QUATRIEME PARTIE
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Mlle que let miaeiin se pourraient éytto d*étre Bojés.
1S. Comment lé composeôt le soafre, le bitume, rbuQe minônleetraiBile.
Ouant aux exhalaisons que j*ai décrites, et qui tieimeat de la terre intérieure, leurs parties sont si déliées qu'elles ne peuvent pomposèr, étant seu^ les, aucun autre corps que de l'air; mais elles se joignent aisément avec les plus subtiles parties des esprits, lesquelles, cessant par ce moyen d'être uoies et glissantes, acquièrent des petites branehes qui font qu'elles peuvent aussi s'attacher à d'autres corps : à savoir, elles s'attachent quelquefois avec des parties des sucs corrosifs, mêlées dé quelques autres qui sont métalliques, et ainsi elles composent du soufre ; quelquefois eUeê se joignent avec des parties de la terre extérieure parmi lesquelles il y a quantité des mêmes sucs, et ainsi composent des terres qui sont propres à brûler, comme du bitumoi dela.naphte^ et semblables; quelquefois aussi elles ne se mêlent qu'avec des parties de terre, et lors elles composent de l'argile ; enfin quelquefois elles s'assem« blent presque toutes seules, à savoir lorsque leii^ agitation est si ibible que leur pesanteur M suffisante pour faire qu'elles se pressent lei ubes lei autres , au moyen de quoi elles composent les huiles qu'on trouve en quelques endroits dans les mines.
T7. QMeUe estia cause des tremblements de terre.
Mais lorsque ces exhalaisons, jointes aux plus subtiles parties des esprits, sont trop agitées pour se ooovertir ainsi en hulte, et qu'elles se rencontrent sous terre en des fentes ou concavités qui n'ont auparavant contenu que de l'air, elles y composent une fumée (^ra^sé et épaisse qu'on peut comparer à celle qui soht d'une chandelle lorsqu'elle vient d'être éteinte; et comme celle-ci s'embrase fort aisément sitêt qu*on en approche la flamme d'une autre chandelle, ainsi, lorsque quelque étincelle de feu est excitée en ces concavités, elle s^éprend incontinent en toute la fumée dont elles sont pleines, et par ee moyen la mu* tiére de cette fumée, se changeant en flamme, se raréfie tout à coup, et pousse atec grande vio^ lence tous les côtés du lieu où elle est enfermée, principalement s'il y a en elle quantité d'esprits OQ de sels volatils. Et c'est ain^i qae se Jont les tremblements de terre ; car, lorsque les concavités qu'elle occupe sont fort grandes, elle peut ébranler en an moment tout le pays qui les couvre et mCrae qui les enviieimeu
fS. n*oa vient qu'il y a des mmitasties doot II so^i qoeltiaefoli de grandes f
Il arrive aussi qtielquefols que la flatnitlé qtil cause ces tretnbletnebts etatr'ôuvre la tei'^e Vers le sotUmet de quelque montagne et sort eii grande abondance par là; car les concavités où elle est d'étant pas assez grandes pour la conteniri elle fait effort de tous côtés pour en sortir et se fait plus aisément Un passage t)ar le sôtninet d'une montagne que par aiicuti autre lieu ; pt*emièrement 4 cause qu'il né se rencontre guère de concavités ()ui sotetai fort grandes et propres & rece^ voir ces fuiiiéës, sinbti au-dessous des plus hautes! montagnes, phis aussi à tiatise qu'il n'est pas besoin dé tant de forcé pour ëntr'pOvl*ir et sépat*e# les extrénlités de ces grandes piïèes de terré ëx-» térieure que j'ai dit éti-e afpuifées dé eété VûHê contre l'autre^ aux lléul où elles compétent tel sommeta des montages, qUë pour j faire tihd Bouvellé otiverture en iiuel(|iie autfe èfldrtiiti et bien que la pësëtiteut* dé ces gfandeë î^léces dtf terre ainsi entr'ouvertéè soit cause qu'elleé âé ré^ joignent fort proprement lorsque lé flamme ësi sortie, toutefois^ I ettute qiie cette flaîAmé ^iil iort avec grande Inipétuôsité pousse érdliiail*émen{ devant SOI beaucoiip de ierte mêlée de èoùtté ou de bîtunlé, il se t>eiit fiedre que bea ihontagiiéè brûlent encoi^ longtéftipe apm, jtisques à ce que tout ce soufre ou ce bitume soit consutiié i ei lors^ que ces mêmes concavités se remplissent derechef de semblables fhmées qtiî s'embrasent, la flamme en sort plus aisément par l'endroit qui a déjà été ouvert que par d'autres ; ce qui est cause qu'il y t des montagnes où plusieurs tds embrasements oui été vos, comme sont Etna en Sicile, le tésuve près de Naples, Hécla en Islande*
79. D'où Tient que les trembletaeols de terre se ftMil soë^ÉI à plittiears secousses.
Au reste, les tremblements de terré He finissent pas toujours après la première sécoutté. mais il s'en fait quelqoefoia plusieurs pendant quelques heufes on quelques jours de Suite : dodt la raison est qiie les fumées qiii s'enflamttieilt né sont pas toujours eh une seule cioùcaHlé, maiâ ordinalreihent eh plusieurs, t}ui he sont séparéei que d'hn peu de terré bitumineuse ou Soufrée, en sorte que lotsque le feu S'éprend en l'une H ces concavités et donne i)ar ce moyen la |$ré^ mière seoousSe à la terré, ii ne peut entreî* pour cela dans les attires jusqueS à ce qu'il ait consumé la matière qq^est entre deux, à quoi il a bé-^ soin de quelque temps,
so. aaeUe est la sature do fes.
Mais je n*al t>oini encore dii eh quelle b^on lé
LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPfflE.
feu se peut éprendre dans les concavités de la terre, à cause qu'il faut savoir auparavant quelle est sa nature, laquelle je tâcherai maintenant d'expliquer. Toutes les petites parties des corps terrestres, de quelque grosseur ou figure qu'elles soient, prennent la forme du feu lorsqu'elles sont séparées Tune de l'autre, et tellement environnées de la matière du premier élément qu'elles •ont contraintes de suivre son cours; comme aussi elles prennent le forme de l'air lorsqu'elles sont environnées de la matière du second élément, de laquelle elles suivent le cours. De façon que la première et la principale différence qui est entre l'air et le feu consiste en ce que les parties du feu se meuvent beaucoup plus vite que celles de l'air, d'autant que l'agitation du premier élément est incomparablement plus grande que celle du second. Mais il y a encore entre eux une autre différence fort remarquable, qui conabte en ce que ce sont les plus grosses parties des corps terrestres qui sont les plus propres à conserver et nourrir le feu, au lieu que ce sont les plus petites qui retiennent le mieux la forme de l'air ; car, bien que les plus grosses, comme par exemple celles de l'argent vif, l{i puissent aussi recevoir lorsqu'elles sont fort agitées par la chaleur, elles la perdent par après d'elles-mêmes lorsque, cette agitation diminuant, leur pesanteur kl bit descendre.
SI. Codoment U peat élte produit.
Or les parties du second élément occupent tous les intervalles autour de la terre et dans ses pores qui sont assez grands pour les recevoir, et y sont tellement entassées qu'elles s'entre-touchent et se soutiennent l'une l'autre; en sorte qu*o& n'en peut mouvoir aucune sans mouvoir aussi ses voisines (si ce n'est peut-être qu'on la fcsse tourner sur son centre), ce qui est cause que, bien que la matière du premier élément achève de remplir tous les recoins où ces parties du second ne peuvent être et qu'elle s'y meuve extrêmement vite, toutefois, pendant qu'elle n'y occupe point d'autres plus grands espaces, elle ne peut avoir la force d'emporter avec soi les parties des corps terrestres et leur faire suivre son cours, ni par conséquent de leur donner la forme du feu , parce qu'elles se soutiennent toutes les unes les autres et sont soutenues par les parties du second élément qui sont autour d'elles. Mais afin qu'il commence à y avoir du feu quelque part, il est besoin que quelque autre force chasse les parties du second élément de quelques-uns des intervalles qui sont entre les parties des corps terrestres, afin que, cessant de se soutenir
les unes les autres, il y en ait quelqu'une qui se trouve environnée tout autour de la seule matière du premier élément, au moyen de quoi elle doit suivre son cours.
S9. Comment il est conservé.
Puis afin que ie feu ainsi produit ne soit pas incontinent éteint, il est besoin que ces parties terrestres soient assez grosses et solides, et assez propres à se mouvoir pour avoir la force, en s*écartant de tous côtés avec l'impétuosité qui leur est communiquée par le premier élément, de repousser les parties du second qui se présentent sans cesse pour rentrer en la placé du feu, d'où elles ont été chassées, et ainsi empêcher que, se joignant derechef les unes aux autres, elles ne l'é
S3. PouTouoi il doit toc^oars avoir quelque corps à oonsumcTi afin de se pouvoir eotretenir.
Outre cela, ces parties terrestres, en repoossant celles du second élément, peuvent bien les empêcher de rentrer dans le lieu où est le feu , mais elles ne peuvent pas être empêchées par elles de passer outre vers l'air, où, perdant peu à peu leur agitation , elles cessent d'avoir la forme du feu et prennent celle de la fumée : ce qui est cause que le feu ne peut demeurer long* temps en un même lieu, si ce n'est qu'il y ait quelque corps qu'il consume successivement pour s'entretenir; et, à cet effet, il est besoin, premièrement, que les parties de ce corps soient tellement disposées qu'elles en puissent être séparées l'une après l'autre par l'action du feu, duquel elles prennent la forme à mesure que celles qui l'ont se changent en fumée ; puis aussi qu'elles soient en assez grand nombre et assez grosses pour avoir la force de repousser les parties du second élément qui tendent à suffoquer ce feu, ce que ne pourrolent faire celles de l'air seul ; c'est pourquoi il ne suffît pas pour l'entret^ir.
S4. Comment od peut aUumer du feu avec on AisO-
Mais afin que ceci puisse être plus parfaitement entendu, j*expllquerai Ici les divers moyens par lesquels le feu a coutume d'être produit, puis aussi toutes les choses qui servent à le conserver, et enfin quels sont les effets qui dépendent de son action. Le plus ordinaire moyen qu'on emploie pour avoir du feu, quand on en manque, est d'en faire sortir d'un caillou en le frappant avec un fusil, ou bien avec un antre caillou : et je crois que la cause du feu, ainsi produit, consiste en ce que les cailloux sont durs et roides (c'est'à-dirc tels que, si on plie tout sait peu