‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 71 sur 306 · KS · texte numérisé non relu

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«leiiipie : « Yous oonnoinez qu'il n*y a point de montagne sang yallée ; yoqs avez donc ane notion claire et distincte d*une montagne fans vallée. « Ge qu'il interprète ainsi : « La notion que vous avez eet claire» parce que vous la connoisseï cer^ tainement; elle est distincte, parce .que vous ne connolflsez rien autre chose ; et partant cette notion claire et distincte d*une substance qui pense, que vous formez, consiste en ce qu*elle voos repré> sente qu'une substance qui pense existe, sans peu* ser au corps, à Time, à l'esprit, ou à autre chosey mais seulement qu'elle existe. •» Enfin, reprenant de nouvelles forces, il s'imagine voir là un grand appareil de guerre, et de vieux soldats rangés en bataille, qu'il renverse tous avec le souffle de sa parole, sans qu'il en reste pas un. Au premier souffle il pousse ces mots : « Du conndtre à l'être la conséquence n'est pas bonne ; • et en même temps 11 porte en iorme de drapeau une table, où il a mis à sa fantaisie la division de la substance qui pense. Au second il pousse oeux-cl s « Détermiaérnenti indéterminément; distinctement, oon* fosément ; ^pllcitement, implicitement. » Et au troisième ceux-ci : « Ge qui conclut trop ne cou-* dut rien. » Et voici comme 11 s'explique : « Je eonnoie que j'existe, moi qui suis une substance qui pense, et néanmoins je ne conùois pas en«« oore qu'un esprit existe; par conséquent la con<* noissance de mon existence ne dépend pas de la connoissance d'un esprit existant. Partant, puisque j'existe et qu'un esprit n'existe point, je ne suis point un esprit, donc je suis un corps. «» A ces paroles, cette pauvre ombre ne dit mot, elle lâche le pied, elle perd courage, et se laisse mener par lui en triomphe comme une pauvre captive. Où je poorrois faire remarquer plusieurs choses dignes d'une immortelle risée. Mais j'aime mieux épargner notre acteur et pardonner à sa robe ; et même je ne pense pas qu'il me fût bien séant de rire plus longtemps de choses si légères. C'est pourquoi je ne remarquerai ici que les choses qui, quoique fort éloignées de la vérité, pourroient peut-être néanmoins être crues par quelques-uns comme venant de moi, ou du moins comme des choses que j'aurois accordées, si je m'en taiiois tout-à-fait.

Et premièremeat je nie qu'il ait eu lieu de me rep&KikdT que j'aie dit que j'avois une claire et distincte conception de moi-même avant que d'avoir snfBsamment expliqué de quelle façon on la peut avoir, ou, comme il dit, « ne venant que de demander qui j'étois. » Car entre ces deux dioses^ c'est-à-dire entre cette demande et la réponse, j'ai rapporté toutes les propriétés qui appartiennent à une diose qui pense, par exemple, qu'elle entend, qu'elle veut, qu'elle Imaginet qu'dle su

ressouvient, qu'elle sent, etc., et même celles qui ne lui appartiennent point, pour distinguer les unes d'avec les autres, qui étolt tout cé que Ton pouvoit souhaiter après avoir été les préjugés» Mais j'avoue bien que ceux qui ne se défont point de leurs préjugés ne sauroleat que très dlffldle^ ment avoir jamais la conception claire et distincte d'aucune chose ; car 11 est mapifeste que toutes leé notions que nous avons eues de ces choses en no^ tre enfance n'ont point été claires et distinctes, el partant toutes celles que nous acquérons par après sont par elles rendues confuses et obscures, si l'on ne les rejette une bonne fois< Quand donc 11 de* mande qu'on lui fesse voir cette notion dalre el distincte pour être récréé de sa vue, il se joue. Comme aussi lorsqu'il m'introdun comme la lu! montrant en ces termes : « Je sais certainement que je suis, que je pense, que je suis une snb« stance qui pense, etc. • Et lorsqu'il veilt réfuter ces jeux de son esprit par cet exemple : « Vous sa^ ves auisl certainement qu'il n'y a point de mon* tagne sans vallée, donc vous avez un concept clalf el diftiad d'une montagne sans vallée, • il se trompe lui-même par un sophisme; car de son aniéoédent il doit seulement conclure : donc vous concevez clairement et distinctement qu'il n'y a point de montagne sans vallée; et non pas : done vous avez la notion d^ine montagne sans vallée? car, puisqu'il n'y eo a point, on n'en doit point avoir la notion pour bien concevoir qu'il n*y a point de montagne sans vallée. Maia quoi, notre auteur a si bon esprit qu'il ne sauroit réftiter les inepties qu'il a luUmême oontrouvées que par d'autres nouvelles 1

Et lorsqu'il ajoute après cela qne je conçois la substance qui pense, sans rien conoevoir de corporel ni de spirituel, etc., je lui accorde pour la corporel, parce que j'avois auparavant expliqué ce que j'entendols par le nom de corps ou de chose corporelle, c'est à savoir cela seul qdl a de l'éteU'due, ou qui dans sa notion enierme de l'étendue; mais ce qu'il ajoute du spirituel, il le feint là un peu grossièrement, comme aussi en plusieurs au-* très lieux, où U me fait dire, « je suis une chose qui pense, n Or est-il que je ne suis point un corps, ni une fime, ni un esprit, etc.; car je ne puis dé* nier à la substance qui pense que les choses que je sais ne contenir dans leur notion aucune peoaie ; ce que je n'ai jamais cru ni pensé de l'âme de l'homme on de l'esprit Et quand après cela U dit qu'il comprend à présent fort bien ma pensée, qui est que je pense que le concept que j'ai est dalr, parce que je le oonneia certainement, et qu'il est distinct, parce que je ne connois rien autre choae, U feil voir qu'il n'est pas fort Intdligeat; ou €*eit auttt dtfandncenoivolr eUreMnt, et

SEPTIEMES OBJECTIONS

aatre diCMe de savoir oertainement, tu que doqs pouvons savoir certainemeot plusieurs choses, soit pour nous avoir été révélées de Dieu, soit pour les avoir autrefois clairement conçues, lesquelles néanmoins nous ne concevons pas alors dairement; et de plus la connoissance que nous pouvons avoir de plusieurs autres choses n*emp6che point que celle que nous avons d'une chose ne fiolt distincte, et je n*ai jamais écrit la moindre parole d'où Ton pût conclure des choses si frivoles.

De plus, la maxime qu'il apporte : « Du conno!tre à l'être la conséquence n'est pas bonne, «> est entièrement fausse. Car, quoiqu'il soit vrai que pour connoître l'essence d'une chose il ne s'ensuive pas que cette chose existe, et que pour penser connoître une chose il ne s'ensuive pas qu'elle soit, s'il est possible que nous soyons en cda trompés, il est vrai néanmoins que « du connoître à l'être la conséquence est bonne, » parce qu'il est impossible que nous connoissions une chose si elle n'est en effet comme nous la connoissons, i savoir existante si nous concevons qu'elle existe, ou bien de telle ou telle nature, s'il n'y a que sa nature seule qui nous soit connue.

n est faux aussi, ou du moins il n'a pas été prouvé qu'il y ait quelque substance qui pense qui soit divisible en plusieurs parties, comme il met dans cette table où il propose les diverses espèces de la substance qui pense, de même que s'il avoit été enseigné par un oracle. Car nous ne pouvons concevoir d'étendue en longueur, largeur et profondeur, ni aucune divisibilité de parties en la substance qui pense ; et c'est une chose absurde d'affirmer une chose pour vraie qui n'a été ni révélée de Dieu, ni qui ne peut être comprise par l'entendement humain ; et je ne puis ici m'empêcher de dire que cette opinion de ia divisibilité de la substance qui pense me semble très dangereuse et fort contraire à la religion chrétienne, à cause que tandis qu'une personne sera dans cette opinion jamais il ne pourra reconnoître, par la force de la raison, la distinction réelle qui est entre Time et le corps.

Ces mots-li, « déterminément , indéterminément ; distinctemeot, confusément ; explicitement, implicitement, » étant tout seuls comme ils sont ici, n'ont aucun sens, et ne sont autre chose que des subtilités par lesquelles notre auteur semble vouloir persuader à ses disciples que lorsqu'il n'a rien à leur dire il ne laisse pas de penser quelque chose de bon.

Cette autre maxime qu'il apporte : « Ce qui condut trop ne condut rien, n ne doit pas non plus être omise sans distinction ; car si par le mot de intp il entend seulement qudque chose de plus que l'on ne donandoit, comme lorsqu'on peu plut

bas il reprend les arguments dont je ne sû&i pour démontrer l'existence de Diea, à caue.^ il, qu'il croit que par ces arguments o&om quelque chose de plus que n'exigent ks loisa, prudence, ou que jamais personne n^adcBai die est entièrement fausse et frivole; carpbi en conclut de choses, pourvu que ce ({leit conclut soit bien conclu, et meilleure dk eci jamais les lois de la prudence n'ont étéooe^ à cela. Que si par le mot de trop il enteod,aa simplement quelque chose de plus que \m^ mandoit, mais quelque chose de îaxï\,mm maxime est vraie. Mais le R. P. me ^m si je dis qu'il se trompe quand il m'atûk^ que chose de semblable; car quand j'ai niaî de la sorte : «la connoissance des cbonii l'existence m'est connue ne dépend poiotàei des choses dont l'existence De m'est pas eDooii nue; or est-il que je sais qu'une chose qap existe, et que je ne sais pas encore si aoeoia existe ; donc la connoissance d'une chosequifi ne dépend point de la connoissance du ooqi: n'ai rien par là conclu de trop, ni rien qui i été bien conclu. Mais lorsquUl dit : « Je sais^ chose qui pense existe, et je ne sais pasesa aucun esprit existe, voire même Un'; eut p qui existe, il n'y a rien, tout est rejeté, •! une chose entièrement fausse et frivole ; car ji puis rien affirmer ou nier de l'esprit sije« auparavant ce que l'on doit entendre parbi d'esprit ; et je ne puis concevoir pas une d» ses que l'on a coutume d'entendre parœw ia pensée ne soit enfermée, si bien qu'il réjii qu'on puisse savoir qu'une chose qui pensées sans savoir en même temps qu'un esprit,» chose qu'on entend par le nom d'esprit, esi Et ce qu'il ajoute un peu après :«* Voire mêfl n'y a point d'esprit qui existe ; il n'y ariai est rejeté, » est si absurde qu'il ne mérite {i réponse; car, quand après cette abdicatiûoi reconnu l'existence d'une chose qui peose,i en même temps reconnu l'existence d'on^ (au moins en tant que par le nom d*espritia< tend une chose qui pense), et partant l'eii^ d'un esprit n'a pu alors être rejetée.

Enfin, quand ayant a se servir d'un arfO' en forme il l'exalte comme la véritable ^ de conduire sa raison, laquelle il opp<^ mienne, il semble vouloir insinuer que J^^jT prouve pas les formes des syllogismes, et ^ que je me sers d'une méthode ibrt M^* la raison; mais mes écrits me justifient dessus, où toutes les fois qu'il a été n'ai pas manqué de m'en servir.

Il propose ici An syllogisme composé de isn^ prémisses qu'il dit être de moi ; maii qn>D^'*'

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