‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 192 sur 306 · comment le mélange de deux corps peut aussi faire qu'ils · texte numérisé non relu

comment le mélange de deux corps peut aussi faire qu'ils

s'embrasent

Toutefois cette vitesse n'est peut-être jamais la seule cause des feux qui s'allument dans les nues, parce qu'il y a ordinairemient des exhalaisons dedans l'air qui leur servent de matière , et qui sont de telle nature qu'elles s'embrasent fort aisément, ou du moins eUes composât des corps qui jetteut quelque lumière, encore qu'ils ne se i consument pas ; et i^est do c» oludaisonsque se

LES PRINCIPES PK hk PHILOSOPHIE.

foDt les feux follets en la plas basse région de Talr, et les éclairs qu'on voit quelquefois sans qu*il tonne en la moyenne; et eu la plus haute, les lumières en foripe d'étoiles qui semblent tomber du ole| , oq y oourir d*un lieu i l*autre : car les exhalaisons, ainsi qu'il a été dit, sont composées de parties fort déliées, et divisées en plusieurs branches qui se sont attachées à d'autres parties un peu plus grosses, tirées des sels volatils et des sucs aigres et corrosife; et il est à remarquer que les intervalles qui sont entre ces branches fort déliées sont si petits qa*iis ne sont ordinairement rjUDplls que dQ la matière 0u preipi^ élément; ce qui est cause que, t^eQ que jes parties du second occupent tous les autres plus grands intervalles qui se trouvent eptr^ les parties des sels ou sucs qui sont revêtues de oes broches, elles en peuvent facilement être chassées lorsque ces exhalaisons étant pressées de diveri oStés par d*autreQ , quelques-unes de leurs parties entrent et s'insinuent en ces plus grands intervalles : car Taction du premier élément qui est entre les petites branches <|ui environnent ces sucs leur aide à les chasser , et par ce moyen ces parties des exhalaisons se changent en flamme.

sa. Gomment s'tf mue le feu de la tondre, des éctein et des «toUe» «ni tia^Ncewt

Et la çapse qui presse ainsi les exhalaisons pour faire qu'elles s'enflamment quand elles composent la foudre ou les éclairs est évidente, parce qu'elles sont enfermées entre deux nues, dont Tune tombe sur l'autre. Mais celle qui leur fait composer le^luçQJère^^n forme d^étoiles, qu'Qn voit en temps calme et serein courir çà et là par le ciel ^ n'est pas du tout si manifeste : néanmoins on peut penser qu'elle consiste ep ce que, lorsqu'une exhalaison est déjà aucunement condensée et arrêtée par le froid en quelque lieu de l'air, les parties d*une autre qui viennent d'un lieu j>lus chaud et sont par conséquent plus agitées, ou seulem.ent qui, î cause de leurs figures, continuent plus longtemps à se mouvoir, ou bien aus^i qui sont portées vers elle par un peu de vent , s*intinuent en ses pores et en chassent le second élément ; au moyen de quoi , si elles peuvent aussi déjoindre ses parties, elles en composent upe flamme qui , consumant pr^^o^ptement cette exhalaison, ne dure que fort peu de temps et semble une étoile qui passe d'un Heu en un autre.

90. Costmen^ ^'^Hamak ^ ^CoVes qi4 tovibeoi» et quelle est la cause de, Um les. ai^^ tels feux qu} lui^eat et ne brdr fcnt point.

^u lfe«^ ^pi% 4 toiR piuct^ d0 VexhalAlsoB aoBl SI bien jp^tei w'tll«% m 9^ma% ainsi kre si*

parées par l'action des autres exhalaisons qai s'insinuent en ses pores , elle ne s'embrase pas tout-à-fiiit, mais rend seulement quelque lumière, ainsi que font aussi quelquefois les bois pourris, les poissons salés, les gouttes de l'eau de mer et quantité d^autres corps : car il n'est besoin d'autre chose pour produire de la lumière, sinon que les parties dn second élément soient poussées par la matière du premier, ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Et lorsque quelque corps terrestre a plosieQrs pores qui sont si étroits qu'ils ne peuvent donner passage qu'à cette matière du premier élément, il peut arriver que , bien qu'elle n'y ait pas assez de force pour détacher les parties de ce corps les unes des autres, et par ce moyen le brûler, elle en ait néanmoins assez pour pousser les parties du second élément qui sont en Talp d*alentoar, et ainsi causer quelque lumière. Or on peut penser que les étoiles qui tombent ne sont que des lumières de cette sorte ; car on trouve souvent sar la terre, aux lieux où elles sont tombées, une matière visqueuse et gluante qui ne brâle point Toutefois on peut croire aussi que la lumière qui paroh en elles ne vient pas proprement de cette matière visqueuse , mais d'une autre plus subtile qui r«nvtronne et qui, étant enflammée, se consume pour l'ordfaiaire avant qu'elle parvienne jusqaes à la terre.

M. Qnelle CM la lumière de #ea« de 1 its»i|Oi

r, deiboiipon^

Mais pour ce qui est de Teau de mer dont j'ai ci-dessus expliqué la nature , H est aisé à joger que la lumière qui paroît autour de ses gouttes, lorsqu'elles sont agitées par quelque tempête, ne vient que do ce que cette agitation fait que, pendant que celles de leurs parties qui sont molles et pliante$ demeurent jointes ensemble, les pointes des autres qui sont roidcs et droites s'avancent ainsi que des petits dards hors de leurs superficies et poussent avec impétuosité les parties du second élément qu'elles rencontrent. Je crois aussi que les bois pourris, les poissons sal^ et autres tels corps, ne luisent point que lorsqu*ilse fait en eux quelque altération qui rétrécit tellement plusieurs de leurs pores qu'ils ne peuvent contenir que de la matière du premier élément , soit que cette altération vienne de ce que quelques-unes de leurs parties s'approchent lorsque quelques autres s'éloignent, comme il semble arriver aux bols pourris , soit de ce que quelque autre corps se mêle avec eux, comme il arrive aux poissons salés qui ne luisent que pendant les jours que les parties du sel entrent dans leurs pores.

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