‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 287 sur 306 · A M, DESCARTES · texte numérisé non relu

A M, DESCARTES

( Lsitrs ULTl du toms L Tsrsietf . )

Il n'y a que vous seul qui puissiei juger du plaisir que j'ai eu en lisant vos ouvrages. Je puis bien vous assurer que j*ai ressenti la même joie à comprendre et à adopter vos théorèmes, où je trouve une beauté merveilleuse, que vous en aves eu vous-même à les inventer, et que ose savantes productions de votre esprit me sont aussi chères que si c'étaient les miennes propres. Je vous dirai même que je m'imagine en être en quelque façon l'auteur ; car toutes vos pensées se Irou* vent tellement conformes à mon ent^mdement que je ne crois pas que mon esprit puisse jamaie re^ oontrer rien qui lui convienne mieux et qui lui soit plus naturel, éUnt persuadé qu^ellee sont de la même substance et d'une union esseatieUa et oécessairfî et qu^ tout esprit «4 ne petae pas

œRRESPONDANCE-

ooDuneTons ne pent ne pas s'icârter de la droite raison ; el pour vous dire naturellement ma pensée, tout oe qn*il y a jamais eu de grands philosophes et d*înUmes confidents des secrets de la nature n*étolent que des nains et des pygmées auprès de vous. DÀ la première lecture que Je fis de vos ouvrages, je conjectural que votre Illustre disciple, la princesse Elisabeth, pour être entrée parfaitement dans rintelligence de votre philosophie, étoit infiniment plus sage et plus philosophe que tous les sages et les philosophes de TEurope. je reconnus que je ne m*étois pas trompé lorsque ]*etts une plus parfaite oonnoissance de vos écrits. Enfin la lumière cartésienne s*est montrée de toutes parts à mon esprit. Le raisonnement y est partout si libre, si naturel, si net, si uniforme et si bien suivi qu'il a percé et dissipé avec un succès merveilleux les ténèbres répandues sur les abîmes de la nature, et a porté une clarté merveilleuse sur vos écrits; de sorte qu'il ne reste que peu ou point d'endroits ténébreux que oe flambeau lumineux n'éclaire, ou qu'il ne soit en état d'éclairer avec très peu de travail de ma part ; car tout ce que vous avez écrit dans votre livre des Principes, et dans vos autres ouvrages, est d'une si grande justesse, d'une beauté si bien proportionnée et d'une conformité si parfaite avec la nature, qu'il n'est pas possible de procurer un spectacle plus agréable à l'esprit et à la raison humaine.

On voit dans votre Méthode une espèce de jeu d'esprit, mais qui dans le fond est une modestie Ingénieuse, qui nous représente comme dans un fidèle tableau le caractère le plus doux et l'esprit le plus aimable du monde, et en même temps le génie le plus noble et le plus élevé qu'on sauroit s'imaginer ou souhaiter ..Je ne dis point ceci dans la vue d'augmenter votre gloire ou celle de la république des lettres ; mais premièrement , parce que je ne puis me refuser de rendre hautement ce témoignage pour le plaisir et le fruit que j'ai trouvé dans la lecture de vos ouvrages ; en second lieu, pour vous faire connoître qu'il y a des Anglois qui savent estimer tout leur prix votre personne et vos productions , et qui sont remplis d'admiration pour vos divines qualités ; qu1I n'y a même personne au monde qui ait pour vous un amour plus sincère et plus effectif, et qui embrasse de meilleur cœur les sentiments de votre excellente philosophie. Cependant, pour ne vous rien dissimuler. Monsieur, bien que je sois éperdument amoureux de votre système et de tout le corps de votre philosophie, je vous avouerai qu'il vous est échappé quelque chose dans la seconde partie de vos Principes, ou que mon esprit n'a pas asses de lumières pour pénétrer, on trop de

répugnance poàF admettre;' mais ces difflcoltéf ne portent point coup au fond de votre phihwophie; car quand ce qui m'embarrasse 8Nt)it oa faux ou incertain, cela ne feroit rien à reaseoos ou au fond de cette science, qui à cela près sobsisteroit toujours très bien.

Je vais donc vous proposer en deax mots mo doutes si vous le trouvez bon.

1. Vous définissez la matière ou le corps d^one manière trop générale, car il semble que nonseulement Dieu, mais les anges mêmes, ^ toals chose qui existe par soi - même, est une dioss étendue ; en sorte que l'étendue paroît être oifermée dans les mêmes bornes que l'esunoe absolue des dioses, qui peut néanmoins Aire diversifiée selon la variété des essences mêmes. Or la raison qui me fait croire que Dieu est étendu à sa manière, c'est qu'il est présent partout et qu'il remplit intimement tout l'univers et diacone de ses parties; car comment communiqueroit-llle mouvement à la matière, comme il a fait aotrefois, et qu'il le fait actuellement selon tous, s'il ne touchoit pour ainsi dire précisément la matière, ou du moins s'il ne l'avoit autrefois touchée? ce qu'il n'auroit certainement jamais ikit s'il ne se fût trouvé présent partout, et s*il n'avoit rempli chaque lieu et chaque contrée. Dieu est donc étendu et répandu à sa manière; par conséquent Dieu est une chose étendue.

Il ne s'ensuit pourtant pas de là qu*il soit ce corps ou cette matière que votre esprit, comme un habile ouvrier, a su si bien figurer en globules et en parties cannelées ; c'est pourquoi la substance étendue est quelque chose de plus général que le corps. Cette preuve louche, ou plutOt cette espèce de sophisme dont vous vous serves pour confirmer votre définition, me donne encore du courage pour vous combattre sur cet article. Le corps, dites- vous, peut être sans mollesse» sans dureté, sans poids, sans légèreté, etc., et la matière subsister en son entier sans ces qualités et les autres que les sens aperçoivent en elles ; c'est comme si vous disiez qu'une livre de cire pourroit être ce qu'elle est, quoiqu'elle ne fût ni ronde, ni cubique, ni pyramidale, et demeura livre de cire, sans avoir aucune figure, ce qui ne se peut pas; car bien qu'une telle ou telle figure ne soit pas tellement adhérente i la cire qu*elle ne puisse s'en dépouiller, cependant il est d'une nécessité indispensable que la cire ait une figure. Ainsi, quoique la matière ne soit nécessairement ni molle, ni dure, ni chaude, ni froide, il est cependant absolument nécessaire qu'elle soit sensible, ou si vous voulez tactile, comme l'a très bien défini Luorèce :

Toocber, éUre touché n'apparlieDl qu'aa leui corpc

âNNËE ie48.

Cette notion doit être d*autant mofni éloignée de TOtre manière de penser que votre philosophie, d*aooord avec celle des anciens, dont parle Tbéopliraste, place toat sentiment dans ie toucher ; ce que je crois la chose du monde la plus véritable. Que si tous ne voulei pas définir le corps par le rapport qu*il a à nos sentiments, je ▼eux bien que le toucher soit pris d'une manière plus générale et plus diffuse , et qn*il signifie le contact mutuel et ce pouvoir de toucher, soit que ces corps soient animés ou inanimés, et que ce soit la position immédiate de deux superficies ou de plusieurs corps.

Ce qui nous découvre une autre propriété de la matière ou du corps, que vous pourrez appeler impénétrabilité, laquelle consiste à ne pou- ▼oir pénétrer les autres corps ni à en être pénétré ; de là cette différence manifeste entre la sature corporelle et la nature divine. Celle-ci peut pénétrer les corps et l'autre ne se peut pénétrer soi-même ; d*où je vois que Virgile a mieux rencontré en philosophie avec ses platoniciens que Descartes lui-même , lorsque ce poète fait dire à Anchise selon leurs principes :

ptr le vaste inlten cette ame répandue De œt fa""»—»—* corps anime retendue.

Je passe sous silence plusieurs autres qualités plus remarquables de rétendue divine qu*il n*est pas besoin d'expliquer ici. En voilà assez pour démontrer qu'il auroît mieux valu définir le corps une substance tactile, ou, comme j'ai dit ci-dessus, une substance impénétrable, qu'une chose étendue ; car le toucher ou l'impénétrabilité conviennent totalement au corps, au lieu que votre définition pèche contre les règles et ne convient point au seul défini.

2. Quand vous insinuez que Dieu même ne saurbit fiilre. qu'il y ait véritablement du vide dans la nature, et que si par exemple on Atoit d'un vase tout l'air qu'il contient, ou tout autre corps, ses cAtés se jolndroient nécessairement, ce sentiment me paroît non-seulement faux, mais contraire à ce que vous avez dit auparavant ; car si c'est Dieu qui imprime le mouvement à la matière, comme vous l'avez avancé, ne peut- il pas imprimer un mouvement contraire, qui empêche que les cfltés du vase ne s'approchent ; mais il y a de la contradiction, dites -vous, qu'il y ait une distance entre les cfltés du vase et qu'il n'y ait rien cependant au milieu. La savante antiquité, Épicure, Démocrite, Lucrèce et les autres philosophes ne le croyoient pas.

Mais laissons cette preuve, qui n'est pas assez considérable pour nous arrêter. Je soutiens que l'extension divine remplit cet espace, et que votre

principe, qu'il n'y a que la matière qui soit étendue, est un faux principe ; qu'à la vérité ces cAtés ne s'approcheroient pas l'un de l'autre par une nécessité absolue, mais par une nécessité naturelle , et que Dieu seul peut empêcher cette réunion ; car comme les parties du premier et du second élément sont agitées par un mouvement violent et rapide, il est nécessaire qu'ellei se jettent avec impétuosité dans l'endroit qui cède, et qu'elles entraînent même avec elles les parties voisines. Il est donc ficheux pour vous que vous appuyiez sur un fondement si peu solide votre beau théorème de la manière dont se ibnt la raréfaction et la condensation, lequel je crois très vrai d'ailleurs.

3. Je ne comprends pas la subtilité du raisonnement dont vous vous servez pour prouver qu'il n'y a point d'atomes, ou de parties de matière indivisibles de leur nature; car quoique Dieu ait fait, dites-vous, ces parties telles que nulle créature ne sauroit les diviser, il n'a pu s'Ater ce pouvoir à lui-même sans diminuer sa puissance. Or on pourroit prouver par la même raison que Dieu ne fit pas lever hier le soleil, puisque sa puissance ne sauroit faire que le soleil d'hier ne soit pas levé, et que le plus vil insecte ne peut pas même mourir,

sro est vrai qn'éunt dé|à mort, on ne paisse subir oe sort

comme le dit élégamment Ovide de soi-même ; ou que Dieu n'a pas créé la matière, puisqu'elle est divisible en des parties qui peuvent toujours se diviser, division qui épuiscroit enfin la puissance divine, car il resteroit toujours une partie non divisée, quoique divisible ; ainsi la puissance divine seroit sans effet et Dieu ne pourroit exercer tout son pouvoir et parvenir à sa fin.

À. Je ne comprends pas mieux cette étendue indéfinie du monde, car ou elle est infinie en elle-même, ou par rapport à nous. Si vous Fen^ tendez dans le premier sens, pourquoi vous envelopper dans des mots obscurs et affectés? Si elle n'est infinie que par rapport à nous, cette étendue est réellement finie , car notre esprit n'est ni la mesure ni la règle des choses et de la vérité; ainsi, comme il y a une autre étendue absolument infinie qui appartient a l'essence divine, la matière de vos tourbillons s'éloignera de leurs centres, et toute la machine du monde se perdra en atomes et en petites parties qui se dissiperont çà et là dans cette vaste immensité de Dieu.

Au reste, j'admire ici votre retenue et votn crainte de prendre tant de précautions pour ne pas admettre une matière infinie, tandis que vous reconnoissez des parties actueliement infinies et

coAAfaPoitOÂfieE.

divisées, dans iei «rt. SI et i&, p. 98 et M, et quand vous ne l'avoueriez pas, on poairoit voas contraindre de le faire en cette manière. La quantité étant divisible à l'infini, elle doit avoir des parties actuellement inities, car comme li est absolument impossible de séparer réellement avec un couteair, ou tout autre instrument que vous voudrez, un corps en parties sensibles et palpables et qui ne soient point actuellement telles, 4e même II est contre toute raison de diviser par la pensée une quantité en des parties qui n'existent point réellement et actuellement dans le tout.

A quoi on peut ajouter qu'en supposant le monde réellement et simplement Infini, il sera aussi aisé d'expliquer et de prouver par cette hypothèse la rarébction* et la condensation des corps dont vous parlez aux art. 6 et 7, p. TO, qu'en établissant votre principe, que le seuîearpi en Hefi4u et que le rien ne peut avoir de l itendue; car ce que vous y établisse^ par une suite nécessaire de raisonnements se fera de même par la nécessité des ppérations physi(]ues et métaphysiques.

Car tout étant rempli à rinSni de matière ou de corps, la loi de la pénétration empêchera ou qu'il ne se rencontre un espace entièrement vide de corps dans la raréfaction, ou que dans la condensation les parties w puissent f'unlr sans chasser les petits gorps qui iufimt auparavant entre elles.

Ce que J'af dit Jusqu'ici paroll extrêmement dair k mon «sprit, et même beaucoup plus cer« tain que votte sentiment. Au reste, de toutes vos opinions sur lesquelles je pense différemment de TOUS, je ne sens pas une plus grande révolle dans HKm esprit, soit mollesse ou douceur de tempérament, que eur le sentiment meurtrier et barbare que vous avancez dans votre Méthode et par lequel vous arrachei la vie et le sentiment à tous les animaux, ou plulAt vous soutenez qu'ils n'en ont jamais joui, car vous ne sauriez souffrir qu'ils aient jamais vécu. Ici les lumières pénétrantes de votre esprit ne me causent pas tant d'admiration que d'épouvante ; alarmé du destin des animaux, je considère moins an vous cette subtilité ingénieuse que ee far cruel et tranchant dont vous paroisses armé pour Ater, comme d'un seul coup, It vie et le aentiment à tout ne qui est presque ântmé dans la uaUtre, et pour les métamorphoser 6tt marbres et en madilnes. Mais voyons, je vous prie, le aiotlf qui vous porte à prononcer un édit si sévère sur toutes les bêtes. Elles ne sauroient parier ni plaider leur cause devant leur juge, quoiqu'elles aleut (ce qui aggrave leur crime) tous les organes nécessaires pour user de ia pa* roloi aeiBaie M le MMrque aut pies et aui par*

roquets; vous prenex de là un ^ujetde tea priver du sentiment et de la vie.

Mais, de bonne fot^ est-Il possible que tea perroquets ou les pies pussent Imiter nos aons sHis li'eiitendolent et a'iis n'apercevoient par leurs organes ce que nous disons ; mais ils ne comprennent pas, dites-vous, ee que algnlIleDt les paroles qu'Us prononcent par imitation; mais pourquoi ne voulez-vous pas qu'ils prononcent ce qu'Us désirent, savoir leur nourriture quils viennent à bout d'obtenir de leur maître par es moyen ? Donc lis croient demander coname par charité leur nourriture, puisqu'i force de parler Ils obtiennent si souvent ce qu'ils désirotent ; et sans cela les oiseaux qui peuvent chanter apporterolent-lls tant d'attention à écouter œ qa*oa leur dit, s'ils n*avolent ni sentiment ni réflexion f D*où pourrott venir sans cela cette finesse et cette sagacité des renards et deè diiens? D'o6 Tient que les menacei et les paroles répriment tes bêtea quand elles donnent des marque^ de leur férocité? Pourquoi, lorsqu'un i^len pressé par la faim a volé quelque tibose^ s'enfutt-il et ae cachet-ii, comme sachant qu'il a mal Mt, et, marchant avec craiAte al déteiftoa» pa ibtti panopne en passant, mais, se délouraaai de km alieinin, cherche la tête baissée un lieu écarté, usant d'upe s^e précaution pour n'êtra pM punt da son crime? Comment expliquer tout cela aans ua sentiment Intérieur? he nombre infini de petits contes qu'on fait pour prouver qu*H y a de la raison dans les animaux ne doivent-ils pas dn moins prouver qu'il y a en eux du sentiment et de la mémoire? On n'auroit jamais hit de rapporter Ici tout ce qu'on dit li-dessus; mais Je sais bien qu'il y a tels faits qui dénotent en eux une force et une subtilité d'esprit qui est au-dessus de la matière, et qu'on ne sauroit éluder, le vois bien que le motif qui vous a porté à regarder les brutes comme des machines est llmmortalité de l'Ame que vous avez voulu itabllr. Ayant donc supposé que le corps étolt tncapabla de penser, vous avez conclu que partout oà se trouvoit la pensée, là devolt être une autistance réellement distincte du corps, et par conséquent immortelle, d'où il s'ensuit que si les bêtes pensoient, elles auroient des âmes qui sefolent des substances Immortelles.

Mais dites-mol, je vous prt^. Monteur, puisque votre démonstration vous conduit nécessairement ou A priver les bêtes de tout iKUtimeat, ou à leur donner llmmortalité, pourqud aimez* vous mieux en faire des machines inanimées que des corps remués par des Ames Immortelles, d^antant plus que le premier sentiment est abaolum^ contraire aux phétomèaea de la natute et eotlè*

AHHËK 164ê.

ns

fwnêttt ioMl jmiiilri, éh iteu que l%tlM t M Mivi par Iw plus BavaiiU philomphea de l'antlqu\îé, Fjrttagore, Platon el tant d'antres; d*a!lknira il n'y a rien qaf puisse confirmer datantage tous les platoniciens dans leur sentiment sur l'immortalité de rime des bétes que de voir on aussi grand génie que le vfltre réduit à n'en hire que des machines insensibles, de peur de les rendre Immortelles.

Voflè, Monsieur, les seuls ebdroits de votre philosophie sur lesquels je n*al pas cru dcToIr être de rotre sentiment; tout le reste est tellement de mon goût et me platt si fdrt que J*en fais mes délices, et ces sentiments se rapportent st intimement aux miens et me sont si propres que Je me sens la force et le courage , non-seulement de les ^pllquer facilement à ceux qui auroient de la peine à les entendre, mais encore de les défendre hardiment contre ceux qui seroient les pltis aguerris à la dispute sur ces matières et qui eeerolent les attaquer.

le n'ai plus qu'une prière è tous Iklre, Moniiear, c*esl de prendre en bonne part ce que j'ai prit la liberté de vous proposer» et de ne pas eroire que je Taie entrepris ou par légèreté ou par vaine gloîre, et pour ambitionner la connois* «née et Tamitlé des hommes illustres, puisque, s'il dépendoit de moi , je ticherois de ne pas me Mre eonmyltre, regardant le nom et la réputation comme sujets à Torage et ennemis du loisir d*un particulier.

Au reste, quelque penchant que je sente en moi pour votre personne, je ne vous eusse jamais découvert mes pensées si je n'y avots été poussé par d'autres; je me serois contenté d'aimer votre personne et vos ouvrages en secret et de vous honorer dans le silence.

Je n'ose pas même vous demander avec empressement une réponse, parce que je vous crois occupé à des méditations très profondes et a des expériences aussi utiles que difficiles. Je vous permets donc d'oser de votre droit, afin de ne point pécher contre le public; que si vous vou-* les pourtant honorer mes petites questions d'uue réponse telle que vou6 le jugerez a propos, vous vous acquerrez une éternelle reconnoissance sur le plus humble et le plus obéissant de vos servltenri,

A GssM^i. de e4H0s di Qhifit, b II déMiAi^ msi.

N" 14S,— B]£pQNse DE M. pEscuns

Page 1