‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 52 sur 306 · OBJECTION XV · texte numérisé non relu

OBJECTION XV

SUR LA smÈMB MEDITATION. DE L'EXISTENCE DES CHOSES liATâllELIiES.

* « Car Dieu ne m'ayant donné aucune faculté pour connoître que cela soit (à savoir que Dieu, ' par lui-même ou par l'entremise de quelque créature plus noble que le corps , m'envoie les idées du corps), mais au contraire, m'ayant donné une grande inclination à croire qu'elles me sont envoyées ou qu'elles partent des choses corporelles, je ne vois pas comment on pourroit l'excuser de tromperie, si en effet ces idées partoient d'ailleurs ou m'étpient envoyées par d'au* très causes que par des choses corporelles ; et partant 11 faut avouer qu'il y a des choses corporelles qui existent. «»

C'est la commune opinion que les médecins no pèchent point qui déçoivent les malades pour leur propre sauté, ni les pères qui trompent leurs enfants pour leur propre bien ; et que le mal de la tromperie ne consiste pas dans la fausseté des paroles, mais dans la malice de celui qui trompe. Que M. Descartes prenne donc garde si cette proposition , Dieu ne nous peut jamais tromper f prise universellement , est vraie ; car si elle n'est pas vraie, ainsi universellement prise, cette conclusion n'est pas bonne, donc il y a des choses corporelles qui existent.

RÉPONSE

Pour la vérité de cette conclusion il n'est pas nécessaire que nous ne puissions jamais être trompés, car au contraire j'ai avoué franchement que nous le sommes souvent ; mais seulement que nous ne le soyons pojnt quand notre erreur feroil paroître en Dieu une volonté de décevoir, laquelle ne peut être en lui ; et il y a encore ici une conséquence qui ne me semble pas être bien déduite de ses principes.

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