‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 240 sur 306 · ARTICLE XCI · texte numérisé non relu

ARTICLE XCI

La défloidoû de la Joie

La joie est une agréable émotion de l'âme en laquelle consiste la jouissance qu'elle a du bien que les impressions du cerveau lui représentent comme sien. Je dis que c'est en cette émotion que consiste la jouissance du bien, car en effet l'âme ne reçoit aucun autre fruit de tous les biens qu'elle possède ; et pendant qu'elle n'en a aucune joie, on peut dire qu'elle n'en jouit pas plus que si elle ne les possédoit point. J'ajoute aussi que c'est du bien que les impressions du cerveau lui représentent comme sien, afin de ne pas confondre cette joie, qui est une passion, avec la joie purement intellectuelle , qui vient en l'âme par la seule action de rame, et qu'on peut dire être une agréable émotion excitée en elie-méme, en laquelle consiste la jouissance qu'elle a du bien que son entendement lui représente comme sien. Il est vrai que, pendant que l'âme est jointe au corps, cette joie intellectuelle ne peut guère manquer d'être accompagnée de celle qui est une passion ; car sitêt que notre entendement s'aperçoit que nous possédons quelque bien, encore que ce bien puisse être si différent de tout ce qui appartient au corps qu'il ne soit point du tout imaginable, l'imagination ne laisse pas de faire iocontinent quelque impression dans le cerveau, de laquelle suit le mouvement des esprits qui excite la pas* sion de la joie.

ARTICLE ZCII.

La définition de la Urbtesae.

La tristesse est une langueur désagréable, en laquelle consiste l'incommodité que l'âme reçoit du mal, ou du défaut que les impressions du cerveau lui représentent comme lui appartenant. Et il y a aussi une tristesse intellectuelle, qui n'est pas la passion, mais qui ne manque guère d'en être accompagnée.

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