A L'APPENDIX
on IfOTBS SUR l'appendix ET SUB LES COBOLLAIEES DE THIÈOLOGIE ET DE PHILOSOPHIE DE M. GISBEBT YOETIUS, OtC.
Je vondrois après commencer par une honnête lettre à M. Voetius, en laquelle je dirois qu'ayant vu les très doctes, très excellentes et très subtiles thèses qu'il a publiées touchant les formes substantielles et autres matières appartenantes i la physique, et qu'il a particulièrement adressées aux professeurs en médecine et en philosophie de cette université, au nombre desquels je suis compris, j'ai été extrêmement aise de ce qu'un si grand homme a voulu traiter de. ces matières, comme ne doutant pas qu*i) n'auroit usé de toutes les meilleures raisons qui peuvent se trouver pour prouver les opinions qu'il défend, en sorte qu'après les siennes il n*e'n faudroit plus attendre d'autres, et même que je me suis réjoui de ce que la plupart des opinions qu'il a voulu défendre en ces thèses, étant entièrement contraires à celles que j'ai enseignées, il semble que c'a été particulièrement à moi qu'il a adressé sa préface, et qu'il a voulu par là me convier à lui répondre et ainsi m'inviter, par ute honnête émulation, à rechercher d*autant plus curieusement la yérité; que je m'estime bien glorieux de ce qu'il m'a voulu faire cet honneur; que je ne puis manquer de tirer de l'avantage de cette attaque, à cause que ce me sera même de la gloire si je suis vaincu par un si fort adversaire; que je lui en rends grâces très affectueusement et mets cela au nombre des grâces que je lui ai, et qae je reconnois être très grandes. Hic fusé cornmemorarem, quomodô me juverit, in profes- 9me aequirendo, quomodù mihi pairanuê,
mihifauior, tnîki adjûtor imper fuerU, etc. Je fn'ékndrois ici sur l'obligation que je lui ai de ma chaire de professeur, avec quelle bonté U m'a toujours servi de patron.et d*aide^ etc. ; enfin, que je n'aurois pas manqué de répondre à ses thèses et de faire comme lui des disputes publiques sur ces matières, si je pouvois espérer une audience aussi favorable et aussi tranquille, mais qu'il a en cela beaucoup d'avantage par-dessus moi, à cause que le respect et la vénération qu'on a pour lui, non-seulement à cause de ses qualités de recteur et de ministre» mais beaucoup plus à cause de sa grande piété, de son incomparable doctrine, et de toutes ses autres excellentes qualités, est capable de retenir les plus insolents et d'empêcher qu'ils pe fassent aucun désordre aux lieux où il préside, au lieu que, n'ayant pas le mêpie respect pour moi, deu| ou trois fripons que quelque ennemi aura enr voyés à mes disputes seront suCBsants pour les troubler ; et ayant éprouvé cette fortune en mes . dernières, je crois m'abaisser trop et ne pas assez conserver la dignité du lieu que notre très sage magistrat m'a fait l'honneur de vouloir que j'occupasse en cette académie, si je m'y opposois dorénavant ; non pas que je sois fâché pour cela ni que je pense devoir aucunement être honteux de ce qui s'est passé; car, au contraire, ces faiseurs de bruit ayant toujours interrompu mes réponses avant que de les avoir pu entendre, il a été très aisé a remarquer que nous n'avons point donné occasion à leur insolence par nos fautes, mais qu'ils étoient venus à nos disputes tout i dessein de les troubler, et d'empêcher que nous ne puissions avoir le temps de faire bien entendre nos raisons ; et Ton no peut juger delà autre chose, sinon que mes ennemis, se servant d'un moyen si séditieux et si injuste, ont témoigné qu'ils ne cherchent point la vérité et qu'ils n'espèrent pas que leurs raisons soient si fortes que les miennes, puisquMls ne veulent pas qu'on les entende. Et quand on ne sauroit pas • que ces troubles m'auroient été procurés par l'artijGce d'aucuns ennemis, sed à sold juvenum aliquoi lascividy mais encore par la pétulance de queU ques jeunes gens, on sait bien que les meilleures choses, étant exposées au public, sont aussi souvent sujettes à cette fortune que les plus mauvaises et les plus impertinentes. Aussi on étoit autrefois fort attentif aux badineries d'un danseur de corde là où ceux qui représentoient une très belle et très élégante comédie de Térence éloicnt chassés du théâtre par de tels battements de mains; ainsi, etc. Ces raisons donc me donnent raison de publier plutôt cette réponse que de faire des thèses, joint aussi qu'on peut mieux
eoo
CORKESPONDANGE.
trouver la vérité en examinant à loisir et de sang-froid deux écrits opposés sur un même sujet, que non pasen ia chaleur de la dispute, où l*on n'a pas assez de temps pour peser les raisons de part et d*autre, et où la iionte de paroitre vaincu, si les nôtres étoientles plus foibles, nous en Aie souveut la velouté. C'est pourquoi je le supplie de la recevoir en bonne part, comme ne l'ayant fait que pour lui plaire et lui témoigner que je ne suis pas si négligent que de manquer de satisfaire à rhonnéte semonce qu'il m'a faite par ses thèses, de faire voir au public les raisons que j'ai pour soutenir les raisons qu'il a Impugnées, et c'est pour le bien général totiui rei litterariœ^ de la république des lettres, et particulièrement pour le bien et la gloire de cette université ; et que je l'annoncerai et estimerai, utpatronum^ fautorem amicissimum, etc. , comme un patron et un protecteur très xélé, etc., Vale. Adieu.
Après une lettre de cet argument, je ferois imprimer :
Domini Gisberli prœfatiuncula ad doctissimum, expertissimum miedicum, etc. , usque ad thesim primam.
Petite préface de M. Gisbert Voëtius d
M , très docte 9 très expérimenté médecin,
etc. , jusqu'à la première thèse.
RÉPONSE
A LA PBÉFAGB.
Que je loue si grandement sa civilité et sa courtoisie de ce que, nonobstant le pouvoir que sa théologie, qui est la principale science, lui donne sur toutes les autres, et celui que sa qualité de recteur lui donne particulièrement en cette académie, il n'a pas voulu traiter de matière de physique sans user de quelques excuses envers les professeurs en philosophie et en médecine ; que je suis fort d'accord avec lui de ce qu'il blâme les adolescentes qui vix elementis philosophiœ inibuti^ absque evidenti et valida demonstrationum evictione omnium scholarum philosophiam, exsibilant antequam terminos ejus intellexerint, eorumque notione destitua, auctores superiorum facultatum sine fructu legant, lectionesque et disputationes tanquam mulœ personœ aut etatuœ Dedakœ audire cogantur. Que je blâme ces jeunes gens qui, à peine instruits des premiers éléments de la philosophie ^ et destitués de cette conviction que donne à Vesprit l'évidence et la force des démonstrations, sifflent tout ce qui est de la philosophie de l'école avant d'en avoir compris les termes, et qui, privés de la connoissance de ces choses^
se voient dans la nécessité de lire sansfrvb les auteurs qui traitent des sciences supérieures, et se voient réduits à écouter les leçons et U$ disputes qu'on y fait comme des permma muettes et comme des statues de Dédale. Sei quia valdè diligenter ipsos hoc in exordio air monet ne tam faciliter id agant. Mais le sotii qu'il prend de les avertir dans son eocorde de se précautionner contre ces erreurs; et cûmme si c'étoit une faute fort ordinaire, laquelle toutefois a été inconnue jusqu'à présent, non immérité suspicor hoc de solis auditoribus meisintelligi; j'entre dans des soupçons légitimes (pie vous ne parlez ici que de ceux qui prémuni mes leçons; car j'ai déjà su que quelques-oos, étant jaloux de voir les grands progrès que met auditeurs faisoient en peu de temps, ont tâché de décrier ma façon d'enseigner en disant que je négligeois de leur expliquer les termes de la philosophie, et ainsi que je les laissois incapables d'entendre les livres et les autres professeurs, et que je ne leur apprenois que certaines subtilité dont la connoissance leur donnoit après cela tant de présomption qu'ils osoient se moquer des opinions communes; et pour ce sujet me persuadent que M. Yoëtius (ou rector magnificus, ou recteur magnifique^ etc.; donnez-lui les titres les plus obligeants et les plus avantageux qae vous pourrez), ayant été averti de celte calomnie, en a voulu toucher un mot ici en passant, aOn de me donner occasion de m'en purger ; ce que je ferai facilement en faisant voir que je ne manque pas d'expliquer tous les termes de ma profession, lorsque les occasions s'en préscolcDt, bien que j'aie encore plus de soin d'expliquer les choses ; et je veux bien confesser que d'autant que je me sers de raisons qui sont très évidentes el très intelligibles à ceux qui ont seulement le sens commun, je n'ai pas besoin de beaucoup de ter-mes étrangers pour les faire entendre; etaiosi qu'on peut bien plus tôt avoir appris les vérités que j'enseigne et trouver son esprit satisfait touchant les principales difficultés de la philosophie, qu'on ne peut avoir appris tous les termes dont les autres se servent pour expliquer leurs opinions touchant les mêmes difficultés de la philosophie, et avec tous lesquels ils ne satisfont J^* mais ainsi les esprits qui se servent de leur raisonnement naturel, mais les remplissent seulement de doutes et de nuages; et enfln que je ne laisse pas d'enseiguer aussi les termes qui me sont inutiles, et que, les faisant entendre en letjr vrai sens, celeriùs à me qu^im vulgô ab aliis ditcuntur, on les apprend en moins de temps de moi que du commun des philosophes : ce que je puis prouver par l'expérience que plusiearsae
mes auditeure ont fiiite, et dont ils ont rendu preuve en disputant publiquement, après n'avoir étudié que tant de mois, etc. Or je m'assure qu'il D'y a personne de bon sens qui ose dire qu'il n'y a rien à blâmer en tout ceci, ni même qui ne soit grandement à priser : et si enim $œpè hinc con- Ikgat ut qui mea audiverunt, ea quœ ab alOê in conirarium docentur^ ut minus rationi consenianea, cantenmunty vel etiamsi placet exsi-^ bikrU : et sHl arrive souvent de là que cetuo qui ofU pris mes leçons méprisent^ ou, si vous vùuUZi sifflent ce que les professeurs enseignent de contraire à mes sentimentSt comme moins conforme â la raison, on n'en doit pas rejeter la faute sur ma manière d'enseigner, mais plutAt sur celle des autres, et les conduire à suivre la mienne autant qu'il leur sera possible, plulit qoe de la calomnier, et veUe ipsam calumnid sué ohruere, et vouloir Vensevelir sous des ruines si odieuses.
RÉPONSE
A LA PREMliBE THÈSE y OtC.
(YeraioD.)
Jo souscris ici volontiers au sentiment de M. le recteur, qui dit qu'il ne faut pas chasser sans sujet de leur ancien domaine de pauvres innocents, e'ebt-à-dire ces êtres qu'on appelle formes subslantiellcs et qualités réelles ; pour nous jusqu'ici uous De les avons pas encore absolument rejetés. Nous déclarons seulement que nous n'avons pas bosoiu d'eux pour rendre raison des choses naturelles, et nous croyons que nos sentiments sont particulièrement rccommandables «n ce qu'ils sont indépendants de ces êtres supposés iocertalQs et dont on ignore la nature : mais comme en cette occasion c'est presque la même chose de dire qu*on ne veut pas se servir de ces êtres et de dire qu'on les rejette, parce que la seule raison qui les fait admettre aui autres est qu'ils les croient nécessaires pour expliquer la cause des eiïets naturels, nous ne ferons pas difficulté d'avouer que nous les rejetons entièrement, et M. le recteur ne nous fera pas un crime de cela, comme je Tespère ; car il y a déjà longtemps que nous sommes instruits, sinon parfaitement, du moins médiocrement, de la philosophie des collèges, et uoiumément de la logique, de la métaphysique ; et nous avons reconnu que ces misérables êtres no sont d'aucun autre usage que d'aveugler l'es- Prlt de la jeunesse, et de mettre à la place de celte docte ignorance, que M. le recteur rend si ^i recommandable, uue autre espèce d'ignorauoe pleine de vanité et de présomption. Mais
pour n'être pas en reste de libéralité avee M. h recteur, je le loue aussi de vouloir ramener à l'étude de la philosophie les jeunes gens qui ajoiitoient à l'éloignement et au mépris brutal qu'ils aToient pour elle une ignorance grossière, rusti* que et orgueilleuse; et il ne sauroit m'entrer dans l'esprit qu'il ait eu ici en yue les plaintes qu'il forme contre mes écoliers, comme je l'ai déjà dit, de ce qu'après avoir goûté ma philoio* phie ils n'ont que du mépris pour celle de l'éoole: car je croirois faire injure à sa piété, à l'éloignement infini qu'il a pour la médisance et à l'amitié qu'il m'a toujours témoignée, de croire qu'il ait voulu se servir de termes si impropres pour mépriser la philosophie que j'enseigne, qui est si véritable et si claire que dès qu'on l'a apprise on méprise les autres, pour la traiter d'idiote et de rustique et d'ignorance orgueilleuse ; et pour appeler féroce et fuite de l'étude de la philosophie le mépris que l'on fait des opiniobs qui sont regardées comme très fausses et qui ne vient que de la connoissance d'une philosophie plus véritable, comme si par étude de la philosophie il ne falloit entendre que l'étude de ces controverses où ne se trouve jamais une vérité certaine, et non l'étude même de la Térité.
RÉPONSE
A LA SECONDE THÈSE, CtC.
Ou prouve ici douze points auxquels M. le recteur a donné à juste titre, un peu auparavant, le nom de préjugés et de doutes, parce qu'ils ne donnent occasion de rien assurer, mais seulement de douter, à ceux qui sont plutôt entraînés par les préjugés que par les raisons, quoique ces doutes n'embarrassent pas beaucoup ceux qui examinent la force des raisons.
Dans la première, il demande si onpeutcon-cilier avec l'Ecriture sainte le sentiment de ceux qui nient les formes substantielles. On n'en sauroit douter, pourvu qu'on sache que les prophètes, les apôtres et les autres écrivains sacrés, qui ont écrit par Tinspiration du Saint-Esprit» n'ont jamais pensé à ces êtres j>hilosophiques et inconnus hors des écoles ; et pour ôter toute équivoque dans les mots, il faut observer que par les formes substantielles que nous nions on entend une certaine substance jointe à la matière, et qui compose avec elle un certain tout purement corporel et qui n'est pas moins une substance ou un être qui subsiste par lui-même que la matière; et l'on peut dire que c'est encore à plus juste titre» puisque l'on dit qu'elle est un acte^ et que la m»* tière n'est appelée que puissance. Or nouscroYona que l'Ecriture sainte ne fait nulle pfurt mentieii
•oa
CORRESPOHDANCE.
de cette sobitanee oa de cette forme substantielle, différeote de la matière dans les choses purement corporelles; et pour faire conooitre aux autres combien ces passages de TEcriture que M. le recteur nous oppose sont peu pressants, je crois qu*il suffira pour cela de les rapporter tous. Il est dit au premier chapitre de la Genèse, vers. 11 : Dieu dii encore que la terre pousse de Vherbe qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent des fruits chacun selon son espèce. Et vers. 21 : Dieu créa donc les grands poissons et tous les animaux qui ont la f)ie et le mouvementy que les eaux produisent^ chacun selon son espèce, et il créa aussi tous les oiseaux selon leur espèce, etc. « Je vous prie de mettre tous les autres passages ; car je les ai tous cherchés, et je ne vois rien qui serve aucunement à ce sujet. » Car on ne peut pas dire que les mots de genre ou d'espèce désignent des diiïérences substantielles, puisqu'il y a aussi des genres et des espèces d*accldents et de modes, comme la figure est genre & regard des cercles et des carrés, sans que personne s'avise jamais de croire que ces choses aient des formes substantielles, etc.
2. Il appréhende que si nou9 nions les choses substantielks dans les choses purement matérielles, nous ne puissions aussi douter s'il y en a une dans l'homme, et que nous ne puissions pas si heureusement et si sincèrement combattre Terreur de ceux qui imaginent une âme universelle du monde, ou quelque chose de semblable, que les partisans des formes substantielles. On peut ajouter au second point qu'au contraire le sentiment qui établit les formes substantielles peut très facilement nous faire tomber dans Topinion de ceux qui disent que Tâmc humiine est corporelle et mortelle, laquelle étant seule reconnue forme substantielle, et les autres ne consistant que dans la configuration et le mouvement des parties, cette seule prérogative qu'elle a sur les autres montre clairement qu'elle diffère des autres en nature, et cette différence de nature nous fournit un moyen très facile pour prouver son immatérialité et son immortalité, comme on peut voir dans les Méditations sur la métaphysique qu'on vient d'imprimer depuis peu ; en sorte qu'on ne sauroit inventer là-dessus une opinion qui convienne mieux aux principes de la théologie.
Au cinquième. Ceux qui admettent les formes substantielles tombent dans une grande absurdité en disant qu'elles sont le principe immédiat de leurs actions; ce que l'on ne peut pas imputer à ceux qui ne distinguent point ces formes des qua- > lltés actives. Pour nous, nous ne nions pas les tpitUtés actives, nous disons seulement qu'il ne |
ftiut pas leur attribuer ancune entité plasgnode qu'une entité de mode ; car on ne peut le faire sans les concevoir comme véritables substaDces. Nous ne nions pas aussi les habitudes; mais nous les comprenons sous un double genre, les uoei purement matérielles, qui dépendent de la seole configuration ou autre disposition des parties, et les autres immatérielles ou spirituelles, comme les habitudes de la foi, de la grâce, etc., doBt parlent les théologiens, qui ne dépendent polat d'elle, mais qui sont seulement des modes spirituels existants dans l'âme, eomme le mouTemeDt ou la figure est un mode corporel existant dans It corps.
Au huitième. Je voudrois expliquer oommeot les automates sont aussi des ouvrages de la nature, et que les hommes en les fabriquant ne font qu appliquer les choses actives aux passives, comme, par exemple, en semant du grain ou en procuraotla génération d*un mulet ; ce qui n*apporte aucune différence essentielle, mais seulement naturelle. Cette différence pourtant du plus ou du moins est grande, comme vous dites, parce que le peo de roues qui composent une horloge ne peuvent entrer en aucune comparaison avec le nombre infini d'os et de nerfs, de veines, d'artères, etc., qui se trouvent dans le plus vil de tous les plus petits animaux. Ce scroit encore ici le lieu d'apporter tous les passages qu'il pite de l'Ecriture sainte, afin que la calomnie parût, car ils ne forment pas la moindre preuve du monde.
Au dixième. Donc il faudroit rejeter la géométrie et toute la mécanique. On sent le ridic4jie de cela, et rien n'est plus déraisonnable. Je ne pourrois jamais passer cet article sans rire un peu a ses dépens ; mais je ne vous le conseille pas.
A l'onzième. Nous ne disons pas que la terre se meuve par rapport à sa situation, à sa position et à sa figure, mais seulement qu'elle est disposée par là au mouvement. Ce n'est point non pius faire un cercle dans le raisonnement de dire qu'une chose est mue par une cause, et qu'elle est disposée au mouvement par une autre; ce n'est point aussi un cercle vicieux qu'un corps en remue un autre, ce second un troisième, et ce troisième derechef le premier, si le premier cesse derechef d'être mû ; comme ce n'est pas un cercle qu'un homme donne de l'argent à un autre, l^^^^ le donne à un troisième, et ce troisième le r^ donne au premier.
Au douzième. Ceux qui se plaigpent que nous n'expliquons rien par ces principes n'ont qu* lire nos Météores et les confronter avec ceui d Aristote ; ils peuvent lire aussi ma Dioptriquc, svec les écrits de ceux qui ont travaillé sur la même matière, et ils reconnoîtronl sans peine fjc t^"
ABlMte IM9.
U iUion^vx et toute U hùnU m retomberont que ^ur ie» opinion! flui spot li ^jgpéee 4o la simple nature*
KliPONSS
Toutes les raisons qui servent de preuves fiux fermes sul^stautlelles se peuvent appliquer a la forme de l'horloge, que personne ne dira jamais être substantielle.
Bl^PONS?
A tA gVATUèHB THÈSE, e(C,
h» rakoos ou hf démonstrations physiques f»iitre las formas iubstantidlw, que nous croyons capables de oonvaincre tout esprit qui aime la vérité, 9ont pcindpalenent les suivantes, tiries de la métaphysique ou théologie naturelle, et qu'on peut appder ctprîon (ou preuve d'un effet par ses causes ) ; il est contrp le bon sens que quelque substance que ce soit existe de nouveau si Dieu ne Fa créée de nouveau ; cependant nous voyons tous les jours que^ plusieurs de ces formes qu'on nomme aubstantielles eommeneent d'être de nouveau, quoique ceux qui les admettent pour substances De croient pas que Dieu les crée. Ils se trompent donc, ce qui est oonflrmé par l'exemple de rame, qui est bi véritable forme substantielie de l'homme; car la véritable raison pour laquelle on croit que Dieu l'a créée immédiatement dans chaque corps, c'est qu'elle est une substance; et p^r conséquent comme on ne croit pas que les autres soient créées de la même maDière, mais seulement qu'elles sont tirées de la puissance de la matière, il ne faut pas croire aussi qu'elles soient substances. On voit par là clairement que ce n'est pas ceux qui nient les formes substantiellest mais plutét ceux qui les admettent, qui méritent à plus juste titre, par une suite nécessaire de raisonnement, le nom de bêtes et d'athées. Je ne voudrois donc pas que vous rejetassiez la preuve tirée de l'origine des formes substantielles, et que vous l'appelassiez une preuve de Tbersite, parce qu'elle y a du rapport, en ce qu'elle est donnée par des aveugles ; je mettrois seulement que ce que les autres ont dit sur cela ne vous regarde point, parce que nous ne suivons point leur opinion. L'autre démonstratloD se tire de la fin ou de l'usage des formes substantielles; car les philosophes ne les ont introduites que pour rendra raison des actions propres des choses na* tureUes dont cette forme seroit le principe et la source» comme on voit dans la thèse précédente ;
mais ces furmas sriMantielles ns sawolent nous fournir une raison solide d'aucune action nalurelie, puisque leurs partisans avouent qu*eHsB sont occultes et qu'ils ne les comprennent pas; car s'ils disent que quelque action procède d'une, forme substantielle, c'est la aiéme chose que s'ils disoient qu'elle procède d'une chose qu'ils ne comprennent pas, ce qui n'explique rien. Ainsi 11 ne fout sp servir en aucune manière de ces formes pour rendre raison des actions naturelles; au contraire, les formes essentielles, telles que nous les admettons, nous fournissent des raisons certaines et mathématiques pour rendre raison des actions naturelles, comme on le peut voir dans mes Météores touchant la forme du sel commun. Vous pouvez joindre ici ce que vous dites du mouvement du cœur.
RÉPONSE
A tA ClSQUlàMB THIsB, OtO.
Ces mot9, de docte ignorance, qu'il répète 9i souvent ayec tant de plaisir, méritant une p^ito explicaiion. Gomme la science bumain§ ^t fort limitée, e^ qpe tout ce que Ton sait, comparé i ce que l'on ignore, n'e^t presque rien, c'est nno marque de science d'avouer siocèr^uient qu'on ignore ce que Ton Igoore vérital>lemfint, «t c'est en cela que cposiste principalement ç^Xip docte ignorance, parce qu'elle est particulière aux véritables savants ; car les autres, qui font profession de science. sans être véritablement savants, n'ayant pas assez d'esprit pour faire le discernement nécessaire de ce que tout vrai savant sait de ce dont le même savant avoue son ignorance sans craindre qu'il y aille do son honneur; ces faux savants* dis-je, se vantent de tout savoir également, et, pour rendre facilement raison de toutes choses (si toutefois on peut dire qu*ils rendent raison dey choses lorsqu'ils expliquent une chose obscure par une autre qui l'est encore plus), ils ont inventé les formes substantielles et les qualités réel» les, en quoi leur iguorançe p'est point accompa* pée de science et ne mérite que le nom d'orgueilleuse et de pédantesque ; car l'orgueil conaist^ yisiblement ^n ce qu'ignorant la nature Ù0 quelque qualité, ils concluent qu9 c'est une qualité occulte, c'est-à-dire impénétrable i l'esprit humain, comme si leur copnoissapce dovait jStro I4 règle de toutes les connoissances humaines.
RÉPONSE
A LA SIXIÈME THÈSB, CtC.
Je ne vols pas quel est le raisonnement de cet
CORRESPONDANCE
homme, wir ce qa'Û a mif à mon sojet. n dit que» daoB ma Dissertation sur la méthode Je n'ai pas donné une démonstration assez évidente de Vexistence de Dieu; c'est ce que j'ai dit dans le même endroit. Que peut*il donc inférer à cet égard par ces paroles, je pense^ donc je mis ? Il cite, et il m'oppose là, bien mal à propos, le traité du père Mersenne et le sien, puisque le sien est encore en herbe, et que le père Mersenne n*a jamais rien lait Imprimer de métaphysique que mes Méditations.
RifPONSE
A LA SEPTIÈME THÈSE, OtC
Je dirois, en changeant un peu la phrase, nous n'avons cependant rien soutenu là-dessus qui soit conforme aux opinions de Taurellus ou de Gorleus, et tout ce que nous y avons avancé s'accorde parfaitement avec le sentiment le plus commun et le plus orthodoxe des philosophes; car nous assurons que l'homme est un composé de corps et d'âme, non par la seule présence ou la proximité de l'un à Tautre, mais par une véritable union substanUelle, pour laquelle, à la vérité, il faut naturellement une certaine situation et conformalion dans les parties du corps; mais cette union est bien différente de celles qui n'ont pour principes que la situation, la figure et d'autres modes purement corporels, parce qu'elle appartient nonseulement au corps , mais encore à l'âme, qui est incorporelle. Quanta l'expression, bien qu'elle soit peut-être moins usitée, nous croyons pourtant qu'elle est propre pour signifier ce que nous voulons djre ; car nous ne disons pas que l'homme est Mil être par accidenit si ce n'est à raison des parties qui le composent, je veux dire l'âme et le corps, voulant marquer par là qu'il est en quelque façon accidentel à ces deux parties d'être unies ensemble, parce que chacune d'elles peut sul>si8ter séparément ; ce qui s'appelle un accident qui peut se trouver présent ou absent sans la corruption du sujet. Mais en tant que nous considérons l'homme totalement en lui-même, nous disons qu'U est un être existant par soi-même, et non par accident, parce que l'union qui joint le corps humain etrâme ensemble n'est point accidentelle, mais essentielle, puisque sans elle Thomme n'est point homme. Mais parce qu'il y a plus de gens qui se trompent en ce qu'ils ne croient pas que rame soit réellement distinguée du corps qu'en ce qu'après avoir admis cette distinction ils nient l'union substantielle, et que c'est un plus fort argument, pour réfuter ceux qui croient l'âme Qiortelle, d'établir cette distinction des parties
dans l'homme que d'établir cette union, fesptrois que les théologiens me sauroient meiileiir %ti en disant que Thomme est un être par accldeot pour marquer cette distinction , que si, n'ayant considéré que l'union des parties, j'avois dit que l'homme est un être par soi ; ainsi ce n'est pas à moi de répondre à ce que l'on objecte au long contre les opinions de Taurellus et de Gorleos, mais de ml plaindre de ce qu'on me prête si Injustement et avec tant de sévérité les erreon d'autrui. Au reste, je me suis étendu plus que je ne voulois sur ces choses, et comme je ne sais point si vous ferez usage de cet écrit, je ne veoi pas en écrire davantage; mais si vous trou?ezi propos de vous en servir, je yous prie de mêle faire savoir au plus têt, et j'achèverai sur-lechamp le reste jusqu'à la fin. Mandez-moi aussi en quelle langue vous aimez mieux que je yous écrive. Quand j'ai mis un etc., ma pensée est qu'il manque quelque chose que vous devez suppléer. Yoos communiquerez toutes ces choses, et si vous le trouvez bon, à notre Achille et notre Neslor, M. y. L.*, et vous n'entreprendrez rien sans son conseil; et s'il y a quelque diose qu'il feigne de ne pas savoir, vous vous servirez du conseil de M. Emilius, dont la prudence est égale à ramitié dont il nous honore, et vous ajouterez plus de foi à leurs paroles qu'aux miennes, parce qu'ils ont plus d'esprit que moi , et qu'étant sur les lieux, ils sont plus en état de porter un jugement eiact que moi de deviuer d'ici ce qu'il y aura à faire. Je ne crois pas que vous puissiez employer des termes trop honnêtes pour parler de Yoëtius. Je vous prie aussi de prendre garde de ne pas don* ner lieu de soupçonner que vous avez employa l'ironie, qu'autant qu'elle naîtra de la boolé de votre cause, afin que dans la suite, s'il nous contraignoit de changer de style, nous fussions d'autant plus en état de le faire et le rendre plus ridicule. Il est aussi important que votre réponse voie au plus têt le jour, et avant la fin même des vacances, s'il est possible.
J'ai été étrangement surpris de ce que vous m'écrivez que vous craignez pour votre chaire de professeur si vous faites une réponse à Yoëtius, car je ne savois pas qu'il eût une autorité sonveraine dans votre ville. Je croyois qu'elle joulssoll d'une plus grande liberté, et j'ai compassion d'elle, voyant qu'elle veut être sous VesdàfBf^ d'un si vil pédagogue et d'un si misérable tyran; puisque vous êtes obligé d'y vivre, je vouseihort* à la patience, et de ne faire que ce que MM. tos magistrats trouveront bon ; c'est pourquoi mon sentiment est qu'il faut non-seuiemeot ne p»
(S) (c v«fi Leeaw.»
répondre & Yoëtius par Yomi-mêineyliiab encore par quelque aatre que ce soit, parce qa^il do s'en len iroit pas moins offensé, "ie vous envoie pourtant ces petites notes que j'ai écrites sur-le-champ , et qui se sont présentées à mon esprit comme je oooférois votre écrit avec toutes ses thèses. Vous en ferez usage si vous le trouvez bon ; mais c*est faire outrage i notre philosophie de la produire à desgeosqui u^en veulent point; bien plus, delà commuoiquer à d'autres qu'à ceux qui la demanderont avec empressement. Je me souviens que TOUS m'avez autrefois remercié d'avoir eu par son moyen votre chaire de professeur, ce qui me failoit croire qu'elle ne déplaisoit pas i vos magistrats. Si la chose est autrement, et s'ils aiment mieux que vous enseigniez ce qui plaît à Yoëtius que ce que vous croyez plus conforme à la vérité, je vous conseille d'obéir, et d'enseigner plutôt les Fables d'Esope que de leur déplaire en cela.
Je ne comprends pas ce que vous dites 1 la fin de Totre lettre sur les globules éthérés, parce que je ne crois pas qu'ils soient mus par la matière lobtile, mais par eux-mêmes, puisqu'ils ont un mouvement qui leur a été communiqué dès le commencement du monde ; je ne crois pas non pins que les plus grands aient un mouvement plus grand que celui des plus petits. Je pense absolument le contraire. J'ai dit à la vérité, dans les Météores, que les plus grands étant plus agités, produisent une plus grande chaleur, mais ils ne sont pas mus pour cela avec plus de facilité. Adieu.
No 62.— A M.REGIUS.
(Lettre XCIIdn tomel. Version.)
t«r man iGtt.
MonsieuTt
J'apprends par mes amis que personne ne Ut ^tre réponse à Yoëtius qu'il n'en soit très content, et qu'une infinité de gens l'ont lue. Ils ajoutent qu'il n'y a personne qui ne se moque de Voëtius, et ne dise qu'il désespère de la bonté de ift cause, puisqu'il a eu recours à vos magistrats l>oor la défendre. Tout le monde sifQe les formes lobstaotielles, et l'on dit tout haut que si le reste <te notre philosophie étoit expliqué comme cet irticle, chacun l'embrasserolt. Yous ne devez pas hre fâché de ce qu'on vous a interdit l'explication ^^ problèmes de la physique. Je voudrois môme ^*on vous défendît de les enseigner en particulier. Tout cela tourneroit à votre honneur et è la Itonte de vos adversaires. Pour moi, si j'étoîs i '> place de vos consuls, et que je voulusse ruiner Yoëtius, je ne me comporterois pas autrement à
son égard qu'Os font; et qui sait ce qu'ils ont dans l'âme, au moins je ne doute point que M. Y. H.* ne soit pour vous; vous devez suivre exactement ses conseils et ses ordres. Je suis ravi qu'il n'ait pas voulu que vous montrassiez à qui que ce soit les lettres que je vous écrivis dernièrement; car bien qu'avant de vous les envoyer j'eusse obtenu de moi-même d'effectuer, s'il étolt besoin, ce que je promettols par elles à YoëtiuSi j'aime cependant mieux que cela ne soit pas nécessaire. Bien des choses me détournent tous les jours de ma Philosophie, que j'ai pourtant résolu d'achever cette année; au reste obéissez exactement et avec plaisir à tout ce que MM. vos magistrats vous ordonneront, et soyez assuré qu'il ne sauroit vous en arriver aucun déshonneur. Méprisez les disputes que l'on fera contre tous, et dites seulement que s'ils ont quelque chose de bon à dire, ils n'ont qu'à vous le donner par écrit, et que vous ne pouvez y répondre autrement. Adieu.
rr 63.— AU R. P. MERSENNE.
( Lettre LX du tome H. )
lOmarsieit.
Mon révérend Père,
Je suis extrêmement obligé à M. de Sainte- Croix de la bonne volonté que vous me mandes qu'il me témoigné; j'estime beaucoup les conseils qu'il me fait la faveur de me donner, et je ne manquerai de les suivre, autant qu'il sera en mon pouvoir ; et même je ne plaindrois pas d'aller faire un voyage en France tout exprès pour les pouvoir apprendre de sa bouche ; mais la mer et lés Dunkerquois rendent maintenant le passage trop difficile et trop périlleux.
Pour ce qui est de témoigner publiquement que je suis catholique romain, c'est ce qu'il me semble avoir déjà fait très expressément par plusieurs fois, comme en dédiant mes Méditations à MM. de la Sorbonne, en expliquant comment les espèces demeurent sans la substance du pain en l'eudia* ristie, et ailleurs; et j'espère que dorénavant ma demeure en ce pays ne donnera sujet à personne d'avoir mauvaise opinion de ma religion, vu qu'il est le refuge des catholiques, témoin la R. qui y est arrivée depuis peu, et la R. qu'on dit y devoir bientét retourner.
Je vous envoie les trois premières iBrfHes des Objections du Père B. : c'est la négligence du libraire qui est cause que je ne vous puis enoore
(1) avan derHookk.»
CORBESPONDANCE.
envoyer le tout. Je vous prie de garder la copie écrite à la maio que vous en avez, aba qu'il ne puisse dire que j*ai fait cliauger quelque chose eu sa copie, laquelle j'ai été soigneux de faire imprimer le plus oorrectemeot qu'il m'a été possible, et sans y changer uue seule lettre. Tous vous étonnerez peut-être de ce que je l'accuse tant de lau^seté, mais vous verrez bien encore pis au reste; et toutefois je Tai traité le plus courtoisement qu'il m'a été possible, mais je n'ai jamais vu d'écrit si rempli de fautes; j'espère toutefois séparer tellement sa cause de celle de ses confrères qu'ils ne m'en pourront vouloir mal, si ce n'est qu'ils veuillent ouvertement se déclarer ennemis de la vérité et fauteurs de la calomnie.
J'ai cherché dans saint Augustin les passages que vous m'aviez mandés sur le psaume quatorzième, mais je ne les ai su trouver, ni rien de lui sur ce psaume. J'y ai aussi cherché les erreurs de Pelagius, pour savoir sur quoi se peuvent fonder ceux qui disent que je suis de son opinion, laquelle j'avois ignorée jusqu'à présent; mais j'admire que ceux qui ont envie de médire s'avisent d*en chercher des prétextes si peu véritables et si tirés par les cheveux. Pelagids a dit qu'on pouvoit faire de bonnes œuvres et mériter la vie éternelle sans la grâce, ce qui a été condamné de l'Eglise; et moi je dis qu'on peut connoître par la raison naturelle que Dieu existe, mais je ne dis pas pour cela que cette connoissance naturelle mérite de soi, et sans la grftce, la gloire surnaturelle que nous attendons dans le ciel : car au contraire 11 est évident que cette gloire étant surnaturelle, il fout des forces plus que naturelles pour la mériter. Et je n'ai rien dit touchant la connoissance de Dieu que tous les théologiens ne disent aussi ; mais il faut remarquer que ce qui se connoit par raison naturelle, comme qu'il est tout bon, tout-puissant, tout véritable, etc., peut bien servir a préparer les infidèles à recevoir la foi, mais non pas suffire pour leur faire gagner le del ; car pour cela il faut croire en Jésus-Christ et aux autres choses révélées, ce qui dépend de la grâce.
Je TOis qu'on se méprend fort aisément ton* chant les chotes que j*ai écrites; car lavéritS étant indivisible, la moindre chose qu'on en 6te ù\x qu'on y i^joute la falsifie, comme par exemple vous me mandez comme ùta axiome qui vienne de moi que tout ee que nous eaneevùnê clairement est ou existe; ce qui n'est nuilement de moi : mai^ seulement que tout ce que nous apercevons clairement est vrai, et ainsi qu'il existe, si nous apercevons qu'il ne puisse ne pas exister, on bien qu'il peut exister, si nous apercevons que son existence soit possible; car bien que l'être
objectif de l'idée doive avoir une eauss réelle, li n'est pas toujours besoin que cette cause la coqtienne formalittr^ mais seulement emtnefiter.
Je vous remercie de ce que vous me maodei du concile de Constance sur la condamnation di Wlclef, mais je ne vois point que cela faae riea du tout contre moi ; car il auroit du être ooodamné en même façon si tous ceux du coDcila eussent suivi mon opinion, et en niant que U substance du pain et du vin demeure pour ttre le sujet des accidents, ils n'ont point pour cela déterminé que ces accidents fussent réels, qui est tout ce que j'ai écrit n'avoir point lu dans les conciles : cependant je vous suis extrêmement obligé de tant de soin que vous prenez pour tout ce qui me regarde.
Je suis bien aise que M. de Z. ^ vous ait fait voir l'imprudence de Voêtlus qui vous cite contre moi ; j'avois eu envie de vous le mander, mais j'en avois fait si peu de cas que je l'avois toujours oublié. Sa grande animosité contre moi vient de ce qu'il y a un professeur^ à Utrecbl qui enseigne ma philosophie ; et ses disciples, ayant goûté ma façon de raisonner, méprisent si fort la vulgaire qu'ils s'en nioquent ouvertement, ce qui a excité une extrême jalousie contre lui de tous les autres professeurs dont V. at le chef, et ils importunent tous les jours lo magistrat, pour lui faire défendre cette façon d'enseigner. Il faut que vous voyiez la réponse que j'ai faite à Yoetius à quelques-unes de ses thises oà il a compris tout ce qu'il a pu de ma Philosophie. Je les enverrai à M. de Z. pour vous les adresser, car autrement le port en coAteroIt trop. Au reste j'ai lu le fiivorable jugement qtte M. Cbanut a fait de moi, m'estimant capable de répondre aux objections du Père B. Je tâcherai de faire voir qu'il est en cela aussi véritable que l'autre ne l'est pas, et je serai bien aise qu'il sadieqot je suiSy etc.
N' 64 AM. REGIDS;
(Lettre ÎClll du tome 1. Verston.}
liatatswil
Monsieur,
Je vous fglicîto de la persécution que vousMuffrez pour la vérité g'e vous ett félicite, dîs-je, do tout mon cœur, car je ne vois pas quil puisse VOUS arriver le moindre mal de tous ces troubles; au contraire je prévois pour vous une augmentation de gloire. Vous devez vous réjouir de ce
(iJccZuIUicheo.»
(l| «Leror.»
qua Diea a 0(é à vos ennemis la |jrudence et le hoD esprit. Vous voyez ce qulls ont gagné en faisaot défendre votre livre ; on n*est que plus empressé à Tacheter, on Texaroîne plus attentiveineot; la bonté de votre cause et la malignité de votre ennemi en sont connues d*un plus grand Dombre de personnes. Plus de personnes s'aperccTroDt désormais que ce n'est que par jalousie et sans sujet quil vous a attaqué le premier avec aigreur et malignité, tandis que vous de votre co(é, ayant tous les sujets du monde d'entrer àxns une juste défense, lui avez répondu avec modestie, avec douceur et même ( triste situation pour un honnête homme) avec un respect qu'il ne mérite pas. Plus de personnes, dis-jo, conûoîtroDt la foiblesse des raisons avec lesquelles U attaque vos opinions, et en même temps la force de vos réponses. De là plus de personnes concluront qu'il n'a plus rien de bon à vous répondre, et seront justement indignées contre lui de ce qu'il a assez de pouvoir dans votre ville, contre toute justice, pour vous traiter impunément, dans un écrit public, d'athée et de bête , vous donner d'autres noms odieui, et employer mille mauvaises raisons pour vous charger de crimes supposés et débiter ses calomnies, tandis qu'il ne Yous est pas permis d'avoir recours à la vérité et de vous justifier en vous servant des termes les plus modestes. Je trouve en vérité admirable qu'il propose qu'il lui soit permis de disputer avec vous devant des commissaires qui puissent juger du fond de ralfaire ; apparemment que ses raisons sont de la nature de ces potions qu'il faut avaler toutes chaudes , et qui ne sont plus bonnes quand elles sont froides ; véritable singe en cela, comaie en plusieurs autres choses, de notre St. i En bonne foi, je ne vois pas que vous ayez rien à craindre d'un tel adversaire. Que peut-il faire contre vous davantage? vous faire peut-être défendre par le magistrat d'enseigner ce que vous avez coutume d'enseigner, ou de Ure condamner votre doctrine comme fausse et hérétique; ou enfin, ce qui seroit de pis, vous obliger de vous démettre de votre chaire ; mais je ne crois pas que vos consuls poussent leur complaisance pour lui jusqu'au point de statuer ^t 06 qui poarroit lui plaire. Bien plus, je ne crois pas qa'il y ait un seul d'eux tous qui ne ttnte les motifs qui poussent Voêtius et la plupart de vos autres collègues à attaquer avec tàilt 4'aigreur votre philosophie: je veux dire qu'elle ^ plus vraie qu'ils ne souhàiteroient, et que vos rtlsons sont si claires qu'elles sapent jusques au fondement leurs opinions erronées, et les rendent
tl)«Slaiiipioii.9
même ridicules tans les attaquer; car enfin lis ne sauroient lui faire un crime de ce qu'elle est non*velie, puisqu'ils mettent toute leur gloire à enfanter tous les jours de nouvelles opinions, sans que jamais aucun s'y soit opposé ; et la raisoti pourquoi ils ne se portent aucune envie là-dessus, c'est qu'ils ne les croient pas véritables, et ilsn'auroient aucune jalousie contre les vôtres s'ils les croyolent fausses; mais du moins les magistrats qui ne les ont pas empêchés jusques ici d'ensei* gner ces opinions nouvelles et fausses ne vous empêcheront pas, je pense, d'enseigner les vêtres qui sont nouvelles, mais véritables; et quoique peut-être quelques-uns d'entre eux, qui n'eut ja* mais appris toutes ces chicanes de l'école, comme très peu utiles au gouvernement de la république^ ne voient pas la bonté de votre cause, cependant je me repose tellement sur leur équité et leur pru* dence que je ne saurais croire qu'ils s'en rappor«*> tent plutôt an témoignage de vos adversaires qu'au vôtre, et je suis persuadé que le seul M. D. V.*^ qui sans doute entend très bien le fond de la question, aura assez d'autorité sur l'esprit de ses collègues pour empêcher qu'il ne vous soit fait aucun tort. Mais quand la chose arriveroit autrementf et flue par un événement aussi extraordinaire qu'absurde, et sans exemple, vous vous verries privé de votre chaire de professeur, je ne croli pas que vous dussiez vous inquiéta le moins du monde. Je n'y vois aucun déshonneur pour vous, mais une honte éternelle pour les autres, et alors votre ville aurolt le déplaisir de voir exposées aux yeux de l'univers, ou rignorancecrasse,ou la haine de la vérité, ou un usage ridicule du pouvoir de ses magistrats. Bien plus, si j'étols & votre place, je voudrols savoir des consuls combien j'aurais de maîtres, et renoncer plutôt à moh emploi que de ramper devant Voëtius. ie suis sâr qu'en peu de temps, si vous le vouliez, vous auriez facilement ailleurs une chaire de professeur plus honorable et plus utile, et on en trouverait plutôt mille qui enseigneroient les mêmes choses que vos adversaires qu'un seul qui enseignât ce que vou« enseignez; et cependant ce seul homme seroit peut - être plus recherché par les bmateurs de la science que tous les autres ensemble. Pour ee qui me regarde, j'ai cm jusques ici avoir une véritable obligation à vos magistrats, qui, sachant bien que vous n'étiez pas éloigné de mes principes dé philosophie, n'ont pas été moins disposés à votil donner une chaire de professeur , ou peut-être même y ont été principalement portés par oe motif) comme vous avez voulu me le persuader. C'est oe qui m'a attadié d'une manière partiea-
tOftVafideraookk.»
CORRESPONDA.NCE,
Hère à eux, ei c est ce qui fait que je souhaite passioDoéroent que la postérité puisse dire que votre ville a été la première de toutes où notre philosophie ait été publiquement reçue, ce qui ne leur fera, comme je l'espère, aucun déshonneur ; au Heu qu'il seroit honteux pour eux s*il étoit jamais dit qu'ils n*ont pas su vous mettre à couvert des mauvais traitements de vos ennemis. Car ceux qui vous ont nommé à la chaire du professeur ont dû savoir que les opinions que vous enseignez ne pouvoient avoir quelque chose d^eicellent sans exciter infailliblement Tenvie de plusieurs de vos collègues qui n'avoient pas assez d'esprit pour embrasser les mêmes sentiments ; ils ont donc d& être prêts à vous protéger contre eux.
Ce qui ne leur sera pas difficile ; car enfin de quoi la calomnie peut-elle vous accuser? Que vous enseignez des choses nouvelles, comme si ce n'étoit pas un usage commun dans la philosophie que ceux qui ont quelque esprit inventent de nouvelles opinions et cherchent par là à se faire un nom ; mais enfin ils ne se portent point naturellement envie, parce qu'ils ne les croient pas véritables , comme on n'envieroit point les vêtres si on les croyoit fausses. Mais quoi, est-il de la justice que, tandis qu'on soufiTre les opinions des autres qui sont nouvelles et fausses, on rejette les vôtres parce qu'elles sont nouvelles et véritables? On vous fait encore un grand crime d'avoir écrit contre Voëtius; mais pour peu de bon sens qu'on ait, on verra en lisant l'écrit de l'un et de l'autre, et sachant ce qui s'est passé auparavant de sa part, que c'est Voëtius qui a écrit contre vous d'une manière très aigre et très piquante, et qu'il a tâché de vous perdre par ses calomnies, et que toute ]à faute qui se trouve en vous c'est de lui avoir répondu avec trop d'honnêteté et trop de modération ; de sorte qu'on pourroit vous comparer à un homme qui seroit poursuivi par un ennemi répée nue, et qui no feroit que détourner avec la main le coup mortel sans faire autre chose que de tAcher par des paroles très douces de ralentir sa colère, tandis que lui, plein de fureur et de rage, vous accuseroit de ne vouloir pas souffrir qu'il vous tuât. Mais peut-être, dira-t-on, ce n'est pas Voëtius qui forme contre vous ces accusations, loais d'autres de vos collègues ; comme si l'on ne «voit pas bien qu'ils ne le font qu'en se conformant à ses dessiens, et qu'ils sont tourmentés de la même jalousie, et comme si on avoit raison de vous faire un crime d'avoir repoussé celui qui vous attaquolt, enfin si on ne devoit pas le punir comme un véritable agresseur et un vrai caiomnlateur. Je lui donne le nom de calomniateur, parce qu'il vous a accusé méchamment d'avoir
enseigné certaines propositions contraireB à yotn théologie, quoique vos opinions s'accordent mieux avec la théologie que les vulgaires; et il seroit facile de prouver par des conséquences cerlaiDCs et évidentes tirées seulement de ses thèses que j'ai vues sur l'athéisme, qu'il est plutét lui-même ce qu'il voudroit faire croire faussement de tous. Bien plus, s'il étoit nécessaire de le représenter tel qu'il est et de découvrir tous ses artifices, 11 paroîtroit peut-être tel que ce seroit un déshonneur pour votre ville de le conserver plus longtemps dans le poste de prédicateur et de professeur ; car enfin la force de la vérité est grande. La dernière et la plus forte objection que l'on fait est le dommage que votre académie recevroit, dit-on, des inimitiés qui se forment entre les professeurs : mais je ne vois pas en quoi ces ioimitiés peuvent nuire à votre université ; au contraire, il arriveroit de là que chacun en particulier craignant les reproches des autres, ils s'attacheroient avec d'autant plus de soin à leur devoir. D'ailleurs quand ces brouilieries nuiroient au corps, Il faudroit déposer ceux qui sont les auteurs de ces inimitiés, et non pas ceux qui les fuient; do moins il ne diroit pas, je pense, que vos dogmes sont de nature à détourner les jeunes gens des études de votre académie, car je sais que voasavei grand nombre d'auditeurs et des plus illustres. Jusqu'ici nos opinions ont eu'non-seulemeot cbei vous, mais dans tous les autres lieux, le bonheur d'être goûtées et estimées des plus grands génies, et si quelqu'un ne les a pas estimées, ce n'a été que les pédants qui savent n'être parvenus à qo^que réputation d'érudition que par de faux artifices, et qui craignent de la perdre quand la vérité sera connue ; et si j'en dois croire mon pressentiment, je me flatte qu'un jour vous attirerez plo» de monde que tous vos autres adversaires, à qooi peut-être ne nuira pas l'édition de la Philosophie que je prépare : en sorte que si les magistrats sont attentifs à l'utilité et i l'ornement de leur académie, ils êteront plutôt vos ennemis de leurs postes que vous, car ils en trouveront plutôt mille autres qui enseignent les mêmes choses, que vous: d'ailleurs je ne crains pas que quelques-uns de vos consuls, peu Instruits des études académiques, comme très peu nécessaires pourlegouvernement, croient plutôt vos adversaires que vous, car je ne les crois pas assez peu fins pour ne pas s'aperoevoîr de leur jalousie. Outre cela le seul M. V. ^-t qui sait l'état de la dispute, qui connoît ia honte de votre cause et qui est ivbs versé dans toutes ces matières, aura assez d'autorité auprès de ses collègues pour vous mettre à couvert de tout tes* sentiment. Je sais qu'il est doué d'une intégrité .et d'une prudence si rares que je n'appréheû"^
ÀNNËE 1642.
DoilemeDt qa^il CiYorise to8 adtendres aux dépens de la yérité : enfin ce qui doit surtout tous foire plaisir, c'est que YOtrecauseest de telle nature qu'après qu'elle aura été jugée par tos magistrats elle sera encore jugée par les habitants de toute la terre; et comme c'est ici une affaire d'honneur, si les premiers juges tous étent quelque chose de Totre bon droit, les autres tous le rendront ayec usure. Adieu*
(Lettre CTI du tome m. )
s avril 1641.
Monsieur,
Les nouTelles que j'apprends de diyers lieux touchant ce qui se passe à Utrecht me donnent beaucoup de sujet d'admiration, quoiqu'dles ne m'étonoent ni ne me fâchent en aucune façon, linon en tant qu'elles touchent M. Leroy : car on ne dit rien moins à Leyde, sinon qu'il est déjà démis de sa profession ; ce que je ne puis toutefois croire, ni môme m'imaginer que cela puisse jamais arriTer, et je ne yois pas quel prétexte ses ennemis auroient pu forger pour lui nuire. Mais, quoi qo*il arriTe, je tous prie de l'assurer de ma l^rt que je m'emploierai pour lui en tout ce que je pourrai plus que je ne ferois pour moi-même, et qu^ii ne se doit nullement fâcher, pource que <%tte cause est si célèbre et si connue de tout le monde qu'il ne s'y peut commettre aucune in- JQstice qui ne tourne entièrement au désaTantage de ceux qui la commettroient, et à la gloire , et Dême peutrêtre arec le temps au profit de ceux qui la souiTriroient. Pour moi, jusqu'ici, en ne jugeant que des choses que je sais assurément, je De puis tant blâmer MM. d'Utrecht, comme je vois que tout le monde les blâme, et il semble que ce qu'ils ont fait peut aisément tourner à bien, et bire qu'ils soient loués de tout le monde, en cas qu'ils se Teuillent défaire de leur pédagogue prétendu, lequel, à ce qu'on me dit encore à présent, » mêle de prêcher contre eux, à cause qu'ils n'ont PBs défendu mon livre ; car pour ces derniers ^ts qui sont que M. Leroy est démis, je ne les erols point ; mais on m'a assuré qu'ils ont fait une loi en leur académie, par laquelle ils défendent expressément qu'on n'y enseigne aucune ^tre philosophie que celle d'Aristote : je serai |>»n aise d'en avoir copie, s'il est possible, ce que je ne denoanderois pas si je pensois qu'ils le trou- Yissent mauTais ; mais puisqu'ils Font publiée, je crois qu'ils Teulent bien qu'on Te sache, et qv^ils sont trop sages pour suiTre les impertiaen *
DiSGABTES.
tes règles d'un homme qui me nomme in Mené republied cunosiM, et qui se plaint de tous ceux qui osent écrire les fautes qu'il ose faire en public. Toutefois je ne Toudrois pas que mes amis m'écrivissent aucune chose qui ne pftt être vue de touSy comme je n'écris rien que je ne veuille bien que tout le monde voie; et surtout je vous prie de ne TOUS faire aucuns ennemis à mon occasion ; Je TOUS suis déjà trop obligé sans cela, et cela ne m» serviroit point. Je suis, etc.
IT 66.— A. M.RE6IUS.
( Lettre XCIV du tome L Tersion. ) s avril 1641
Monsieur,
fai ri de bon cœur en lisant les lettres de Yoëtius l'enfant, je veux dire Yoetius le fils, et en voyant le jugement de votre académie, à qui le nom d'enfant sied peut-être aussi bien. Je loue MM. iEmilius et Cyprien de n'avoir pas voulu prendre part i tant de puérilités, mais je suis en même temps un peu en colère contre vous de ce que vous prenez trop à cœur tout cela. Vous devriez plutôt être fort joyeux de voir que vos adversaires se percent par leurs propres armes; pour peu de bon sens qu'on ait, on s'apercevra, en lisant les écrits de vos adversaires, qu'ils manquent de raisons pour réfuter les vôtres et de prudence pour couvrir leur ignorance. J'ai appris aujourd'hui, pour la seconde fois, que Lemoine prépare la réponse de votre Yoetius ; la nouvelle est certaine, et elle vient du libraire qui l'imprime; elle sera environ de dix feuilles; l'appendix de Yoetius y sera une seconde fois imprimé avec notes ; j'aime de tels écrivains et vous devez aussi vous en réjouir. Rien de plus doux à mon sens et de plus sage que le décret de vos magistrats pour se délivrer des importunités de vos collègues. Si vous m'en croyez, vous acquiescerez à leurs ordres avec la dernière exactitude et avec une espèce de satisfaction intérieure, et vous vous contenterez d'expliquer vos leçons de médecine selon les principes d'Hippocrate et de Galien, et rien plus; si quelques bons esprits vous en demandent davantage, vous vous en excuserez bien honnêtement, en leur di sant qu'on vous l'a défendu, et vous éviterez surtout d'expliquer la moindre chose particulière, et vous direz, comme c'est la vérité, que ces choses sont tellement liées les unes avec les autres que l'une se peut bien comprendre sans l'autre. Tant que vous tous comporterez de la sorte, si les choses que tous aTez enseignées jus-
COABESPONDA'NCE.
qQ*id font d^nef d*être tppHiei el que votil crouTles des disciples dignes de les apprendre, je suis sûr qu'en peu de temps tous auret toute permlisloQ de les enseigner publiquement à Utrecht ou ailleurs aveo plus d'honneur que vous n*aTez eu encore; cependant Je crois qu'il ne TOUS est arrivé aucun mal, au contraire beau^ coup de bien, car tout le monde tous loue et tous estime davantage qu'on n'auroit fait si vos ennemis se fussent tenus en repos ; ajoutez à cela lé loisir que vous gagnez puisque vous êtes délivré d'une partie de votre travail, sans que vous perdiez rien de vos appointements ; il ne vous manque qu'une chose : de prendre cela avec modération. Tranquillisez-vous donc, je vous prie, et riez de tout ceci ; n'appréhendez pas que vos adversaires ne soient assez tôt punis de leur folie; enfin vous remporterez une pleine victoire si vous savez Yoàs taire, au lieu que, si vous recommenoék le oombat, vous vous exposes derechef aux traits de la fortune. Adieu.