‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 27 sur 306 · MÉDITATION TROISIÈME · texte numérisé non relu

MÉDITATION TROISIÈME

De Dlea; qaH existe.

Je fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous mes sens, j'effacerai même de ma pensée toutes les images des choses corporelles, ou du moins, parce qu'à peine cela se peut -il faire, je les réputerai comme val-» nés et comme fausses; et ainsi m'entretenant seulement moi-même^ et considérant mon intc-

(DAddiUon au texte latin. (S)Id.

MEDITATION TROISIÊBIE.

rieur, Je tâdierai de me rendre peu a peu plus connu et plus lamUier à moi-même. Je suis une cfaoee qui pense, c*est-i*dire qui doute, qui affirme, qui nie, qui oonnoît peu de choses, qui en ignore lieaucoup, • qui aime, qui liait ^ , » qui veut, qui ne yeut pas, qui imagine aussi, et qui sent ; car, ainsi que j'ai remarqué â-devant , quoique les choses que je sens et que j'imagine ne soient peut-être rien du tout hors de moi « et en ellesmêmes', » je suis néanmoins assuré que ces façons de penser que j'appelle sentiments et imaginations, en tant seulement qu'elles sont des fu^ns de penser, résident et se rencontrent certainement en moi. Et dans ce peu que je Tiens de dire, je crois avoir rapporté tout œque jesais Téritablement, ou du moins tout ce que jusques ici j'ai remarqué que je sa?ois. Maintenant, pour lâcher d'étendre ma connoissance plus avant, j'userai de circonspection, et considérerai avec soin si je ne pourrai point encore découvrir en moi quelques-autres choses que je n'aie point encore jusques ici aperçues. Je suis assuré que je suis une chose qui pense , mais ne sais- je donc pas aussi ce qui est requis pour me rendre certain de quelque chose? Certes, dans cette première connoissance il n'y a rien qui m'assure de la vérité que la claire et distincte perception de ce que je dis, laquelle de vrai ne seroit pas suf* flsante pour m'assurer que ce que je dis est vrai, s'il pouvoit jamais arriver qu'une chose que je ooncevrois ainsi clairement et distinctement se trouvât fausse ; et partant il me semble que déjà je puis établir pour règle générale que toutes les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies.

Toutefois j*ai reçu et admis ci-devant plusieurs choses comme très certaines et très manifestes, lesquelles néanmoins j'ai reconnu par après être douteuses et incertaines. Quelles étoient donc ces choses-là? G'étoit la terre, le ciel, les astres, et toutes les autres choses que j'apercevois par l'entremise de mes sens. Or qu'est-ce que je concevois clairementet distinctement en elles? Certes rien autre chose, sinon que les idées ou les pensées de ces choses-là se présentoient à mon esprit. Et encore à présent je ne nie pas que ces idées ne se rencontrent en moi. Mais il y avoit encore une autre chose que j'assurois, et qu'à cause de l'habitude que j'avois à la croire je pensois apercevoir très clairement, quoique véritablement je ne l'aperçusse point, à savoir qu'il y avoit des choses hors de moi d'où procédoient ces idées, et auxquelles elles étoient tout-à-fait semblables ; et c'étoit en cela que je me trompois ; on si peut-être je jugeois selon la yérité, ce n'é-

(1) AddHk» tu texte Utin. (S) M.

toit aucune connoiflaiiee q^j*eme qtti fiktcane de la vérité de mon jugement.

Mais lorsque je consîdérois qndqiie dme de fort simple et de fort lacila toodiant l'arithmécîque et la géométrie, par exemple que deux et trois joints ensemble produisent le nombre de dnq, et antres choses semblaliles, ne les conce- ▼ois-je pas au moins asses clairement pour assurer qu'elles étoient vraies? Certes si j'ai jugé depuis qu'on pouYOit douter de ces choses, ce n*a point été pour autre raison que parce qu'il me Yenoit en l'esprit que peut-être quelque Dieu avoit pu me donner une telle nature que je me trompasse même touchant les choses qui me sem blent les plus manifestes. Or toutes les fob que cette opinion ci-devant conçue de la souveraine puissance d'un Dieu se présente à ma pensée, je suis contraint d'avouer qu'il lui est fadle, s'il le veut, de faire en sorte que je m'abuse même dans les choses que je crois connoitre avec une évidence très grande ; et an contraire, toutes les fois que je me tourne vers les ctmes que je pense concevoir fort clairem^t, je suis tellement persuadé par dles que de moi-même je me laisse emporter à ces paroles : Me trompe qui pourra, si est-ce qu'il ne sauroit jamais faire que je ne sols rien, tandis que je penserai être quelque chose, ou que quelque jour il soit Yrai que je n'aie jamais été, étant vrai maintenant que je suis, ou bien que deux et trois joints ensemble fassent plusni moins que cinq, ou choses semblables, que je vois clairement ne pouvoir êtred'au^ tre façon que je les conçois.

Et certes, puisque je n'ai aucune raison de croire qu'ii y ait quelque Dieu qui soit trompeur, etmêmequejen'ai pas encore considéré celles qui prouvent qu'il y a un Dieu, la raison de douter qui dépend seulement de cette opinion est bien légère, et pour ainsi dire métaphysique. Maie afin de la pouvoir tout-à-fait êter, je dois examiner s'il y a un Dieu, sitêt que l'occasion s'en présentera; et si je trouve qu'il y en ait un, je dois aussi examiner s'il peut être trompeur ; car» sans la connoissance de ces deux vérités, je ne vois pas que je puisse jamais être ceftam d'aucune chose. Et afin que je puisse avoir occasion d'examiner cela sans interrompre l'ordre de mé diter que je me suis proposé, « qui est de passer par degrés des notions que je trouverai les premières en mon esprit à celles que j'y pourrai trouver par après S •> il faut ici que je divise toutes mes pensées en certains genres et que je considère dans lesquels de ces genres 11 y a proprement de la vérité ou de l'erreur.

Entre mes pensées, quelques-unes sont comme

ii) Addition sa teste tatlB.

DE DIEU; QITIL EXIS1&

te fanages des dioses, et c'est & celles-là seules que conTient proprement le nom d'idée ; comme kmqneje me représente un homme ^t on une chimère, ou le ciel, ou un ange, ou Dieu même. D'autres, outre cela, ont quelques autres formes ; comme lorsque je toux, que je crains, que J'affirme ou que je nie, je conçois bien alors quelque chose comme le sujet de l'action de mon esprit, mais j'ajoute aussi quelque autre chose par cette action a l'idée que j'ai de cette chose-là ; et de ce ^mre de pensées, les unes sont appelées Tolontés ou a/TectioDs, et les autres jugements.

Maintenant, pour ce qui concerne les idées, si on les considère seulement en elles-mêmes, et qu'on ne les rapporte point à quelque autre chose, eUesnepeuTent, à proprement parler, être fausses; car soit que j'imagine une chèvre ou une chimère, il n'est pas moins yral que j'imagine l'une que l'antre. Il ne faut pas craindre aussi qu'il se puisse rencontrer de la fausseté dans les affections on Tolontés ; car encore que je puisse désirer des choses mauvaises, ou même qui ne furent jamais, toutefois il n'est pas pour cela moins vrai que je les désire. Ainsi il ne reste plus que les seuls jugements dans lesquels je dois prendre garde soigneusement de ne me point tromper. Or la principale erreur et la plus ordinaire qui s'y puisse rencontrer consiste en ce que je juge que les idées qui sont en moi sont semblables ou conformes à des choses qui sont hors de moi ; car certainement si je considérois seulement les idées comme de certains modes ou façons de ma pensée, sans les irouloir rapporter à quelque autre chose d'extérieur, à peine me pourroient-elles donner occasion de faiUir.

Or entre ces idées, les unes me semblent être nées avec moi, les autres être étrangères et venir de dehors, ^t les autres être faites et inventées par moî-méme >. Car que j 'aie la faculté de concevoir ce que c'est qu'on nomme en général une chose, ou une vérité, ou une pensée, il me semble que je ne tiens point cela d'ailleurs que de ma nature propre ; maissij'ois maintenant quelque bruit, si je vois le soleil, si je sens de la chaleur, jusqu'à cette heure j'ai jugé que ces sentiments procédoient de quelques dioses qui existent hors de moi ; et enfin il me semble que les sirènes, les hippogriffes et toutes les autres semblables chimères sont des fictions et inventions de mon esprit. Mais aussi peutêtre m^ puls-je persuader que toutes ces idées lODt du genre de celie$ que j'appelle étrangères, et qui viennent de dehors, ou bien qu'elles sont toutes nées avec moi, ou bien qu'elles ont toutes

(1) Le texte latin porte: Cogffo, Je pense ft.

{^n y a tenlementdaiiilelatio: i «M ^pio ftooi, faites

été faites par mol ; car je n*al point encore dairement découvert leur véritable origine. Et ce que j'ai principalement à faire en cet endroit est de considérer, touchant celles qui me semblent venir de quelquesobjets qui sont hors de moi, quelles sont les raisons qui m'obligent à les croire semblables à ces objets.

La première de ces raisons est qu'il me semble que cela m'est enseigné par la nature , et la seconde, que j'expérimente en moi-même que ces idées ne dépendent point de ma volonté ; car souvent elles se présentent à moi malgré moi, comme maintenant, soit que je le veuille, soit que je ne le veuille pas; je sens de la chaleur, et pour cela je me persuade que ce sentiment ou bien cette idée de la chaleur est produite en moi par une chose différente de moi, à savoir par la chaleur du feu auprès duquel je suis assis. Et je ne vois rien qui me semble plus raisohnable que de juger que cette chose étrangère envoie et imprime en moi sa ressemblance plutêt qu'aucune autre chose.

Maintenant il faut que Je voie si ces raisons sont assez fortes et convaincantes. Quand, je dis qu'il me semble que cela m'est enseigné par la nature, j'entends seulement par ce mot de nature une certaine inclination qui me porte à le croire, et non pas une lumière naturelle qui me fasse connoître que cela est véritable. Or ces deux foçons de parler diffèrent beaucoup entre elles. Car je ne saurois rien révoquer en doute de ce que la lu* mière naturdle me fait voir être vrai, ainsi qu'elle m'a tantôt fait voir que de ce que je doutols je pouvois conclure que j'étois, d'autant que je n'ai en moi aucune autre faculté ou puissance pour distinguer le vrai d'avec le faux, qui me puisse enseigner que ce que cette lumière me montre comme vrai ne Test pas, et à qui je me puisse tant fier qu'à elle. Mais pour ce qui est des inclinations « qui me semblent aussi m'être naturelles*, » j'ai souvent remarqué, lorsqu'il a été question de faire choix entre les vertus et les vices, qu*elles nem^ont pas moins porté au mal qu'au bien* ; c'est pourquoi je n'ai pas stget de les suivre non plus en ce qui regarde le vrai et le faux'. Et pour l'autre raison, qui est que ces idées doivent venir d'ailleurs, puisqu'elles ne dépendent pas de ma volonté, je ne la trouve non plus convaincante. Car tout de même que ces inclinations dont je parlois tout maintenant se trouvent en moi, nonobstant qu'elles ne s'aocordent pas toujours avec ma volonté» ainsi

(1) AddiUon an texte latin.

(S) Il y a seulement dans le texte latin: Jtu&çavi meabUO» In deieriorem partan fuUse tmpuUum, quum de bono etkfendo ugeretur, fal remarqué qu'elles m*ont porté an mal lorsqu'il étoit question de faire choix du t>ien.

(39 Le texte latin porte seulement itnuUàaUà N^en aocone autre chose.

fé

MÂDITATlOir TaOUIËME.

p0al4Cn4«*a f aea moiqoilqiMCMmlUoa paiiaaoce propre A prodaifa cet idéei sans l'aide d*aocoDef oiMMet eitérieares, bien qu'elle ne me loit paeeDfloreaiDBue; oemiDeeiiefietUni'aUHijoars aemirii Juiquee ici que lorsque je don elles ae rormeot alaai ea moi sans l'aide des objets qu'eUes représeDtent. Et odÛq encore que je demeurasse d'accord qu'eUes sont causées par css objets, ce n'est pas une conséquence nécessaire qu'ellea doirent l^ur être semblables. Au contraire, j'ai souyeni remarqué en beaucoup d'eiemples qu'il j a? oit une grande différence entre l'objet et son idée* Comme par exemple je trouye en moi deux idées du soleil toutes diverses « l'une tire son ori* fine des sensi et doU être placée dans le genre de oeiies que j'ai dites d-dessus venir de dehors, par laquelle il nm peroU extrêmement petit ; l'autre est prise des raisons de l'astronomie, c'est-à-dire 4e certaines notions nées avee moi, ou enfin est fermée paf moi-même de quelque sorte que ce paisse êtroi par 1 tqueile il me paroU plusieurs fois pbia grand que toute la terre. Certes ces deux i4ées que je conçois du soleil ne peuvent pas être toutee deux semblabies au messe aoleil ( et la rai* son me ikit croire que celle qui vient immédiate* neiit de son apparence est oelle qui lui est le plus dissemblftble. Toutcetamefaitassessconnoitreque jusquas i dette heure ce n'a point été par un ju* gement oertain et prémédité, mais seulement par une aveugle et téméraire impulsion, que j'ai cm qu'il Y ttvoit dea chosls hors de moi et différentes de mon êlroi qui, par les orgaûes de mes sens, ou par quelque autre moyen que ce puisse être, envoyoient en moi leurs idées ou images et y imprimeient leurs ressemblances.

Mais il se présente encore une autre voie pour tfeehereher si entre les choses dont j'ai en moi les Idées, il y en a qu^es-unes qui existent hors de moi ; 4 savoir, si ces idées sont prises en tant seulement que ce sont de certaines façons de penser, je ne reoonnois entre elles aucune différence ou inégalité, et toutes me semblent procéder de mol d'une même façon ; mais les considérant comme des images, dont les unes représentent une chose et les autres unje autre, il est évident qu'eUes sont fcrt différentes les unes des autres. Car en effet celles qui me représentent des substances sont sans doute quelque chose de plus, et contiennent en soi, pour ainsi parler , plus de réalité objective, « <f est-^-dire participent par représentation à plus de degrés d'être ou de perfections*» que celles qui me représentent seulement des modes ou accidents. De plus, celle par laquelle jeconçois un Dieu «aou verain *,»étsr«

(I) Addiilon au texte latin. (2) Id,

oei, infini,«lmmuaUe^», tout cennolsssatf toa^ puissant, et créateur universel de toutes ies choies qui sont hors de lui ; celle*là| dis-je, acertiias^ ment en soi plus de réalité objective que œUei par qui les substances finies me sont représentées. Maintenant c'est une chose manifeste par la lamière naturelle qu'il doit y avoir pour le moim autant de réalité dans la cause efficiente et totale que dana son effet ; car d'où est-ce que l'effet peut tirer sa réalité, sinon de sa cause, et comment cette cause la lui pourroit-elle communiquer, a elle ne l'avoit en elle-même ? Et de la il suit nonseulement que le néant ne sauroit produire aucune chose, mais aussi que ce qui est plus parfait, c'esti-dire qui contient en soi plus de réalité, ne peot être une suite et une dépendance du moins parfait Et cette vérité n*est pas seulement claire et évidente dans ies effets qui ont cette réalité que la philosophes appellent actuelle ou (brmelie, mais aussi dans les idées où l'on considère seulement la réalité qu'ils nomment objective ; par e^mpLt, la pierre qui n'a point encore été, non-seulem^t ne peut pas maintenant commencer d'être, si elle n'est produite par une chose qui posiide en soi formellement ou éminemment tout ce qui entre en la composition de la pierre, « c'est-à-dire qui contienne en soi les mêmes choses, ou d'autres plus i excellentes que celles qui sont dans la pierre S; » et la chaleur ne peut être produite dans un styct qui en étoit auparavant privé si ce n'est par uo^ chose qui soit d'un ordre « d*un degré ou d*uia genre 3 » au moins aussi parfait que |a chaleur, et ainsi des autres. Mais encore, outre cela, ridée de la chaleur ou de la pierre ne peut pas être oi moi si elle n'y a été mise par quelque cause qui contienne en soi pour le moins autant de réalité que j'en conçois dans la chaleur ou dans la pierre; car, encore que cette cause -là ne transmette en mon idée aucune chose de sa réalité actuolle ou formelle, on ne doit pas pour cela s'imagiaei que cette cause doive être moins réelle ; mais oq doit savoir que toute idée « étant un ouvrage «ii l'esprit, sa nature «» est telle qu'elle no dennaii di de soi aucune autre réalité formelle qne oe^ll< qu'elle reçoit et emprunte de la pennée « ou di l'esprit^, n dont elle est seulement un mode «c'est-à-dire une manière ou façon depenuer o. « Or afin qu'une idée contienne une telle réalité objective plutôt qu'une autre, elle doit sans dout avoir cela de quelque cause dans laquelle il s rencontre pour le moins autant de réalité for mello que cette Idée contient de réalité objec tive ; car si nous supposons qu'il se trouve quel que chose dans une idée qui ne se rencontre p^

(l)AdattlDea«imttlatio. («) M. (I)id. (^ Id. (K) Ici

(t^ld.

DEDII^i qmh BXI6T&.

(jioi SI ctOM, Il font ionc qu'elle tienne cela du DJaot. Mais, pour imparfaite que soit cette façon û'kte par laquelle une cliose est objectivement 4 00 par représentation ^ m dans Tentendement par sOD idée, certes on ne peut pas néanmoins dire que cette façon et maniëre-li d*étf e ^e soit rien, ni pv conséquent que cette idée tire son orl^iae do oéaot. Et je ne dois pas aussi m*imallDerqoeJa réalité que je considère dans mes id&so'éuot qu*objective, Il n'e^st paa nécessaire goe 11 oéme réalité soit formellement ou actuel- Imeùt daos les causes de ces idées, mais qu'il suffit qu'elle soit aussi objectivement en elles ; or, teat ainsi que cette manière d'être objectilemeot appartient aux Idées de leur propre natore, de même aussi là manière ou la façon d'être formellement appartient aux causes de ces )àh(i tout le moins aux premières et principale!) de leur propre nature. Et encore qu'il pskse arriver qu'une idée donne naissance à une iflUieîdée, cela ne peut pas toutefois être à l'inlloi ; mais 11 faut à la fin paryenir à une première idée, doot la cause soit comme un patron ou un original dans lequel toute la réalité «ou perfec- M < • soit oonten Ue formellement « et en efTet ' * (jusereooontreseulementobjectivement «ou par représeotation^ * dans ces idées. En sorte que Il lumière naturelle me fait oonnoître évidem- Dffltque les idées sont en moi comme des ta- Ueaui ou des Images qui peuvent à la vérité idlemeDt déchoir de la perfection des cboses doQt elles ont été tirées, mais qui ne peuvent jUDiis rien contenir de plus grand nu de plus parfait.

Et d'autant plus longuement et soigneusement fexamJDe toutes ces choses, d'autant plus clai« i^eot et distinctement je connois qu'elles sont ^nies.Mais, enfin, que conclurai-jede tout cela? C« à savoir que, si la réalité « ou perfection s» oitjeet/re de quelqu'une de mes idées est telle que '^ cMiDoisse clairement que cette même réalité •00 perfection 6 » n'est point en moi ni formel- ^otni éminemment, et que par conséquent je -epojs fflol-méme en être la cause, il suit de là '«•Virement que je ne suis pas seul dans le ^de, mais ^'il y a encore quelque autre chose ^ eilste et qui est la cause de cette idée ; au ^ 9ie, s'il ne se rencontre point en moi de '^ idée, je ii*aurai aucun argument qui me ^ooQvalncre et rendre certain de l'existence ^tiame autre chose que de moi-même, car je '^iitûQs soigneusement recherchés, et je n'en '^ trouver aucun autre Jusqu'à présent.

an texte latio. (1) Id. (S) M. (^Id. (Hld.

Or entre Umtm cm idées 9M sont en moi, outre celles qui me représentent moi- même à moi - même, de laquelle 11 ne peut y avoir ioi aucune difQculté, il y en a une autre qui m^ représente un Dieu, d'avtres des cboses oofporelies et inanimées^ ()*auU*es des anges, d'autf^es des ipimaux, et d'autres enfla qui me représentent des hommes semblables à moi. Mais pour ce qui regarde les idées qui me représentent d'autres hommes, ou des animaux, ou des anges, je conçois facilement qu'elles peuvent être for mées par le mélange et la aomposition 4es #1^ très idées que j'ai des choses corporelles ^t d^ Dieu, encore que hors de «aol il n'y eût point d'autres hommes dans le monde, ni aucuns animaux, ni aucuns anges. Et pour ce qui regarde les idées des choses corporelles, je n'y reconnojs rien de si grand ni de si excel|e|tt qui ne ue seoir ble pouvoir venir de moirmême ; aar si je les considère de plus près, et si je les examina de la même façon que j'examinai hier l'idée de la cire. Je trouve qu'il j)e s*y rencontre que fort peu de chose que je oonçoive clairement et distinctemei^ à savoir la grandeur ou bien rexteiision ea Ion» gueur , largeur el profondeur, la %ure qui résulta de la terminaison de cette extension, la situation que les corps diversement figurés gardent entre eU9, et le mouvement ou le changen^ent de cette situation, auxquelles on peuf ajouter la su^ stance, la durée et le nombre. Quant aux autres choses, comme la lumière, les eouleurs» lessonsi les odeurs, les saveurs, la chaleur, le/r'Oid, el les autres qualités qui tombent sous i'attoueha* ment, elles se rencontrent dans ma pensée ave^ tant d'obscurité et de confusion, que j*ignor# même ai eUes sont vraies ou fausses, c'est-à-dire si les idées que je conçois de ces qualités sont en effet les idées de quelques choses réelles, ouMea si elles ne me représentent que des iétres ehimé^ riques qui ne peuvent exister ^ Car encore que j'aie remarqué ci-devant qu'il n'y a que dans les Jugements que se puisse rencontrer la vraie et formelle fausseté, il se peut néanmoins trouver dans les idées une certaine jE^asseté matérielle, à savoir lorsqu'elles représentent ce qui n'est rien comme si c'étoit quelque chose. Par exemple, les idées que j'ai du froid et de la chaleur sont al peu claires et si peu distinctes, qu'elles ne me sauroient apprendre si le froid est seulement une privation de la chaleur, ou la chaleur une privation du froid ; ou bien si Tune et l'autre sont des qualités réelles, ou si elles ne le sont pas; et d'autant que les idées étant comme des images, il n'y en peut avoir aucune qui ne nous semble

(i)LetexiebNhipottefl

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