‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 51 sur 306 · OBJECTION XIII · texte numérisé non relu

OBJECTION XIII

SUR LA QUATRliMB MEDITATION.

^ « Par exemple, examinant ces jours passés si quelque chose existoit véritablement dans le monde, et prenant, garde que de cela seul que j'examlnols cette question il suivoit très évidemment que j'exlstois moi-même, je ne pouvois pas m'empêcher de juger qu'une chose que je conoevois si clairement étoit vraie; non que je m'y trouvasse tord par une cause extérieure, mais seulement parce que d'une grande clarté qui étoit en mon entendement a suivi une grande inclination en ma volonté, et ainsi je me suis porté i croire avec d'autant plus de liberté que je me suis trouvé avec moins d'indifférence, n

, ^ Cette façon de parler, tme grande clarté dans Vemendement^ est métaphorique, et partant n'est pas propre à entrer dans un ai^ment ; or celui qui n'a aucun doute prétend avoir une semblable darté, et sa volonté n'a pas une moindre inclination pour affirmer ce dont il n'a aucun doute que celui qui a une parfaite science. Cette clarté peut donc bien être la cause pourquoi quelqu'un aura et défendra avec opiniâtreté quelque opinion, •mais elle ne lui sauroit faire connoftre avec certitude qu'elle est vraie.

De plus, non-seulement savoir qu'une chose est

(IJ Vorei MédltsUon iv.pise IS.

vraip, mais aussi la croire ou lui donner son ifen ! et consentement, ce sont choses qui ne dépendait point de la .volonté ; car les choses qui noos not prouvées par de bons arguments ou raooiiiei comme croyables, . soit que nous le voulioin m non, nous sommes contraints de les croire. D Ml bien vrai qu'affirmer ou nier, soutenir ou rifiitff des propositions, ce sont des actes de la Tolonté; mais il ne s'ensuit pas que le consentement et IV veu intérieur dépendent de la volonté.

Et partant, la conclusion qui suit n'est pas # fisamment démontrée : « Et c'est danscemoTiii usage de notre liberté que consiste cette priYatiOD qui constitue la forme de l'erreur. »

RÉPONSE

H importe peu que cette façon de parler, m grande clarté , soit propre ou non à entrer daw un argument, pourvu qu'elle soit propre pour apliquer nettement notre pensée, comme elle M en effet. Car il n'y a personne qui ne sadie qoe par ce mot, une clarté dans tentenâeneni, oo entend une clarté ou perspicuité de connoissaMe que tous ceux-là n'ont peut-être pas qui pensent l'avoir ; mais cela n'empêche pas qu'elle ne difiire beaucoup d'une opinion obstinée qui a été O0B;De sans une évidente perception.

Or, quand il est dit ici que, soit que nous tonlions ou que nous ne voulions pas, nous donnoDS notre créance aux choses que nous concevoBsdii' rement, c'est de même que si on disoit que, soU que nous voulions ou que nous ne voulions pas, nous voulons et désirons les choses bonnes quand elles nous sont clairement connues : car cette façon de parler, *ott que nous ne voulurnspah n'a point de lieu en telles occasions, parcequ'il y a de la contradiction à vouloir et ne vouloir pas une même chose.

OBJECTION XIV* SUR LA cnvQuiiMB HÉniTAnoN.' DE L'ESSENCE DES CHOSES CORPORELLES.

* « Comme, par exemple, lorsque j'imagioesa triangle, encore qu'il n'y ait peut-être en aucun lieu du monde hors de ma pensée une telle igure, et qu'il n'y en ait jamais eu, il ne laisse pai néanmoins d'y avoir une certaine nature, UQ forme, ou essence déterminée de cette figure, laquelle est immuable et éternelle, que Je n'ai point inventée, et qui ne dépend en aucune façon di mon esprit, comme il paroit de ce que l'on f^^ démontrer diverses propriétés de ce triangle* •

(1) Voyes Médlutloalv, page SI. a >

FAITES PAR M. HOBBE&

SU n jr 8 point de triangle en aocirn ]iea da Mode, je D6 pois comprendre comment il a une utore, car ce qui n*e6t nulle part n*est point du tout,etn*a donc point aussi d'être ou de nature. lldée qoe notre esprit conçoit du triangle vient d'an autre triangle que nous ayons yu ou inventé nr les dioses que nous ayons vues ; mais depuis qu'une Ibis Dons avons appelé du nom de triangle la diose d'où nous pensons que l'idée du triangle tire «n origine, encore que cette chose périsse, kooDideméare toujours. De même, si nous avons oœ fois conçu par la pensée que tous les angles d'oD triangle pris ensemble sont égaux à deux droits, et qae nous ayons donné cet autre nom au triante, qu'il est une chose qui a trois angles ' éj(m à deux droits , quand il n'y auroit au ooode aucun triangle , le nom néanmoins ne laisseroit pas de demeurer. Et ainsi la vérité de cette proposition sera éternelle , que le triangle ai m dme qui a trois angles égaux à deux Mit: mais la nature du triangle ne sera pas pour cela éternelle, car s'il arrivoit par hasard fue tout triangle généralement périt , elle cessent aussi d'être.

De ffi&ne cette proposition, l'homme est unani- 901, sera vraie éternellement à cause des noms ; nais, supposé que le genre humain fût anéanti, il ii*j auroit plus de nature humaine.

D'où il est évident que l'essence, en tant qu'elle «tdistiDgoée de l'existence, n'est rien autre chose 9b'uo assemblage de noms par le verbe est; et pvtant l'essence sans l'existence est une fiction deootre esprit : et il semble que comme l'image d Qo homme qui est dans l'esprit est à cet homme, ùisi l'essence est à l'existence ; ou bien conune ttoe proposition, Socrate est homme, est à celle- ^,SiHrate est ou existe, ainsi l'essence de Socnte est a l'existence du même Socrate : or ceci, ^(Ueesthomme, quand Socrate n'existe point, ksiguifieautre chose qu'un assemblage i!c noms, ^ ce mot es^ ou être a sous soi l'image de l'unité 'aoe chose qui est désignée par deux noms.

REPONSE

distinction qui est entre l'essence et l'exisinoe ert connue de tout le monde ; et ce qui est Aid des noms éternels, au lieu des concepts ou aidées d'une étemelle vérité, a déjà été ci-^e- ; réftité et rejeté.

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