‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 153 sur 306 · Comment le solefl envoie sa hmiière vers les pôles · texte numérisé non relu

Comment le solefl envoie sa hmiière vers les pôles

Ayant ainsi vu comment le soleil agit vers l'écliptique, nous pouvons voir en même façon comment Il agit vers les pAles, si nous supposons qu'il s'y trouve quelque espace, comme par exemple au point N, qui ne soit rempli que du premier élément, bien qu'il soit assez grand pour contenir quelques-unes des parties du second; car puisque la matière qui compose le corps du soleil pousse de tous cétés avec grande force la superficie du ciel qui l'environne, il est évident qu'elle doit faire avancer vers N toutes les parties du second élément qui sont comprises dans le cône eN(^, encore que peut-être ces parties n'aient en ellesmêmes aucune disposition à se mouvoir vers là, car elles n'en ont aussi aucune qui les fasse résister à l'action qui les y pousse ; et la matière du premier élément dont l'espace N est rempli ne les empêche point aussi d'y entrer, à cause qu'elle est entièrement disposée à en sortir et à aller vers S remplir la place qu'elles laissent derrière elles en la superficie du soleil efg à mesure qu'elles s'avancent vers N. Et il n'y a en ceci aucune difficulté, bien qu'il soit besoin pour cet effet que, pendant que toute la matière du second élément qui est dans le cOne eN^ s'avance en ligne droite d'S vers N, celle du premier se meuve tout au contraire d'N vers S ; car celle-ci passant aisément par les petits intervalles que les parties de l'autre laissent autour d'elles, son mouvement no peut empêcher ni être empêché par le leur; aiusi qu'on voit en uno horloge de sable que l'air enfermé dans le vase d'en-bas n'est point empêché de monter en celui d'en-haut par les petits grains de sable qui en descendenti bien que ce soit parmi eux qu'il doive passer.

Si. Qu*U n*a peut-être pas du tout tant de tDfoe vors les pôles que vers récHptique.

Mais on peut faire ici une question, savoir si les petites boules du cône e^g sont poussées avee autant de force vers N par la matière du soleil toute seule, que celles du cAne dHf le sont vers H par la même matière du soleil, et avec cela par leur propre mouvement, lequel fait qu'elles tendent à s'éloigner du centre S; et il y a grande apparence que cette force n'est pas i^alo, si on

LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE

suppose que H et N soient également éloignés du point S ; mais comme j'ai déjà remarqué que la distance qui est entre le soleil et la circonférence du ciel qui Teuvironne est moindre vers ses pâles que vers son écliptique, on doit, ce me semble, jviger qu*afln qu'elles soient poussées aussi fort vers N que vers H, il faut que la ligne droite SH soit au moins aussi grande au regard de la ligne. SN> que SM au regard de SA; et il n'y a qu'un seul phénomène en la nature qui nous puisse fiiire satolr la Térité de ceci par expérience, à sayolr lorsqu'il arrive quelquefois qu'une oemète passe par une si grande partie de notre oiel qu*elle est vue premièrement vers l'éollptique, puis vers l'un des pAlee, et après derechef vers réeliptique; ear akH^ on peut oonnoltre, ayant égard à la diversité de sa distanoe, si sa lumière (laquelle, ainsi que je dirai ci-aprèa, lu] vient du soleil) est plus forte & proportion vers rédtptique que vers les pAles, ou bien si elle est seolemenl égale.

et.QQella4l^enltéi|yt en l« grandeiir et aax mouveoMaU des partlea du second élémefit qui composeat les deux.

n reste encore Ici à remarquer que les parties du seeond élément qui sont les plus proches du centre de diaque tourbillon sont plus petites et se meuvent plus vite que celles qui en sont quelque peu plus éloignées, et ce jusqu'à ud certain terme, au-delà duquel celles qui sont plus hautes se meuvent plus vite que celles qui sont plus basses; et pour ce qui est de leur grosseur, elles sont égales ; par exemple, on peut penser que dans le premier eiel les plus petites parties du second élément sont eelles qui toudient la superflcie du soleil, et que eelles qui en sont plus éloignées sont plus grosses, sdon les différents étages où elles se rencontrent Jusqu'à la superâdedela sphère irrégulière HNQR; mais que eelles qui sont au-delà de cette sphère •ont tontes également grosses, et que celles qui ee meuvent le plus lentement de toutes sont en la superficie HNQR ; en sorte que les parties du second élément qui sont vers H et Q emploient peut-être trente années ou plus à décrire un cer« de autour des pdles A et B, au lieu que ceAïes qui sont plus hautes vers M et Y, et celles qui sont plus basses vers e et ^, se meuvent si vite qu'elles n'emploient que peu de semaines à faire kurleiir»

15. PQur^ioi les plus éloigoées du soleU dans le premier dd se meuvent plus \Ue que celles qui en sont un peu plus proche.

Ct, premièrement, 11 est aisé de prouver que «elles qui sont vers M et Y se doivent mouvoir plus vito que celles qui sont plus bas vers H cl Q:

car, de ce que j*ai supposé qu'elles ont été aa comipencement du monde toutes égales (ce que ji* pense avoir eu raison de supposer pendant que je n'en avois point qui m'obligeât de les estimer inégales), et de ce que le ciel qui les contient et qui les emporte avec soi circulairement, ainsi qu'un tourbillon , n'est pas exactement rond , tant à cause que les autres tourbillons qui le touchent ne sont pas égaux entre eux comme aussi à cause qu'il doit être plus serré vis-à-vis dee centres de ces tourbillona qu'aux autres endroits, il laut néces* salrement que quelques-unee de ses parties se meuvent quelquefois plua vite que les autres, é savoir lorsqu'elles doivent changer leur rang poor passer d'un chemin plus large en un plus étroit; oomme, par exemple, on peut voir ici que les deux boules qui sont entre les points A et B ^ ne peuvent passer entre les deux autres points € et B, que je suppoee plus proches, s'il n'y en a uoe qui s'avance devant l'autre, et qui par conséquent aille plus vite. Or, d'autant que toutes les parties du second élément qui composent le premier ciel tendent à s'éloignw du centre S, sitAt qu'il y eu a quelqu'une qui va plus vite que celles qui en sont plus éloignées, cette vitesse lui donnant pins de force fait qu'elle passe au-dessus d'elles, tellement que ce sont toujours celles qui se meuvent le plus vite qui en doivent Atre les plus éloignées. Je ne détermine point quelle est la quantité de leur vitesse, parce que c'est par la seule expérienoa que nous pouvons l'apprendre, et cette expérieooo ne se peut faire que par le moyen des comètes, qui, comme je ferai voirci-^près, traversent d'un ciel dans un autre, et suivent à peu près le cours de celui où elles se trouvent. Je ne détermine point non plus combien est lent le mouvement du cerde HQ, car nous ne le eonnolssons qu'autant que nous rapprend le cours de Saturne, qui ne sV chève qu'en trente ans et doit Atre compris dans ce cercle, cooune il paroîtra de ce qui suit.

S4. Pourquoi aussi cdles qui sont les plus pfocbes du soleil se meuvent plus vite que œUes qui en soBt un peu plus Uik.

n est aisé aussi de prouver qu'entre les parties du second é^ment qui sont au dedans du cerde HQ, celles qui sont les plus proches du centre S doivent faire leur tour en moins de temps que celles qui en sont plus éloignées, à cause que le mouvement qu'a le soleil autour du même centre doit augmenter leur vitesse; oai; d'autant qu'il se meut plus vite qu'elles et qu'il. sort continodlement de lui quelques parties de sa matière qui coulent entre celles du second élément vers Té* diptique, pendant qu'il en reçoit d'autres vers les

(ij Voyrî! flgurç jtvui.

Page 1