‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 54 sur 306 · AUX OBJECTIONS DE M. ARNAULD · texte numérisé non relu

AUX OBJECTIONS DE M. ARNAULD

asxeuTJidescdtésn'eat pas une sabsUnoe»* et partant diacaoe de ces deux choses ne peut pas lire eoteodue comme une chose complète, ainsi que iesoDt Tespiit et le corps ; et même cette prcH priété ne peut pas être appelée une chose, au DàaB Kmqae j'ai dit qnec'est asses que je puisse eoDcewioe chose (c'est à sayoir une chose complète) ans une autre, etc. Gomme il est aisé deiojrpiroes paroles qui suivent, « de plus je UmeÊmi des facultés, etc. » Car je n'ai pas dtfpiûesracaités fussent des choses, mais j'ai mio apressémeat faire distinction entre les fites, c'est-i-dire entre les substances et les «fcsde ces choses, c'est-à-dire les facultés de csahstaoces.

Ed seooDd lieu, encore que nous puissions dai- Nseotel distinctement concevoir que le triangle a demi-cerde est rectangle, sans apercevoir que kearré de sa base est égal aux carrés des cétés, «fliDoiJis nous ne pouvons pas concevoir ainsi diireiKm an triangle duquel le carré de la base ^f9^ aux carrés des cAtés, sans que nous aperttrioDs en même temps qu'a est rectangle ; mais »«B concevons clairement et distinctement Tesjnt sau le corps, et réciproquement le corps sans '«pril. '^

& troisième lieu, encore que le concept ou ^ du triangle inscrit au demi-cercle puisse «telle qu'elle ne contienne point TégaUté qui ««tttrele carré de la base et les carrés des côtés, » » peut pas néanmoins être telle que l'on «ÇoiTO que nulle proportion qui puisse être «if« le carré delà base et les carrés des côtés JïpparUent à ce triangle; et partant , tandis que f«a Ignore quelle est cette proportion, on n'en Nnitt aucune que celle qu'on connoît clalre- •01 De loi point appartenir, ce qui ne peut Ja- •«<lre entendu de la proportion d'égalité qui *«ntreeox.

5laisil n'y arien de contenu dans le concept du *P<ie ce qui appartient à l'esprit, et récipro- **«rtdans le concept de l'esprit rien n'est com- ^5 M ce qoi appartient au corps. C'est pour- ^bien que j'aie dit que « c'est assez que je TO concevoir clairement et distinctement une

*J nnner cette mineure : «Or est-il que je con- J«iiireDiient et distinctement que ce triangle ««ctangie, encore que je doute ou que je nie J» carré de sa base soit égal aux carrés des

Jj^ement, parce que la proportion qui est r« le carré de la base et les carrés des côtés

TPW une chose complète.

^ï»dement, parce <)ue cette proportion d'é-

l^CAWTES.

galité ne peut être clairement entendue que dans un triangle rectangle.

Et en troisième lieu, parce qu'un triangle mime ne sauroit être distinctement conçu si on nie la proportion qui est entre les carrés de ses côtés et de sa base.

Mais maintenant il faut passera la seconde de«* mande, et montrer comme il est vrai que « de cela seul que je conçois clairement et distinctement une substance sans une autre, je suis assuré qu'elles s'excluent mutuellement l'une l'autre et sont réellement disthictes ; » ce que je montre en cette sorte.

La notion de la substance est telle, qu'on la conçoit comme une chose qui peut exister par soimême, c'est-à-dire sans le secours d'aucune autre substance, et il n'y a jamais eu personne qui ait conçu deux substances par deux dilTérents concepts, qui n'ait jugé qu'elles étoient réellement distinctes. C'est pourquoi, sije n'eusse point cherché de certitude plus grande que la vulgaire, je me fusse contenté d'avoir montré en la seconde Méditation que Tesprit est conçu comme une chose subsistante, quoiqu'on ne lui attribue rien de ce qui appartient au corps, et qu'en même façon le corps est conçu comme une chose subsistante, quoiqu'on ne lui attribue rien de ce qui appartient à l'esprit ; et je n'aurois rien lyouté davantage pour prouver que l'esprit est réeUement dlsthigué du corps, d'autant que nous avons coutume de juger que toutes les choses sont en effet et selon la vérité telles qu'elles paroissent à notre pensée. Mais, d'autant qu'entre ces doutes hyperboliques que j'ai proposés dans ma première Méditation, cettuy-ci en étoit un, i savoir que je ne pouvols être assuré « que les choses fussent en effet et selon la vérité telles que nous les concevons,*» tandis que jesupposois que je neconnoissoispas l'auteur de mon origine, tout ce que j'ai dit de Bleu et de la vérité dans la troisième, quatrième et cinquième Méditation , sert à cette conclusion de la réelle distinction de l'esprit d'avec le corps, laquelle enfin' j'ai achevée dans la sixième.

« Jeconçois fort bien, dit M. Arnauld, la nature du triangle inscrit dans le demi-cercle sans que je sache que le carré de sa base est égal aux carrés des côtés. •• A quoi je réponds que ce triangle peut véritablement être conçu sans que l'on pense à la proportion qui est entre le carré desabaseeC les carrés de ses côtés, mais qu'on ne peut paa concevoir que cette proportion doive être niée de ce triangle, c'est-à-dire qu'elle n'appartient point à sa nature. Or il n'en est pas de même de l'esprit ; car non-seulement nous concevons qu'il est sans le corps, mais aussi nous pouvons nier qu'au*

cune des choses qui eppartieiment «i ctn^s ap*

BÉPOIÏSES DE DB8CABTES

iwrileiiiie i l'eipril; «up o'iil It prftpr# «t !» sa^ ture des substances de s'eul^it mutotlleiiiefit l'une TauM.

Et 00 que M» Arnauld t tjooté ne m^est mcih pemeoi ixmtraire, i saTOir que « oe n*est pu menreille si, lorsque de ce que je pense je viens à conclure que je suis» ridée que de là je forme de mol-mAme me représente seulement comme une chose qui pense: n car, de la même fiiçon, lorsque j*eiamine la nature dn corps je ne trouve rien pu elle qui ressente la pensée ; et on ne saunrît avoir un plus fort ai^ment de la distinction de deux choses que lorsque, venant i les considérer lOutea deux séparément, nous n# trouvons aucune chose dans Funa qui ne soit entièrement dUHrante deçà qui se retrouve en Tautre.

Je na vois pas aussi pourquoi cet atgumenê 99mhh prouver trop; car Je ne pense pas que pour montrer qu'une chose est réellement distincte d'une autrp on puisse rl^ dire de moins, sinon que par la toute^puissanoe de Dieu elle en peut étire séparée : et il m*a semblé que j'avols pris garde assea solgneusemmit à ce que personne ne pût pour cela penser fuê fftomina n*€êt rien ^'ym npriê u$(mt au se Hnmniiu eorp$.

Car même dans cette sixième Méditation, où j*a| parlé de la distinction de l'esprit d^vec le corps» j'ai aussi montré qu'il lui est substantiellement uni ; et pour le prouver je me suis seryl de raisons qui sont telles que je n'ai point souvenance d'en avoir jamais lu ailleurs de plus fortes et convaincantes. Et oomrae oelui qui diroit que le bras d'un homme est une substance réellement distincte du reste de son oorps ne nieroit pas pour cela qu'il est de l'essence de l'homme entier, et que œlal qui dit que oe m^me bras est de l'essence de lliomme entier ne donne pas pour cela oooasion de croire qu'il ne peut pas subsister par soi, ainsi Je ne pense pas avoir trop prouvé en montrant que Tesprit peut être sans le oorps; ni avoir aussi trop peu dit en disant qu'il lui est substan> tiellement ani ; parce que cette union substantielle n'empêche pas qu'on ne puisse avoir une claire et distincte idée ou concept de Tesprlt seul, comme d'une chose complète ; c'est pourquoi le concept de l'esprit diffère beaucoup de celui de la auperâcie et de la ligne, qui ne peuvent pas être ainsi entendues comme des choses complètes, siotttrala longueur et la largeur on ne leur attribue aiiBii la profondeur.

It enfin, de ce que la foculté dépenser est assoupie dans les enfonts, et que dans les fous elle est non pu à la vérité éteinte, mais troublée, il ne fout pu penser qu'elle soit tellement attai^' aux organes eorporêls q«*ello ne puisse être sans evi. dr de oe que noua T«fOBi sonvent qu'elle

ait empêahéa par ses orgues. Il ne s'ensufl i namiot qu'elle soit produite par eux ; et il nVil pu possible d'an donner aucune raison, tant légère qu'alla puisu être.

Je ne nie pu néanmoins que cette étroite Ilaisoa de l'esprit et du corps que nous expérimentons toos les jours ne soit cause que nous ne découvrons pas aisément et sans une profonde méditation la distinction réelle qui ut entre l'un et l'autre. Mais, à mon jugement, osux qui repasseront souvent dans leur esprit les choses que j'ai écrites dans ma seconde Méditation se persuaderont aisément que l'esprit n'sit pu distingué du corps par one seule fiction ou abstraction de l'entendement, maisqa'O est connu comme une chose distincte, parce qu'A est tel en effet* Je ne réponds rien ioe que M. Arnwild a ici ^outé touchant l'immortalité de l'éme, puisque cala na m'est point contraire ; mais pour ce qui regarde Isa imes des bêtes, quoique leur muridération ne aoit pu de ce lieu, et que, sans l'oxpUcation de toute la physique, je n*en puisse dire davantage que C9 que j'ai déjà dit dans la dU' qoième partie de mon traité de la Méthode, toutefois ja dirai enoore ici qu'il me semble que c'est «Od cb^MC fort renuu^iuable qu'aucun Hiouvement ne se peut faire soit dans les corps des bêta, «oit même dans lea nôtres, si ces corps n'ont en oux tous les oiisanes et instruments par le moj» desquels ces mêmes mouvements pourroient aosii être accomplis dans une machine ; en sorte que même dans nous oe n'est pu l'esprit ou l'âme qui meut immédiatement les membres extérieurs, mais seulement il peut déterminer le cours de celle liqueur fort lubtUe qu'on nomme les mptîu animaux, laquelle, ooulant continuellement du cœvr par le cerveau dans les museies, est la cause de tous les mouvements d« nca membres, et souvent en peut causer pl«aieurs différenta auari foellement les uns que les autres. Et même 11 ne le détermine pu toujours, car entre les mouvements qui se font en nous 11 y en a plusieurs qui ne dé» pendent point du tout de l'e^trit, comme sont le battement du cQdor, la digestion dea viandes, la nutrition, la respiration de ceux qui dorment ; et même en ceux qui sont évellléii, le asarcher, chanter, et autres actions semblablea, quand elles se font sans que l'esprit y pense. Et lorsque ceux qui tombent de haut présôitent leurs mains ks premières pour sauver leur tête, ce Q'asl pelât par le conseil de leur raison qa'ila font cette action, et elle ne dépend point de leur esprit, mais seulement de ce que leurs sens, étant louches par le danger présent, causent quelque changementen leur cerveau qui détermine les esprits animam^ à paiser de là dans les neris, en la fo{OB ^ui «t requise pour produire ce mouvement MM de

AUX OBJECTIONS DE M, AiW/LULD.

aèoM que dani miê madiîBi el nns que l'asprlt k punie empteber.

Or, poiiqoe nous «pimentons cela en noos- I, pourquoi nous étoraorons-Doui tant si la ehlo du corps d'un loup dans los fNOL d'une brebis a la mênie feras pour axoiter en die le moufemeot de la iolta?

Après eToir remarqui oda, si nousTOulons un peu ndiouner pour eonnottre si qudques mouvo- BMDli dm bêles sont semblables i ceux qui se ibnt eo aous par le mlnlstire de Fesprlt, on bien à ceux qui dépendent seulement des esprits animaux et de la dlsporitlon des organes» il ftiut considérer les dlllérenees qui sont entre les uns et les antres, lesquellee j'ai expliquées dans la cinquième partie du dîac«|ifa de la Méthode, car je ne pense pas qu*on an puisse trouYor d'autres, et alors on verra hdkmmt que toutes les actions des bétes sont senlsoMUt seabiableB à œlles que nous frisons •sus que notre esprit j oontribue. A raison de quoi > oUigés de condnre que nous ne con^ I en effet en elles aucun autre principe de it que la seule disposition des oiganes et la eontinurtlealOuenee des eq>rits animaux prodaits par la chaleur du omur, qui atténue et subtilise la aang ; et ensemble noqs reoonncitrOQs que rien ne nous a d-devant donné oocaslon de leur en ^tiibiier an antre, sinon que, ne distinguant pas œs deux principes du mouTement, et voyant que l*iin, qui d^nd seulement des esprits animaux et dee organes, est dans les bétes aussi bien que dans nous, nous avons cru Inconsidérément que l'autre, qui dépend de l'esprit et de la pensée, était aussi eo dies. Et certes, lorsque nous nous sommes persuadés qudque chose dès notre jeunesse, et que notre opinion s'est fortifiée par le lenipe, qudques raisons qu'on emploie par après pour DOue en feire voir la fausseté, ou plutét quelque fisnseeté que nous remarquions en elle, il est néanmoins très difficile de Téter enUèrement de notre eréanoe, si nous ne les repassons souvent en notre esprit et ne nous accoutumons ainsi à déraciner peu à peu ce que Thabitude à croire plutôt que la raison avoit profondément «rave en notre esprit.

BjÉPOMSE A L'AUTRS PARTIE,

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