‹ Œuvres philosophiques de Leibniz (volume 2)Chapitre 12 sur 101 · XVI OEUVRES DE LEIBNIZ · texte numérisé non relu

XVI OEUVRES DE LEIBNIZ

tance, action et force; et toutes ces notions portent que ce qui pátit doit agir réciproquement, et que tout ce qui agi doit pátir quelques réactions (1). »

2° L'étendue ne peut servir à rendre raison des changements qui arrivent dans les corps, car l'étendue et ses diverses modifications constituent ce que l'on appelle, dans l'école, des dénominations extrinsèques, d’où il ne peut rien résulter pour l'étre lui-méme ; qu'un corps en effet soit rond ou carré, il n'importe à son état intérieur, il ne peut résulter de là pour lui aucun changement particulier (2). Aussi, toute philosophie exclusivement méeanique est-elle réduite à nier le changement, et à dire que tout est immuable, et qu'il n'y a que des modifications de situation, des déplacements dans l'espace ou des mouvements. Mais qui ne voit que le mouvement lui-méme est un changement, et doit avoir sa raison dans l'être qui se meut ou qui est mà? car méme le mouvement passif doit correspondre à quelque chose dans l'essence du corps mà. D'ailleurs, si les éléments corporels sont distincts, les uns des autres par la figure, pourquoi ont-ils telle figure plutót que telle autre? Epicure nous parle d'atomes ronds ou crochus. Mais pourquoi tel atome est-il rond et tel autre crochu ? Cela ne doit-il pas avoir sa raison dans la substance méme de l'atome ? et ainsi la figure, la situation, le mouvement et toutes les modilications extrinséques des corps doivent émaner d'un principe intérieur analogue à celui qu'Aristote appelle nature ou en- Léléchie (3).

3» En troisiéme lieu, l'étendue ne peut étre substance; au

(1j Lettre si l'essence du corps consiste dans l'étendue, 1691 (Erdmann, t. XXVII, p. 112).

3: « L'étendue est un attribut qui ne saurait constituer un étre accompli ; on n'en saurait tirer aucune action ni changement ; elle exprime seulement un état présent, mais nullement le passé ou le futur, comme doit faire la notion d'une substance. » — Lettre à Arnauld (Voir notre édition de Leibniz, p. 639).

(3) Confessio nalura conira Arlheisla, 1668. Erdm., p. 45. Leibniz, dans ce petit traité, démontre : 1o que les corps et méme les atomes n'ont pas en euxmémes la raison de leur figure ; 2» qu'ils n'ont pas la raison de leur mouvement ; 3* qu'ils n'ont pas la raison de leur cohérence.

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