‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 266 sur 306 · KM».— A1II.M · texte numérisé non relu

KM».— A1II.M

(UttreCTUdutoflMi.)

Monsieur, Je vleni d'apprendre la triste nouvelle de totre

<l) « Gatlt Mire «61 da M , netoiilM t* vn a-voil perdu too frère. Comme Deieartes y dit qa*U «Toit. seaaU depoli.pca la perte de deux persoimes 4(4 lui éUAun

afOlctldH, et biètl ^ué Je lie itte promette pas de rien mettre eti cette lettre qui ait grande force pour adoucir totre douleur, Je ne puis toutefois m'abstedlr d'y tflcher, pour vods témoigner au fnoins que J*y participe. Je ne suis pas de ceux qui estiment que les larmes et la tristesse n'ap* pàrtiennent qU*aux femmes, et que pour paroilre homme de cœur on se doive contraindre à montrer toujours un visage tranquille; J'ai seiiti depuis peu la perte de deux personnes qui m'étoient très proches, et J'ai éprouvé que ceux qui me touloient défeddre la tristesse l'irrltolent, au lieu que j^étois Soulagé par la complaisance de ceux que Je voyois touchés de mon déplaisir. Ainsi je m'assure que tous me soufTrirex mieux si Je ne m'oppose point à tos larmes que si J'entreprenois de vous détoul^ner d'un ressentiment que je Crois Juste; mais 11 doit néanmoins y avoir quelque mesure, et comme ce seroit être berbare de ne se point aiOlger du tout lorsqu'on en a du sujet, aussi seroit-ce être trop lâche de s'abandonner edtlèremedt au déplaisir, et ce seroit faire fort mal son compte que de ne tâcher pas de tout son pouvoir à se délivrer d'une passion si incommode. La profession des armes en laquelle vous êtes nourri accoutume les hommes â voir mourir inopinément leurs meillearB àmts, et II n^y a rien au monde de si fâcheux que l^accoutumance ne le rende supportable. Il y a, ce ine semble, Iieaucoun de rapport entre la perte d'une main et d'un frère : vous avez cî-devant soufiért la première sans que j'aie jamais remarqué que vous en fussiez affligé ; pourquoi le seriez» vous davantage de la seconde^ Si c'est pour votre propre intérêt, il est certain que vous la pouvez mieux réparer que l'autre, en ce que l'acquisition d'un fidèle ami peut autant valoir que l'amitié d*un bon frère ; et si c'est pour Tintérêt de celui que Vous regrettez, comme sans doute votre générosité ne vous permet pas d'être touché d'autre chose, vous savez qu'il n'y a aucune raison ni religion qui fasse craindre du mal après cette vie à ceux qui ont vécu en gens d'honneur, mais qu'au contraire l'une et l'autre leur promet des joies et des récompenses. Enfin, monsienr, toutes nos affilctions, quelles qu'elles soient, ne dépendent que fort peu de raisons auxquelles nous les attribuons, mais seulement de l'émotion et du troubla intérieur que la nature excite en nous-mêmes ; car lorsque cette émotion est apaisée* encore que toutes les raisons que nous avions auparavant demeurent les mêmes, nous ne nous sentons plus Infligés. Or je ne veux point vous conseiller d*em«

très chères, on toII bien qa*n entend la mon de son père et de sa une, irritée su^ te Sn de 1640. C'est pourquoi Je phca cette leUfS le lejsavMr ieél.a (leie Us resoMiM éi rto»»

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CORRESPONDANCE

ployer toutes les forces de yotre résolution et coustanoe pour arrêter tout d'un coup Tagitation intérieure que vous sentez, ce seroit peut-être un remède plus fâcheux que la maladie ; mais je ne TOUS conseille pas aussi d'attendre que le temps seul TOUS guérisse, et beaucoup moins d'entretenir et prolonger votre mal par tos pensées ; je TOUS prie seulement de tacher peu à peu de radoucir en ne regardant ce qui vous est arrivé que du biais qui vous le peut faire paroître le plus supportable, et en vous divertissant le plus que vous pourrez par d'autres occupations. Je sais bien que je ne vous apprends ici rien de nouveau, mais on ne doit pas mépriser les bons remèdes pour être vulgaires, et m'étant servi de celui-ci avec fruit, j'ai cru être obligé de vous récrire ; car je suis, elc.

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