoins que je peux déterminer en général que chaque tourbillon a ses pèles plus éloignés des pAles de ceux qui sont les plus proches de lui que de leurs édiptiques, et il me semble même que je l'ai suffisamment démontré.