‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 218 sur 306 · QUATRIÈME PART · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PART

BftDt C * est aidé par Taimant P à sonteoir contre soi le fer DE qui lui est joint; et réciproquement Talmant F est aidé par Taimant € à soutenir en l'air le bout de ce fer marqué E ; car il pourroit être si pesant que cet aimant F ne le sontiendrolt pas ainsi en Falr si l'autre bout marqué Dt an lieu d*étre joint à l'aimant €, étoit appuyé sur quelque autre corps qui le retiendroit en la place oà 11 est sans empêcher E de se baisser.

n& Pourquoi on aimant Mec fort ne peat attirer le fer qui pend à on aimant plus foiUe.

Mais pmidant que Taimant P est ainsi aidé par Taimant € à soutenir le fer DE, il est empêché par ce même aimant de faire approdier ce fer vers soi : car il est à remarquer que pendant que ce fer touche C, il ne peut être attiré par F, lequel il ne touche point, nonobstant qu'on suppose ce dernier beaucoup plus puissant que le pre« ffiier : dont la raisou est que les parties cannelées passant au travers de ces deux aimants et de ce fer, ainsi que s'ils n'étoient qu'un seul aimant, en la façon déjà expliquée, n'ont point notabienent plus de force en l'un des endroits qui est entre € et F qu'en l'autre, et par conséquent ne peuvent foire que le fer DE quitte C pour aller vers F, d'autant qu'il n'est pas retenu vers C par la seule force qu'a cet aimant pour l'attirer, nais principalement aussi parce qu'ils se touchent, Men que ce ne soit pas en tant de parties que si cet aimant étoit armé.

m. Pourquoi quelquefois, au contraire» le plus Ibible aimant atUre le flèr d* un autre plus fort.

Et ced fait entendre pourquoi un aimant qui a peu de force, ou même uu simple morceau de fer, peut souvent détacher un autre fer d'un aimant fort puissant auquel il est joint. Car il faut remarquer que cela n'arrive jamais si ce n'est que le plus foible aimant touche aussi le fer qu'il doit séparer de l'autre; et que lorsqu'un fer de li^re longue, comme DE , touche deux aimants situés comme C et F, en sorte qu'il touche de ses deux bouta deux de leurs pèles qui aient diverse vertu, si on retire ces deux aimants l'un de l'autre, le fer qui les touchoit tous deux ne demeurera pu toujours joint au plus fort, ni toujours aussi ao plus foible, mais quelquefois à celui-ci et qaelqnefois à celuUlà. Ce qui montre que la seule raison qui fait qu'il en suit Tun plutôt que l'autre est qa*ll se rencontre qu'il touche en une superficie tant soit peu plus grande, ou bien en plus de points, celui auquel il demeure attadié.

(1) Toyes figure xlv.

178. Pourquoi en 'œs pays seplentrionaiiz le pMe awtral de raimaut peut Urer pins de for que rautre.

On peut aussi entendre pourquoi le pêle aus« tral de toutes les pierres d'aimant semble avoir plus de force et soutient plus de fer en cet hémisphère septentrional que leur autre pêle , en considérant comment l'aimant C est aidé par l'aimant F à soutenir le fer DE. Car la terre étant aussi un aimant, elle augmente la force des autres aimants, lorsque leur pêle austral est tourné vers son pêle boréal, en même façon que l'aimant P augmente celle de l'aimant C; comme aussi au contraire elle la diminue lorsque le pêle septentrional de ces autres aimants est toorné vers elle en cet hémisphère septentrional.

119. Gomment s'arrangent les grains de la Hmure'd'aeier b«tour d*un aimant

Et si on s'arrête à considérer en quelle façon la poudre ou limure de fer qu'on a jetée autour d'un aimant s'y arrange, on y pourra remarquer beaucoup de choses qui confirmeront la vérité de celles que je viens de dire. Car, en premier lieu, on y verra que les petits grains de cette poudre ne s'entassent pas confusément , mais que, se joignant en long les uns aux autres, ils composent comme des filets qui sont autant de petits tuyaux par oà passent les parties cannelées plus librement que par l'air, et qui pour ce sujet peuvent servir à faire connoître les chemins qu'elles tiennent après être sorties de l'aimant. Mais afin qu'on puisse voir à l'œil quelle est l'inflexion de ces chemins , il faut répandre cette limure sur un plan bien uni, au milieu duquel soit enfoncé un aimant sphérlque, en telle sorte que ses deux pèles le touchent, comme on a coutume d'enfoncer les globes dans le cercle de l'horizon pour représenter la sphère droite ; car les petits grains de cette limure s'arrangeront sur ce plan suivant des lignes qui marqueront exactement le chemin que j'ai dit ci-dessus que prennent les parties cannelées autour de chaque aimant et aussi autour de toute la terre. Puis si on enfonce en même façon deux aimants dans ce plan, et que le pêle boréal de l'un soit tourné vers l'austral de l'autre, comme ils sont en cette figure, la limure mise autour fera voir que les parties cannelées prennent leur cours autour de ees deux aimants en même façon que s'ils n'étoient qu'un ; car les lignes suivant lesquelles s'arrangeront ses petits grains seront droites entre les deux pèles qui se regardent, comme sont ici celles qu*oo voit entre A et 6, et les autres seront repliées des deux cêtés, comme on voit celles que désignent les lettres BRVXTa. On peut aussi voir, en tenant un aimant avec la main , l'un des pèles duquel , par exemple l'austral , soit tourné rers la terre.

LES PRINCIPES m hH PHILOSOPHIE.

0i «p'U I ait 4« to Umare de fer pendue ioe pAle, que s*il 7 a un autre aimant au-desMas, dont le |>dle de même Terto , à savoir Taustral, soit toarné Tert cette limure, les petits fllets qu'elle compose, qui pendent tout droit de haut en bas lorsque ces deux aimants sont éloignée Tun de l'autre, se replient de bas en haut lorsqu'on les approche; à cause que les parties cannelées de l'aimant supérieur qui coulent le long de ces filets sont repoussées yers en haut par leurs semblables qui sortent de l'aimant inférieur. Et même si cet aimant inférieur est plus fort que l'autre, il en détachera cette limure et la fera tomber sur soi lorsqu'ils seront proches ; à cause que ses parties cannelées faisant effort pour passer par les pores de la limure, et ne pouvant y entrer que par les superflelee de eee grains qui sont jointes i l'autre aimant , elles les sépareront de lui. Mais si , au contraire, 00 tourne le pèle boréal de l'aimant inférieur vers l'austral du supérieur, auquel pend oette limure, elle allongera ses petits filets en ligne droite, à cause que leurs pores seront disposa è recevoir toutes les parties cannelées qui passeront de Tun do ses pôles à l'autre; mais la limure ne le détachera point pour cela de l'aimant su^ périeur pendant qu'elle ne touchera point à rautre, i cause de la liaison qu'elle acquiert par l'attouchement , ainsi qu'il a tantôt été dit. Et à eause de cette même liaison, si la limure qui pend i un aimant fort puissant est touchée par un autre aimant beaucoup plus foible, ou seulement par quelque morceau de fer, il y aura toujours plusieurs de ses grains qui quitteront le plus fort aimant, et demeureront attachés au plus foible, ou bien au morceau de fer, lorsqu'on les retirera d'auprès de lui ; dont la raison est que les petites superficies de cette limure étant fort diverses et inégales, il se rencontre toujours que plusieurs de ces grains touchent en plus de points ou par une plus grande superficie le plus bible aimant que le plus fort.

ISS. Oomneni une lame de fer Jointe à run des pôles de r^imant empêche m venu.

Une lame de fér qui, étant appliquée contre Tun des pôles d'un aimant , lui sert d'armure et augmente de beaucoup la force qu'il a pour soutenir d'autre fer, empêche celle qu'a ce même aimant pour attirer ou faire tourner vers soi les aigulilee qui sont proche de ce pôle. Par exemple, h lame DCB empêche que l'aimant AB, au pôle duquel elle est jointe, ne fasse tourner ou appro- Aer de soi l'aiguille EF, ainsi qu'il feroit si cette lame étdt ôtée. Dont la raison est que les parties eannelées qui continueroient leur cours de B<

vers EP, s'il n'y avoit que de Talr entre deux, «q« trant en cette lame par son milieu C, sont détoa^ nées par elle vers les extrémités DD, d'oi elbi retournent vers A, et ainsi à peine peut-il y en avoir aucune qui aille vers l'aiguille EF; en mime façon qu'il a été dit ci -dessus qu'il en vieat pea jusques à nous de celles qui passent par la seeonde région 4e la terre, à cause qu'elles retouN nent presque toutes d'un pôle vers l'aptre parla croûte intérieure de la troisième région où nous sommes ; et que c'est ce qui fait que la varia d« l'aimant nous paroit en elle si foible.

iSf* QM cfUsaDaneverui ne peut être cmpteWaiirrio-

terposIUoo d'aucun autre corps.

Mais, excepté le fer et i'almant, nous n'avoDi aucun corps en cette terre extérieure qui, étant mis en la place oA est cette lame CD, puisse empêobar que la vertu de l'aimant AB ne passe jus* ques i raiguille EP ; car nous n'en avons aucus, tant solide et tant dur qu'il puisse être, daos lequel il n'y ait plusieurs pores, non pas véritablement qui soient ajustés à la figure des parties eannelées, comme sont ceux du fer et de l'aimant, mais qu'ils sont beaucoup plus grands , en sorte que le second élément les oooupe $ ce qui iiiit que les parties cannelées passent aussi aisément par dedans ces corps durs que par l'air, par lequel elles ne peuvent passer, non plus que par eui, sinon en se faisant faire plaee par les parties do second élément qu'elles rencontrent.

I8S. Que la situation de ralmant, qui est coolrairc à ceDe qu*il prend naturcUemeot quand rien oe rempéche, lui ôie peu à peu sa vertu.

Je ne sais aussi aucune çbose qui fasse perdre la vertu à l'aimant ou au fer, excepté lorsqu'on le retient longtemps en une situation contraire i celle qu'il prend naturellement quand rien ne l'empêche de tourner ses pôles vers ceux de la terre ou des autres aimants dont il est proche, et aussi lorsque l'humidité ou la rouille le corrompt, et enfin lorsqu'il est mis dans le feu. Mais s'il est retenu longtemps hors de sa situation naturelle, les parties cannelées qui viennent de la terre ou des autres aimants proches font effort pour entrer à contre-sens dans ses pores, et par ce moyen, changeant peu à peu leurs figures, lui font perdra sa vertu.

ISS. (ioe oetie Tertu peut aussi M être Otée par le tea et dimiouée par la rouille.

La rouille aussi en sortant hors des parties mi* talliques de l'aimant bouche les entrées de ses po« res, en sorte que les parties cannelées n'y sont pas si aisément reçues, et l'humidité fait en quel-

QUATIUÂMS PAATIE*

«w iiiCOli le lemblable, en tant qu'elle dispose i li rpiiille ; §H enfin» le feu étant assez fort trouble rprdro des parties du fer ou de raimant en les a^i- Uni, et mtoe il peut 4tre si violent qu*il change auiii la 6favê de leurs pores. Au reste, je ne crois Fil qa jOh ait encore jamais observé aucune chose touchant l'aimant qui soit vraie, et en laquelle rotaerrateur ne se soit point mépris, dont la rai- «m Uù foit comprise en ce que je viens d'emplii|ii6r» a n'en puisse lacilement être déduite.

tSi Qndls ert ralUvetioo de Fambre, da Jayet, de la dre, dn

Ifafaiy aprée aroir parlé de la vertu qu'a Taimant pour attirer le fer, il semble à propos que

{'e diM aucai quelque chose de celle qu'ont Tarn* ^re, te jayett la cire, la résine, le verre, et plusieurs autres corps , pour attirer toutes sortes de petits fttus. Car encore que mon dessein ne soit P9S d'expliquer ici la nature d'aucun corps particulier, sinon en tant qu'elle peut servir à confirmer la vérité de ce que j'ai écrit touchant ceux fui se Irouvent le plus universellement partout, et qui peuvent être pris pour les éléments de ce laondo visilde, encore aussi que je ne puisse savoir asMirément pourquoi l'ambre ou le jayet a telle rerttt « «i je ne fais premièrement plusieurs axpérieBoes qui me découvrent Intérieurement quelle ast leur nature , toutefois à cause que la niéme rertu est dans le verre, duquel j'ai été cidessus obligé de parler entre les effets du feu, si je n'explîquois point en quelle sorte cette vertu est en lui , on auroit siyet do douter des autres choses qae j'en ai écrites, vu principalement que ctui qui remarquent que presque tous les autres eorps où est cette vertu sont gras ou huileux se persuadaroient peut-être qu'elle consiste en ce que, lorsqu'on frotte ces corps (car il est ordinairement bêioin de les frotter afii) qu'elle soit eiQU ^)f il 7 A quelques-unes des plus petites de leurs pirties qui so répandent par l'air d'alentour, et qui, étant composées de plusieurs petites bran* che», domeurent tellement liées les unes aux au* Ira qu'olles retournent incontinent après vers le eorps d'où elles sont sorties et apportent vers lui ks petits fétus auxquels elles se sont attachées; liosi qu'oQ voit quelquefois qu'eu aecouant un peif k boot d*une baguette auquel pend une goutte de quelque liqueur fort gluante, qu'une partie de eelte liqueur iile en Talr et desoend Jusques à QDe certaine distance, puis remonte Incontinent ie soi^méaw yen le reste de la goutte qui est demeuré joiot i la iMguette, et y apporte aussi des litus ai elle en rencontre en son chemin ; car on ne peot loMf in^ rien de semblable dans le verre, itt moiiii fi sa naturo a»t telle que je l'ai décrite {

c'est pourquoi II est besoin qoe je cberdie on lui une autre cause de cette attraction.

18S. Qu^e est la cause de cette atlracUon dans le verre.

Or an considérant de quelle façon j'ai dit qu'il se fiiit, on peut oonnoUre que les Intervalles qui sont entro ses parties doivent être pour la plupart de figure longue, et que c'est seulement le milieu de oes Intervalles qui est asses large pour donner passage aux parties du second élément, lesquelles rendent le Terre transparent, de sorte qu'il demeure des deux cétés en ehacun de ces intervalles des petites fentes si étroites qu'il n*y a rien que le premier élément qui les puisse oc«coper ; ensuite de quoi il dot remarquer touchant ce premier élément, dont la propriété est de prendre toujours la figure des lieux eu il se trouve, que, pendant qu'il eoule par ces petites fentes, les moins agitées de ses parties s'attachent les unes aux autres, et composent des bandelettes qui sont fort minces, mais qui ont un peu de largeur et beaucoup plus de longueur, et qui vont et Tiennent en tournoyant de tous cétés entré les parties du verre, sans jamais guère s'en éloigner, à cause que les passages qu'elles trouvent dans l'air ou dans les autres corps qui l'environnent ne sont pas si ajustés à leur mesure, ni si propres à les recevoir. Car encore que le premier élément soit très Ouide, Il a néanmoins en sol des parties qui sont moins agitées que le reste de sa matière, ainsi qu'il a été expliqué aux articles 87 et 88 de la troisième partie, et il est raisonnable de croire que, pendant que ce qu'il y a de plus fluide en sa matière passe contiouellement de l'air dans le verre et du verre dans Tair, les moins fluides do ses parties qui se trouvent dans le verre y demeurent dans les fentes auxquelles ne répondent pas les pores de Tair, et que là, se Joignant les unes aux autres, elles composent ces bandelettes, lesquelles acquièrent par œ moyen en peu de temps des figures si fermes qu'elles ne peuvent pas aisément être changées; ce qui est cause que lorsqu'on frotte le verre assez fort, en sorte qu'il s'échauffe quelque peu, ces bandelettes qui sont chassées hors de ses pores par cette agitation sont contraintes d'aller yers Talr et vers les autres corps d'alentour, où ne trouvant pas des pores si propres à les recevoir, elles retournent aussitôt dans le yerre, et y amènent avec sol les fétus ou autres petits corps dans lef pores desquels elles se trouvent engagées.

iSe. Que la même causa semble aussi a^oir llea eo toutes tei antres auracUoDs.

Et^ qui est dH kd du verre se doit

LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE

tondre de tons les antres corps, ou du moins de la plupart, en qui est cette attraction, à savoir qu'il y a quelques interralles entre leurs parties qui, étant trop étroits pour le second élément, ne peuyent reoeyolr que le premier, et qui, étant plus grands que ne sont dans l'air ceux où le seul premier élément peut passer, retiennent en soi les parties de ce premier élément qui sont les moins agitées, lesquelles, se joignant les unes aux autres, y composent des bandelettes qui ont à la vérité diverses figures selon la diversité des pores par où elles passent, mais qui conviennent toutes en cela qu'elles sont longues, plates, pliantes, et qu'elles coulent çà et là entre les parties de ces corps; car, d'autant que les Intervalles par où elles passent sont si étroits que le second élément n'y peut entrer, ils ne pourrolent être plus grands que le sont dans l'air ceux où le même second élément n'entre point, s'ils ne s'étendolent plus qu'eux en longueur, étant comme autant de petites fentes qui rendent ces bandelettes larges et minces : et ces intervalles doivent fitre plus grands que ceux de l'air, afin que les parties les moins agitées du premier élément s'arrêtent en eux, pendant qu'il sort continuellement autant du même premier élément par quelques autres pores de ces corps qu'il y en vient des pores de l'air. C'est pourquoi, encore que Je ne nie pas que l'autre cause d'attraction que j'ai tantôt expliquée ne puisse avoir lieu en quelque corps, toutefois, parce qu'elle ne semble pas assez générale pour pouvoir convenir à tant de divers corps, comme fait cette dernière, et que néanmoins il y en a un fort grand nombre en qui cette propriété de lever des fétus se remarque, je crois que nous devons penser qu'elle est en eux, ou du moins en la plupart, semblable à celle qui est dans le verre.

1S7. Qaà rexemple des choMs qui ont été expUquées, on peat rendre raison de tous les plus admirables effets qui swt Bor la terre.

Au reste, je désire Ici qu'on prenne garde que ces bandelettes, ou autres petites parties longues et remuantes, qui se forment ainsi de la matière du premier élément dans les Intervalles des corps terrestres, y peuvent être la cause, non-seulement des diverses attractions, telles que sont celles de l'aimant et de l'ambre , mais aussi d'une Infinité d'autres effets très admirables; car celles qui se forment dans chaque corps ont quelque chose de particulier en leur figure qui les rend différentes de toutes celles qui se forment dans les autres corps. Et d'autant qu'elles se meuvent sans cesse fort vite , suivant la nature du premier élément duquel elles sont des parties, il se peut

faire que des circonstances très peu remarqiitUei les déterminent quelquefois i tournoyer çà et Ut dans le corps où elles sont , sans s'en écarter ; el quelquefois au contraire à passer en fort peu de temps jusques i des lieux fort éloignés, saos qu'aucun corps qu'elles rencontrent en leur diemin les puisse arrêter ou détourner, et que, rencontrant là une matière disposée à recevoir leor action , elles y produisent des effets entièremeot rares et merveilleux : comme peuvent être de faire saigner les plaies du mort lorsque le meurtrier s'en approche, d'émouvoir l'imagiDatioD de ceux qui dorment on même aussi de ceux qui sont éveillés , et leur donner des pensées qui les avertissent des choses qui arrivent loin d'eux, en leur Élisant ressentir les grandes aflflictioDs ou lei grandes joies d'un intime ami, les mauvais desseins d'un assassin, et choses semblables. Et enfin, quiconque voudra considérer combien les propriétés de l'aimant et du feu sont admirables, et différentes de toutes celles qu'on observe communément dans les autres corps ; combien est grande la flamme que peut exciter en fort peu de temps une seule étincelle de feu quand elle tombe en une grande quantité de poudre, et combien elle peut avoir de force ; jusques à quelle extrême distance les étoiles fixes étendent leur lumière en un instant; et quels sont tous les autres effets dont je crois avoir ici donné des raisons assez claires, sans les déduire d'aucuns autres principes que de ceux qui sont généralement reçus et connus de tout le monde, a savoir de la grandeur, figure, situation et mouvement des diverses parties delà matière; il me semble qu'il aura sujet de se persuader qu'on ne remarque aucunes qualités qui soient si occultes , ni aucuns effets de sympathie ou d'antipathie si merveilleux et si étranges, ni enfin aucune autre chose si rare en la nature (pourvu qu'elle ne procède que des causes purement matérielles et destituées de pensées oo de libre arbitre ) que la raison n'en puisse être donnée par le moyen de ces mêmes principes. Ce qui me fait ici conclure que tous les antres principes qui ont jamais été ajoutés à ceux-d , «ans qu'on ait eu aucune autre raison pour les ajouter, sinon qu'on n'a pas cru que sans eux quelques effets naturels pussent être expliqués, sont entièrement superflus.

ISS. Ooelles choses doivent encore élte expUqoées, aSo que ce traité soit complet.

Je finirois ici cette quatrième partie des principes de la philosophie si je l'accompagnois de deux autres, l'une touchant la nature des animaux et des plantes, l'autre touchant celle de l'homme, ainsi que je m'étoia proposé lorsque j*al

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