‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 289 sur 306 · A M. DESCARTES · texte numérisé non relu

A M. DESCARTES

(LetUe LXFUi du tome f . Venion.)

Monsieur, le nQ diminue rien dans mon esprU de U hsuta

idée que je me suis formée de totre mérite; et mon jugement est si constant là-dessus que je penserai toujours ce que je voua en ai écrit dans ma précédente ; ce qui augmente même beaucoup l'estime que j*ai conçue de vous, ce sent oes ma« nières honnêtes et cette bonté qui se réunissenl si heureusement à une grandeur étonnante de gé^ nie et à une divine pénétration d'esprit. Comme je n'en ai jamais douté auparavant, j*en al aujour<* d*hui une preuve convaincante dans tos savantes lettres. Au reste, afin que vous n'ayez pas lieu de vous repentir d'une faveur si considérable, et que vous ne la regardiez pas comme placée sur la tête d'un esclave, et de peur que le i41e et l'amour que j'ai pour vous ne deviennent une chose vile, comme provenant d'un esprit bas et rampant , je vais vous dire, avec toute la conflanoe qui convient à un homme libre, de quelle sorte vos réponses m'ont si^tlsfait ; mais pour ne pas vous multiplier la peine, et à moi aussi, je re* trancherai toutes les liaisons du discours et tout ce qui pourroit le rendre trop long, et je me cob« tenterai de renfermer tout mon sujet en des courtes instances, ou du moins en des petites notes sur chacune de vos réponses.

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1. « Vous ne la définissez que par le rapport qu'elle a avec nos sens, etc. »

On pourroit répliquer , comme la racine el l'essence des choses soqt cachées et ensevelies dans des ténèbres éternelles, il faut de néGe8ait4 définir chaque chose par le rapport qu'elle peut avoir à d'autres. Ce rapport se peut appeler pro-' priété dans les substances, puisqu'il n'est pas lui - même substance , quoique je reconnoissa d'ailleurs qu'il y a des propriétés que l'on con{oU les unes avant les autres; j'ai voulu dire seul^ ment qu'il valoit mieux défiolr une chose per une propriété qui la comprit entièrement que par oe qu'on appelle la forme, qui est plus étendue que le défini. De plus, quand vous définisses le corps une chose étendue, je remarque que cette même étendue consiste dans un rapport des parties les unes aux autres, en tant que les unes ont été produites des autres; rapport qui ne convient pas absolument à la cbose.

S. « Quand il n'y auroit point d'hommes, w

Quand tous les hommes fermeroient les yeux« le soleil n'en perdroit pas pour cela la faculté d'être vu aussitêt qu'il plairoit aux hommes de les ouvrir ; comme une cognée ne perdroit pas lu faculté de couper du bois, ou autre chose sembla* hle, lorsqu'on l'y appliqucroit.

CORRESPONDANCE

S* « Si elle est dlYisée en parties beaucoup plus petites que celles de nos nerfs. *>

Je crois cependant que Dieu est un assez excellent ouvrier pour proportionner des nerfs à ces petites parties de matière, et que dans une telle proportion la matière deyiendroit sensible; or ces petites parties peuvent cesser de se mouvoir et se réunir, et de cette manière devenir derechef sensibles à nos nerfs; ce qui ne sauroit convenir en aucune façon à la substance incorporelle.

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