LE P. BOURDIN
S*IL FAUT TBNIl LES CHOSES DOUTEUSES FOUB FAUSSES, ET COUHEMT.
Tous demandes, en premier lieu, si c'est une bonne règle pour rechercher la vérité que celle-ci : « Tout ce qui a la moindre apparence de doute doit être tenu pour faux. » Mais afin que je vous paisse répondre là-dessus, j'ai ici auparavant quelques questions & vous faire. La première, qa*entendes-vous par ces mots, « ce qui a la moindre apparence de douCe? *» La seconde, que veulent dire ceux-ci, » doit être tenu pour faux?» La VtMkmdf « oonunent doit-on toalr une chose
pour fausse? » Quant à la première, qui regarde le doute que l'on peut avoir de quel<iue chose, voici comme vous y répondez, et en peu de mots.
CE QUE c'est d'avoir LA UOINDBE AFPAIEHGB DE DOUTE.
Une chose peut être dite avoir qudque apparence de doute de laquelle je puis douter si elle est ou si elle est telle que je dis qu'elle est, non pour quelques soupçons légers et mal fondés, mais pour de bonnes et solides raisons (c). De plus, une chose peut être dite avoir quelque apparence de doute qui, bien qu'elle me semble claire, peut néanmoins être sujette aux tromperies de quelque mauvais génie qui prenne plaisir à employer toute son industrie pour faire en sorte que ce qui est faux en effet me paroisse néanmoins dair et assuré. Ce qui est douteux au premier sens a beaucoup d'apparence de doute; par exemple, qu*ll y ait une terre, des couleurs ; que vous ayez une tête, des yeux, un corps et un esprit. Ce qui l'est au second en a moins, mais pourtant en a asseï pour ne pas laisser d'être estimé douteux, et pour l'être en effet; par exemple, que deux et trois font cinq, que le tout est plus grand que sa partie, et semblables.
C'est fort bien répondu. Mais, s'il est ainsi, qu*y a-t-il, je vous prie, qui n'ait quelque apparence de doute? Qu'y aura-t-il qui soit exempt des ruses de ce mauvais génie (d)? Rien, dites-vous, rien du tout, jusqu'à ce que nous soyons assurés, par les principes inébranlables de la métaphysique, qu'il y a un Dieu, et qu'il ne peut être trompeur; en sorte que Ton peut dire qu'avant que noos sachions « s'U y a un Dieu, et, posé qu'il y en ait un, s'il peut être trompeur, nous ne pouvons jamais être tout-à-fait certains ni assurés d'aucune chose. » Et pour vous donner Ici entièrement 4 connoître ma pensée, si je ne sais qu'il y a un Dieu, et un Dieu véritable qui empêche ce mauvais génie de me tromper, je pourrai et devrai même toujours appréhender qu'il ne me séduise par ses artifices, et que, sous l'apparence du vrai, il ne me fasse voir ce qui est faux comme dair et assuré; mais lorsque je connoitral entièrement qu'il y a un Dieu et qu'il ne peut être ni trompé ni trompeur, et qu'ainsi II empêche nécessairement que ce mauvais génie ne m'abuse dans les choses que j'aurai dairement et distinctement conçues, ce sera peut lors que s'il s'en rencontre de teUes, c'est-àrdire s'il arrive que j*en aito conçu clairement et distinctement quelques-unes, je les tiendrai pour véritables et pour certaines. Si bien que je pourrai alors avec assurance établir pour règle de vérité et de certltade, que « tout
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ce que pous concevons clairement et distinctement est vrai. » Je ne souhaite rien de plus sur cet article* Je viens maintenant à ma seconde question.
gUB VEUT DIRE GELA : TENIR UNE CHOSE POUB FAUSSE?
Puisque, «don vous, o*eit vne chose douteuse qu« vousayaa^desyeux, une tête, i^oorpi^^tmidnie que YOu« deyei tepir cela poi^ lauf » jevqus prie done de me dire oe qne c*est que de tenif une c^ps^ p(Hir fausse. ^ seroit-<^ point de croire et de dire : li est faux que j*aie des yeux, une tôte, un OMTps \ ou bien de croire et de dire, par une détArmluAtioa tout-à-fait opposée i notre doute : Je n'ai point d^yem, de tâte, ni de corps ; et, pour dir^ en un mot, ne seroit-ce point («) croire» 4ir§ et easarer Toppocé de la chose dont on doute? q*eat qela même, dites-vous , voilà qui va bien, Mail je vous prie de me dire encore votre pensée Urdeasua. Ce n*est pas une chose certaine que deux et Iroia fass^t cinq ; dois-je donc croire et assurer que deux et trois ne font pas cinq? Oui, dileft^vous, o*est ainsi qu'il le iaut croire et assurer. Je TOUS demande enoore, il n'est pas assuré si, pendant que je dis ces choses, je veille ou si je dors ; 4oîi^je dene croire et dire : Oui, pendant que je dia osa etioiea, je na veille pas, mais je dors. Voilà, dites-vous, comme il le faut croire et le dire. Je ne vous denuinderai plus qu'une chose, afin de ne vous pas ennuyer. Il n'est pas certain que ce qui paroit clair et assurée celui qui doute «'U veille ou s'il dort soit clair et assuré ; dois-je denc croire et dire : Ce qui paroh clair et assuré à celui qui doute s'il dort et s'il veille n'est pas dairet assuré, mais est faux et obscur? Pourquoi hésites'-vous là-dessus? « Vous ne sauries rien aocorder de trop à votre défiance, m Ne vous est41 jamais «^rivé, oomme à plusieurs, que les mêmes dioaes qui eu dormmit vous avoient semblé dai- «ea el oertaloes vous ont depuis paru fausses et ^utensea? « Sans doute qu'il est de la prudenoe de HO se flsr jamais entièrement à ceux qui nous ont ittie fois trompés. » (f) Mais, dites-vous, il en est bl«i autrement des choses qui sont toat-àfiit eertaines; car elles sont tdles qu'à ceux «êiM qui donnent ou qui sont fous elles ne peuvent jamais paroitre douteuses. Est-ce donc tout de bon, je vous prie, que vous dites que les choses 'tout*à*iait certaines sont telles qu'elles ne peuvent pas même paraître douteuses à ceux qui dorment ON qui wnl fous? Mais ente, « ou les trouverez-vous ces choses? n £t pourquoi, s'il est vrai qu'à ceux qui dorment ou qui ont l'esprit troublé IfJB cboop^ qui sont ridicules et absurdes
leur pajToissent oppendant quelquefois non-seulement vraies, majs aussi très certaines, pourquoi aussi celles qui sont les plus assurées ne leur paroitront-^llea paa fausses et douteuses? Et pour preuve de ceci, j'ai connii une personne qui oa jour* comme elle sommeilloit, ayantentendu son' ner quatre heures, se mit à compter ainsi l*hor lofie : ui)e, une, une, une. Et pour lors l'absurdii* qM'elle concevoit dans son esprit la fit s'écrier: « Je pense que cette horloge est démontée, eliet sonné quatre fois une heure. » Et en effet, y a-t-i rien de si absurde et de si contraire i la wm qui ne puisse tombeir dans l'esprit d*ua fw, oa d'un homme qui dort? Y a-t-U rien que cdm qui rêve n'approuve et pe croie, et dont il œ» flatte comme d'une fort belle (^ose ({u'ii auroit trouvée et inventée? Enfin, pour terminer toal qn un n^ot, je dis que vous ne pourra jaioas établir si bien la certitude de cet axiome, c'est î savoir, que ^out ce qui sepible vrai à celui qii doute s'il dort ou s'il veille est certain, et ai certain qu'on le peut prendre pour le foodemai d'une science et d'une métaphysique très vraie â très exacte, que je le tienne pour aussi certain qn celui-ci, deux et trois font cinq, ni même pourâ certain que personne n'en puisse en aucune h^ douter, ni être trompé en cela par quelque masvais génie. Et cependant je n'appréliende poist de passer pour opiniâtre, bien que je persiste dm cette pensée. C'est pourquoi, ou je conclurai \d suivant votre règle, il n'est pas certain que ceqc* paroit COTtain à celui qui doute s'il veille ou si dort soit certain ; donc ce qui paroit certain à celui qui doute s'il veille ou s'il dort peut et àùi être réputé pour faux ; ou bien si vous avez qtiàque règle particulière, vous prendres la peine « me la communiquer. Je viens à ma troisième qaâ* tion, qui regarde li^ fiftson d(m% W 4ait tenir esc chose pour fausse.
COMMENT ON DOIT TENIK UNE CHOSE POUB FACSSE-
Je vous demande, puisque je ne suis pas assuré que deux et trois font cinq, et que par la ftgle précédente je dois croire et dire que deux ts trois ne font pas cinq, si tout aussitôt je ne doi) pas tellement le croire que je me persuade q^e h chose ne peut être autrement, et partant fuî est certain que deux et trois ne font pas tâsq Vous vous étonnes que je voua fasse eelle àemande ; mais je ne m'en étonne pas, pui>9*^ cela m'a aussi surpris moi-même. Si est-ce pourtant qu'il est nécessaire que vous y répendiea >i vous voulez aussi que je vous réponde. Vouifâvous donc que je tienne pour certain que deux u trois ne font pas cinq? Je vols bien que ve» ^
ou DISSERTAHOHS VÇ », P, BQURDIN.
Tonles, et même qaevousYOulezqoe tout le monde le croie et le tienne poar si certain qu1l ne puisse être rendu douteux oar les ruses de ce mauvais génie.
Tom TOUS moquez, me dites- vous ; cela peut-il tomber d&ns l'esprit d'un homme sage?
Quoi donc, cela sera-t-ll aussi douteux et Incertain qoecect, deux et trois font cinq? S'il est ainsi, si c*est une chose douteuse que deux et trois ne font pad dnq, Je nVn croirai rien , et dirai , suivant TOtfe règle, que cela est faux, et partant j'admettrai le contraire, et ainsi je dirai deux et trois font Cinq, et j'en ferai de même partout ailleurs. Et poorce qu*ll ne semble pas certain qu'il y ait ancuD corps au monde, je dirai qu'il n'y en a point da tout; mais aussi, pource que ce n*estpasune chose certaine qu*il n*y ait aucun corps au monde, je dirai par opposition qu'il y a quelque corps au monde ; et ainsi en mivae tempe il y aura quelque corps ai| monde et il n'y en aura polQt.
(b) U est vrai, dites-voiia, ç*est 9i\mi qu'il iaut faire, et c*est proprement ce qu'op appelle douter, aller et revenir ^ur ses pas» ayaocer et reculer, affirmer ceci et cela et aussitôt le nieri s'arrAter & une chose et puiç s*en départir.
n ne se peut rien de mieux ; mais, pour me ser* vir des choses qui seront douteuses, que ferai-je? Par exemple, que ferai-je de celle-ci, deux et trois font cinq? et de cette autre, il y a quelque oorps? L*as8urerai-je ou le nierai-je?
Yoos ne Tassurerei, dites-vous, ni ne le nieres ; vous ne vous servirez ni de l'un ni de Tautre, maia fous tiendrez Fun et Tautre pour faux, et n'attendrez rien que de chancelant, de douteux et d'in* certain des choses qui 8Q4t ^insi chancelantes el incertaines.
Puisqu'il ne md reste plus rien k vous demander, je m'en vais répondre i toutes vos questions l'une après l'autre, sitAt que j'aur^ tait ici une brève récapitulation de toute votre doctrine. I. Nous pouvons douter de toutes choses, et principalement des choses matérielles , pendant qne nons n'auron» point d'autres fondements dans ks sciences que ceux que nous avoua eus jusqu'à présent, n. Tenir quelque chose peur lausqe, c'est refuser son approbation & cette chose, comme si elle étoit manifestement lausse, ou même feindre que Vw a d'elle la même opinioQ que d'une chose fausse el Imaginaire, m. Ce qui est douteux doit tellement être tenn pour faux qiie son o^MMésoît aossi douteux et tenu pour iianx*
REMAUQUBS DE DESCARTES.
J'aurois honte de paroltre trc^ diligent si j'empldyols beaucoup de paroles a faire des annota-
tions sur toutes les choses que je ne reoonnois point pour miennes, bien qu'elles soient ici toutes conçues presque 2ians me& propres termes. C'est pourquoi ie prie seulement le lecteur de se ressouvenir ae ce que j*ai écrit dans ma première Méditation et au commencement de la seconde et de la troisième, et aussi de ce que j'ai dit dans leur abrégé ; car ils reconnoîtront que là plupart des choses qui sont ici rapportées en ont a la vérité été tirées, mais Qu'elles sont ici proposées dans un tel désordre, et tellement corrompues et mal interprétées, que, bien que dans les lieux oà elles sont placées elles ne contiennent rien que de fort raisonnable, ici néanmoins elles parolssent pouf la plupart fort absurdes.
(c^ « Pour de bonnes et solides ralsoAs. • J'ai dit, sur la fin de la première Méditation, que des raisons iris fortes et màremenê considirieê nous pouvoient obliger de douter de toutes les choses que nous n'avions jamais encore assez clairement conçues, pource qu'en cet endroit-là je traltois seulement de ce doute général et universel que j*ai souvent moi-même appelé hyperbolique et métaphysique, et duquel j'ai dit qu'il ne falloit point se servir pour les choses qui regardent la conduite de la vie ; et partant, qu'à son égard tout ce qui pouvoit faire naître le moindre soupçon d'incertitude devoit être pris pour une assez vidable raison de douter. Mais ici cet homme officieux et sincère apporte pour exemple des choses dont j'ai dit que l'on pouvoit douter pour de bonnes et solides raisons, savoir, s'il y a une terre, si j'ai un corps, et choses semblables, afin que les lecteurs qui n'auront point de connoissfince de ce doute métaphysique, le rapportant à l'usage et à la conduite de la vie, me tieuQent pour un homipe qui a perdu le sens.
(d) «Rien, dites-vous, rien du tout, etc.» J'ai assez expliqué , en 41verd endroits, en quel sens cela se doit entendre, C'est à savoir que, tandis que nous sommes attenti& à quelque vérité que nous concevons fort clairement, nous n'en pouvons alors en auoune façon douter ; mais lorsque nous n'y sommes pas ainsi attentiâ, et que noua ne songeons point aux raisons qui la prouvent, comme il arrive souvent pour lors, encore que nous nous ressouvenions d'en avoir ainsi clairement conçu plusieurs, il n'y en a toutefois aucune de laquelle nous ne puissions douter avec raison, si nous ignorons que toutes les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies. Mais ici cet honune fort exact interprète tellement ce mot-là, rien, que, de ee que j'ai dit une fois dans ma première Médiution, où je supposois n'apercevoir aucune chose clairement et distinctement, qu'il n'y avoit
SEPTIÈMES OBJECTIONS
rien dont 0 ne me ffit permis de dooter, il oonclui que je ne puis aussi connoître rien de certain dans les suivantes; comme si les raisons que nous avons quelquefois de douter d'une diose n'étoient pas valables ni légitimes si elles ne prouvoient aussi que nous en devons toujours douter.
(e) « Croire, dire et assurer Topposé de la chose dont on doute. » l/orsque j*ai dit qu'il lalloit pour quelque temps tenir les choses douteuses pour fousses, ou bien les rejeter comme telles, j*ai donné si clairement à connoître que j'entendois seulement que, pour faire une exacte recherche des vérités tout-à-fait certaines, il ne falloit faire non plus de compte des choses douteuses que de celles qui étoient absolument fausses, qu'il me semble que tout homme iie bon sens ne pouvoit autrement interpréter mes paroles, et qu'il ne pouvoit 8*en rencontrer aucun qui pût feindre que j'aie voulu grqire l'opposé de ce qui est douteux, principalement coQime il est dit un peu après, • le croire de telle sorte que je me persuade qu'il ne peut être auU'eipeQt , et ainsi qu'il est très certain ,*• à moins qu'il n'eût point de honte de passer pour un cavillateur, ou pour une personne qui dit les dioses autrement qu'elles ne sont; et bien que notre auteur n'assure pas ce dernier, mais qu'il le propose seulement comme douteux, je m'étonne toutefois qu'une personne comme lui ait semblé imiter en cela ces infâmes détracteurs , qui se comportent souvent de la même manière qu'il a fait dans le rapport des choses qu'ils veulent que l'on croie des autres, ajoutant même que pour eux Us ne le croient pas, afin de pouvoir médire plus impunément.
(v) • Mais il en va bien autrement des choses qui sont tout-è-fait certaines; car elles sont telles qu'à ceux même qui dorment ou qui sont fous elles ne peuvent paroître douteuses. » Je ne sais par quelle analyse cet homme subtil a pu déduire cela de mes écrits; car je ne me ressou- Tiens point d'avoir jamais rien dît de tel, ni même rêvé en dormant. 11 est bien vrai qu'il en eût pu conclure que tout ce qui est clairement et distinct tement conçu par quelqu'un est vrai , encore que celui-là cependant puisse douter s'il dort ou s'il veille, ou même aussi, si l'on veut encore, qu'il dorme on qu'il ne soit pas en son bon sens ; pource que rien ne peut être clairement et distinctement conçu par qui que ce soit qu'il ne soit tel qu'il le conçoit, c*est-à-dire qu'il ne soit vrai. Mais pource qu'il n'appartient qu'aux personnes sages de distinguer entre ce qui est clairement conçu et ce qui semble et paroit seulement l'être, je ne m'étonne pas que ce bon homme prenne ici l'un pour Vautre.
(e) « Et c'est propremmt œ qn'on appdkâ» ter, aller et revenir sur ses pas , etc. • J'ai 4 qull ne falloit fiiire non plus de cas des dm douteuses que de celles qui étoient absûlttus fausses, afin d'en détacher tout-à-fait iMMuepasée, et nonpas afin d'affirmer tantêt une dusi tantêt son contraire. Mais notre auteur n'a lia édiapper aucune occasion de pointiUer ; et cep» dant c'est une diose digne de remarque quae lieu'là même où il dit vouloir faire une récafèlation de ma doctrine, U ne m'attribue riaji choses qu'il avoit rq>ris ou qu'il reprend (isk suite , et dont il se moque. Ce que je dis tki^ chacun sadie que ce n'étoit que par jeuetiu pas tout de bon qu'il me les avoit attribuéei
LEP. BOURBIN,
RipoHSB I. Si dans la recherdie que oonfisons de la vérité, cette règle, à savoir que •» ce qui a la moindre apparence de doute doitài tenu ponr faux, » s'entend ainsi : lorsque on recherchons ce qui est certain nous ne àmm aucune façon nous appuyer sur ce qui n'esiii certain , ou sur ce qui a quelque appareoaè doute , je dis qu'elle est bonne, qu'elle esta usage , et communément reçue de tons les piÉ sophes.
RÉPONSE n. SI cette règle dont nous puis s'entend ainsi : lorsque nous recherchons œ^ est certain , nous devons tellement rejeter toos les dioses qui ne sont pas certaines , ou qui i(d en quelque façon douteuses, que nous ne m en servions point du tout, ou même nousii devons non plus les considérer que si elles û toient point, ou plutêt nous ne devons poioiii considérer, mais nous ea devons détooroer» tièrement notre pensée; je dis aussiqa'e(l«4 légitime , assurée et familière même aux moiniirs apprentis, et qu'elle a tant de rapport et d*ai^ avec la précédente qu'à peine la peut- on di^ guer de l'autre.
RipoMSB m. Que si cette règle s'enteodaioâ: lorsque nous recherchons ce qui est certain, li^ devons tellement rejeter toutes les choses qaî ^ douteuses que nous supposions qu'elles ne ^ point en effet , ou que leur opposé existe TénB* blement , et que nous nous servions de cette ^ position comme d'un fondement assuré, c'e^**' dire que nous nous servions de ces choses qoi^ sont point, et que nous nous appuyions st^^ inexistence ; je dis qu'elle n'est pas légitiiu<^« ^ fausse et contraire à la vraie philosophie, P^ qu'elle suppose quelque chose de douteuietiii^ certain , pour rechercher ce qui est vrai ^^' tain , ou pource qu'elle suppose coiaaD»^