‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 16 sur 306 · DISCOURS DE LA MÉTHODE.— V» PARTIE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE LA MÉTHODE.— V» PARTIE

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et les mains tant qu'il fait, sHl n'y eoToyoît oontlnuellement dendaveau sang. Puis aussi on oonnoAt de là que le vrai usan^ de la respiratioo est d'apporter assez d*air frais dans le poumon pour faire que le saog qui y vient de la concavité droitedu oœur, où il a été raréfié et comme changé en vapeurs, s'y épaississe et convertisse en sang derechef* avant que de retomber dans la' gauche, sans quoi il ne pourroit être propre & servir de nourriture au feu qui y est ; ce qui se confirme parce qu'on voit que que les animaux qui n*OQt point de poumons n*ont aussi qu'une seule ooocavité dans le cœur, et que les enfants, qui n'en peuvent oser pendant qu'ils sont renfermés au ventre de leurs mères, ont une ouverture par où il ooule du sang de la veine cave en la concavité gauche du eœur, et un conduit par où il en vient de la veine artérieuse en la grande artère, sans passer par le poumon. Puis la coction comment se feroit-elie en l'estomac si le cosur n'y envoyoit d€i la chaleur par les artères, et aveocela quelques-unes des plus coulantes parties du sang, qui aident 4 dissoudre les viandes qu'on y a mises 7 iii l'action qui convertit le suc de ces viandes en saui n'est-e)le pas aisée à connoitre, si on considère qu'il se distille en passant et repassant par le emur peut-être plus de cent ou deux eenta fois en chaque jour? Et qu'a-t-on hesoin d'antre chose pour expliquer la nutrition et la production des diverses humeurs qui sont dans le corps, sinon de dire que la force dont le sang, en se raréfiant, passe du oosur vers les extrémités des artères, fait que quelques-unes de ses parties s'arrêtent entre celles des membres où elles se trouvent et y prennent la place de quelque autres qu'elles en chassent» et que, selon la situation ou la figure ou la petitesse des pores qu'elles rencontrent, les unes se vont rendre en certains lieux plutôt que les autres, en même façon que chacun peut avoir vu divers cribles qui, étant diversement percés, servent à séparer divers grains les uns des autres? Et epûn, ce qu'il y a de plus remarquable en tout ceci, c'est la génération des esprits animaux, qui sont comme un vent très subtil, ou plutôt comme nne flamme très pure et très vivo, qui, montant continuellement en grande abondance du cœur dans le cerveau, se va rendre de là par les nerfe dans les muscles et donne le mouvement è tous les membres, sans qu'il feiUe imaginer d'autre cause qui fasse que les parties du sang qui, étant les plus agitées el les plus pénétrantes, sont les plus propres a composer ces esprits, se vont rendre plutôt vers U) cerveau que vers ailleurs, sinon que les artères qui les y portent sont celles qui viennent du cœur le plus en ligne droite de toutes, et que, selon les règles des mécaniques, qui sont les mêmçs que oalles da h nature, lorsque plusieurs

choses tendent ensemble &. se mouvoir vers m même côté où il n'y a pas assez de place pour toutes, ainsi que les parties du sang qui sortent de la concavité gauche du eœur tendent vers le cerveau, les plus foibles et moins agitées en doivent être détournées par les plus fortes, qui par ce moyen s'y vont rendre seules.

l'avois expliqué assez particulièrement toutes ces choses dans le traité que j'avois eu ci-devant dessein de publier. Et ensuite j'y avois montré quelle doit être la fabrique des nerfs et des muscles du oorps humain, pour faire que les esprits animaux étant dedans aient la force de mouvoir ses membres, ainsi qu'on voit que les têtes, un peu après être coupées, se remuent encore et mordent la terre nonobstant qu'elles ne soient plus animées ; quels changements se doivent faire dans le cerveau pour causer la veille, et le sommeil, et les songes ; comment la lumière, les sons, les odeurs, les goflts, la chaleur, et toutes les autres qualités des objets extérieurs y peuvent imprimer diverses idées, par l'entremise des sens ; comment la faim, la soif, et les autres passions intérieures y peuvent aussi envoyer lesleurs ; ce qui doit y être pris pour le sens commun où ees idées sont reçues, pour la mémoire qui les conserve, et pour la fantaisie qui les peut diversement changer et en composer de nouvelles, et, par même moyen, distribuant les esprits animaux dans les muscles, faire mouyolr les membres de ce oorps en autapt de diverses façons, et autant à propos des objets qui se présentent à ses sens et des passions Intérieures qui sont en lui, que les nôtres se puissent mouvoir sans que la volonté les conduise : ce qui ne semblera nullement étrange 4 ceux qui, sachant combien de divers autùfnatei ou machines mouvantes l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces, i comparaison de la grande multitude des os, des muscles, des nerfs, des artères, des veines et de toutes les autres parties qui sont dans le oorps de chaque animal, considéreront ce corps comme une machine qui, ayant été faite des mains de Dieu, est incomparablement mieux ordonnée et a en soi des mouvements plus admirables qu'aucune de celles qui peuvent être inveu'* técs par les hommes. Et je m'étols ici particulièrement arrêté à faire voir que s'il y nvoit de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieure d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions aucun moyen pour reconnoître qu'elles ne seroient pas en tout de même nature que ces animaux ; au lieu que s'il y en avoit qui eussent la ressemblance de nos corps, et imitassent autant nos actions que moralement 11 seroit possible, nous aurions toujoursdeux moyens

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